‹ La princesse des UrsinsChapitre 71 sur 278 · DU MARÉCHAL DE TESSÉ · texte numérisé non relu

DU MARÉCHAL DE TESSÉ

a des UrsHis ^ » Sur le même rang que Montellano, pour le caractère faux et dangereux, il plaçait le duc de Montalto, qui était son pendant, en même temps que son coopérateur intime conjme président du conseil d'Aragon. a Jamais, disait-il, avec cet homme-là, TAragon, qui «t contient la Catalogne, ne sera sans troubles, pas plus « que le roi d'Espagne ne sera bien seni par Tautre en « Castille. » Mais, ajoutait-il aussi, « ce n'est que lorsque « la princesse des Ursins sera ici qu'on fondra cette « cloche *. »

Une autre chose, dont il comprenait également l'importance, c'est qu'une entente solide, basée sur l'unité de Tues et à l'abri des susceptibilités de la jalousie, r^nàt entre ceux qui allaient concentrer en leurs mains tout le pouvoir. Le maréchal de Tessé avait voulu, dès son arrivée dans la capitale de l'Espagne, donner à connaître aux grands son intention à ce sujet, en descendant chez Orry, chez un Français, chez un homme de la bourgeoisie, comme Colbert son maître, et qu'ils avaient vu revenir du plus mauvais œil. 11 consentit, en outre, sur la demande d'Amelot , à faire de temps en temps quelque séjour à Madrid, bien que, à vrai dire, il^e fût fort bien passé de ce surcroit de dépense. « Mais, dit-il à « Chamillard, avec sa manière toujours originale, il faut « prendre patience, se domicilier, puisque Dieu le vent, <x et se meubler aux dépens des juifs ; car il y en a malgré «l'Inquisition .. J'entends bien, ajoute-t-il, que cette « démarche, de coucher chez Orry, sera bien pis que de « m'être servi d'un relais de mules dudit Orry, que je 41 trouvai par hasard entre Pampelune et Madrid, et dont c le cardinal d'Ëstrées m'a fait un crime implacable. Ce « procédé extérieur de venir descendre chez un homme

< Dép6i de lo gnerrc, Lettre de Tessé i Chamillard, 17 juillet 1705. XXIX' lettre, t. IV, uM8S6.~* Dcpdt de la guerre, LXXXVIl' lettre, i7 juillet 1705.

2ai ARRESTATION

« qui, disait-on, devait recevoir à Madrid tant de mauvais « traitements, était nécessaire, et j*ai cru ne pouvoir trop « marquer quen vain Von travaillerait ^ en France et e^i c< Espagne y à désunir M, Amelot^ Qrry et moi, qui devons « être trois têtes dans un bonnet. Mais, entendez-le bien, « je ne fourre la mienne en si bonne compagnie, qui sera ff augmentée par la présence de madame des Ursins, « qu'au prorata de ce qui peut regarder la guerre *. »

Telles étaient les idées et les intentions du maréchal de Tessé, qui était un choix de la reine d'Espagne. Nous n'avons pas besoin de démontrer qu'Amelot et surtout Orq, Tun désigné, l'autre repris par la princesse des Ursins, ne pensaient pas autrement que lui sur le degré de confiance qu'il fallait accorder aux grands, et sur le plan de gouvernement qu'on avait à suivre. Amelot, véritable premier ministre de Philippe V, les ménagea plus tard davantage, sans leur octroyer plus d'autorité; mais, au début de son ambassade ou plutôt de son ministère auprès de Philippe Y, il procéda par la sévérité, la regardant sans doute comme le plus sûr moyen de pouvoir s'adoucir ultérieurement, sans paraître faiblir.

Au commencement du mois de juin, peu de jours après son installation, il fut averti qu'une conspiration aristocratique se tramait dans Madrid, qu'on y attendait TAmirantc de Caslille avec les Portugais, l'archiduc avec les Autrichiens, et, j^ans doute aussi, la maîtresse de ce dernier, la princesse de Wolfenbùttel, débarquée, disait-on, en môme temps que lui en Catalogne. On ajoutait que le marquis de Léganez, ce capitaine général de l'artillerie espagnole, qu'avait tant ménagé Portocarrero, était le chef de ce complot. On pouvait tout croire sur son compte : il s'obstinait encore à ne vouloir pas prêter serment de fidélité'; de

* Dopôl de la guerre, LcUrc du 8 juillet 17a5, de Tcss,^ a ChamiUar.l. — • Mt'm. de SoaiUes, l. IH. p. 29*?.

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