DU MARQUIS DE LEGANEZ
plus, sommé, vers ce temps, de prendre les armes pour le nouveau roi d*Espagne, il avait refusé; il avait même osé dire, selon le marquis de Saint-Philippe, « que c'était « une terrible chose de vouloir qu'il tirai l'épéc contre u cette maison, lorsque la sienne lui était redevable de tant « de bienfaits, que et^a cosa fuerte de saear la e^pada cona tre la cam de Amtria^ à quien tantos beneficios debia la « suyaK » Mais il savait fort bien que, avec Amelot et Orry, de telles paroles et un tel refus ne resteraient pas impu-^ nis. Il se mit donc, à ce qu'il parait, à conspirer, se voyant perdu dans tous les cas, et voulant amener un bouleversement qui pût le sauver. Le marquis de Saint-Philippe ne . dit rien de cela. Mais une lettre inédite du maréchal de Tessé nous fait connaître que Ton avait dessein d'enlever ou de tuer Philippe V, que les échelles furent appliquées aux murs de son palais, sous les fenêtres de son appartement, et que ce roi crut reconnaître le marquis de Léganez parmi ceux qui disposaient tout pour Tattentat*. Or cette lettre est un témoignage très-grave ; car elle est adressée à Philippe V lui-même, et semble une réponse à des faits, communiqués par ce prince, et dont s'autorise Tessé pour l'engager à ne pas tergiverser, comme on l'avait fait pour PAmirante de Castille, mais à frapper fort' et à temps.
En conséquence, le marquis de Léganez fut arrêté au nom du roi parle prince de Sterclaês, capitaine des gardes. Tessé était son ami, ainsi qu'il le dit dans la lettre précitée : néanmoins il aurait voulu qu'on ne se contentât point de l'enfermer au château de Pampelune, sous la garde de Dupont, ofQcier français qui en était commandant, mais qu'on le fit passer par un conseil de guerre et qu'on le condamnât à mort. Assurément un gouvernement quel-
* M/m. de Sami-Philippe, 1. 1, p. 361 .— * Dépôt de la {guerre, 15 juin 1706, t. m, CCVn- lettre, n* J8S5. U maréchal de Tessé à Philippe V.