LETTRE INÉDITE DE TESSÉ
de joie et mille autres signes d'allégresse. 11 était impossible de lui témoigner plus de satisfaction et d'honneur. En quittant Burgos, même spectacle, sur tout son chemin, de gens qui auraient cru faire trop peu que de l'attendre à Madrid ou aux environs, et qui étaient accourus en foule à deux ou trois journées de la capitale.
Mais c'est à Tendroit où la princesse des Ursins devait prendre les voitures de la cour que l'aflluence fut considérable. Le maréchal de Tessé, qui s'y trouva, fut témoin de marques de considération si curieuses et si inouïes, qu'il s'empressa, dès le lendemain, de les décrire, non pas à Chamillard, mais à Louis XIV lui-même, dans une lettre qu'il lui envoya. Amelot le fit aussi, le même jour, dans une dépêche froide et succincte ; mais Tessé voulut avour, sinon l'initiative de la nouvelle, du moins celle d'un récit détaillé, qui pourrait faire plus de plaisir au roi : « Ce « n'est pas, sire, en Espagne, lui dit-il, un si petit événe- « ment que le retour de madame la princesse des Ursins à « Madrid, que je ne croie être obligé de lui trouver une « place parmi les choses dont je dois rendre compte à « Votre Majesté.:. Elle arriva lundi sur les midi, à deux <c lieues de Madrid, où elle dina. M. l'ambassadeur et moi « nous y trouvâmes, et, partis de bon matin, nous dûmes « nous apercevoir , par la quantité de carrosses qui y « étaient avant nous, que bien des gens s'étaient encore <( levés de meilleure heure. Les officiers du roi et de la « reine avaient préparé un dîner, dont on en fit plus de ce vingt. Jusque-là il n'était question du roi ni de la reine, <c quand il arriva de leur part quelque chose au delà d'un « compliment; c^ir c'était un ordre d'y attendre Leurs « Majestés, qui y arrivèrent à six heures. » Ce n'était pas l'avis d' Amelot, qui craignait qu'une telle distinction ne déplût trop aux Espagnols ; mais le roi et la reine avaient répondu que le retour de la princesse des Ursins était le