‹ La princesse des UrsinsChapitre 82 sur 278 · SUR LA RENTRÉE DE MADAME DES URSIMS A MADRID · texte numérisé non relu

SUR LA RENTRÉE DE MADAME DES URSIMS A MADRID

plus grand service qu'ils eussent reçu de Louis XIV, et que lui accorder cet honneur extraordinaire, c'était honorer, comme il le fallait, leur bienfaiteur ^ «c La reine, « poursuit le maréchal de Tessé, avait dit le matin : Tout « le monde va au-devant de la princesse des Ursins ; c'est « moi qui la verrai la dernière. — Le roi mit pied à « terre. La princesse des Ursins se jeta à ses pieds. Le a roi la releva, la salua, et, très-gracieusement, lui dit « quelque chose qui nous parut fort obligeant. Jusque-là « la reine, que tout le monde observait, ne perdit rien « de sa dignité^ et cei*tainement elle en perdit encore n moins quand la princesse des Ursins, à ses pieds, se « trouva relevée et embrassée avec des témoignages qu'on « ne peut ressentir que lorsque Ton a été absent, tou- « ché, affligé, content Tun de l'autre, et qu'on se retrouve. « 11 y eut, dans cette entrée, un mélange de joie, de « dignité et d'amitié d'un côté, çt, de l'autre, un respect tf et une sensibilité dont le total est inexprimable. »

Le maréchal de Tessé raconte ensuite à Louis XIV deux incidents d'étiquette : l'un était fait pour l'égayer; l'autre, pour lui donner une idée de plus en plus favorable de la princesse des Ursins, qui, au milieu de ces distinctions inusitées de souverain à sujet, comme parle le grave marquis de Saint Philippe *, se possédait toujours, et savait modérer elle-même cette expansion publique de la part de ses maîtres par son attention à leur dignité. Pour faire connaître ces incidents, nous reprendrons la dépêche textuelle du maréchal. Toutes ses lettres ont un cachet original, fin, piquant, qui rappelle souvent la manière de Saint-Simon, et celle-là n'est pas des moins intéressantes sous ce rapport. « Le roi, la reine et madame des Ursins, « continue-t-il, entrèrent dans un cabinet, où ils restèrent

' Dépêche d'Amelot aa roi de France, 5 août 1705, Mém. de NoailUs, t. III, p. 297. — • Jf<fm. de Saint-Philippe, l. I, p. 3C!.

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