‹ La princesse des UrsinsChapitre 83 sur 278 · RENTRÉE DE MADAME DES URSINS A MADRID · texte numérisé non relu

RENTRÉE DE MADAME DES URSINS A MADRID

« seuls un quart d'heure. Toutes les dames de la reine « arrivèrent. Mais un fait d'étiquette, que je demande par- « don à Votre Majesté de lui conter, qui nous pensa faire a mourir de rire, et qui n'est peut-être pas indigne de la <( curiosité de madame la duchesse de Bourgogne, c'est « qu'une sœur du duc d'Ossone, que le connétable de Cas- K tille doit épouser, étant par l'étiquette obligée de pleurer « tout le jour, parce que la dispense de son mariage était « arrivée, et que Charles-Quint ou Philippe II a établi, « comme une loi indispensable, que le jour qu'une fille « du palais est accordée, elle est en obligation de pleurer, « cette fille donc voulait pleurer, parce que l'étiquette lé « comporte, et pourtant elle voulait paraître bien aise du « retour de madame des Ursins. Il y avait dans le visage « de cette fille un comique de joie et de tristesse dont je « demande encore une fois pardon à Votre Majesté de a Tentretenir. L'autre circonstance, sire, dont je dois « encore vous rendre compte, c'est qu'en montant en « carrosse le roi et la reine voulurent obhger madame « des Ureins d'y monter avec eux. Elle s'en excusa sur ce « que cet honneur, quand le roi et la reine sont ensemble, « n'est point en usage en Espagne. Cela se passa très- « obligeamment et avec empressement de la part de Leurs <( Majestés. Mais madame la princesse des Ursins se tint « ferme à dire qu'elle les suppliait de ne pas trouver « mauvais si, une fois dans la vie, elle était obligée de « leur désobéir, et monta seule dans le carrosse destiné « pour la camerera.mayor. La joie du peuple et des hon- « nétes gens parait naturelle et sincère ; celle des gens <x faux ne vaut pas la peine d'être observée ^ »

* Dépôt de la guerre, n« 1886, 1705, 5 août, t. IV, le maréchal de Tessé au roi.

HONTELLANO REHPLACI^. PAB RONQUILLO. 2S3

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