‹ La princesse des UrsinsChapitre 93 sur 278 · CONDUITE DE PORTOCARRERO · texte numérisé non relu

CONDUITE DE PORTOCARRERO

traitre, en disant avec une indignation patriotique : « Él«c< gnons parmi les hommes le souvenir d'un homme aussi « méprisable et aussi viP. n Le comte d'Elda et le marquis de Noguéra, son frère, se rendirent coupaI)le$ de la même trahison, à Valence; et les religieux, non les jésuites, qui étaient généralement fidèles, mais les cordetiers, les capucins, formant un même bataillon, allèrent au-devant des troupes de Tarchiduc : honteux spectade, à la vue duquel, dit le marquis de Saint-Philippe, «le général anglais, Pélerborough, un vieil hérétique, s'écria avec un ricanement moqueur : « Nous ne sommes pas ce très-mal ici, puisque TËglise militante vient nous re-

« ce voir *. »

Mais ce qui couronna toute cette honteuse série d'infidélités, ce fut la conduite d*un homme, d'un prélat, que le duc de Saint-Simon se plaît, contre toute vérité, à représenter comme toujours dévoué aux Français; je veux parier du cardinal Portocarrero. N'écoutant qu'un ressentiment longtemps contenu, il embrassa ouvertement la cause de l'archiduc, et facilita ainsi la prise de Tolède. « Il y a plus: c< le jour où cette ville prêta serment et rendit hommage c< à ce prince, il n'oublia rien pour manifester sa joie; il c( illumina son palais, chanta le Te Deum dans sa calhé- « drale, célébra celte fête de la manière la plus solennelle, c( et donna un banquet superbe à tous les ofliciers, où Ton « but à la santé du roi d'Espagne Charles III. Il bénit c( aussi publiquement l'étendard de l'archiduc avec les « cérémonies ordinaires, et il exécuta cela avec tant de « zèle et d'empressement, que les ennemis mêmes en « étaient surpris '... » Par suite de ce changement, il se mit en rapport avec les personnes qu'il croyait dans te mêmes sentiments que lui, et particulièrement avec le

* Mén. de Saini-PMltppe, p. 51, 52.— « /Wrf., p. 75, 74 — s /Wrf., l- U' p. 65, 66.

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