BEAU TRAIT DE DON J. H. DE GUZMAN
duc de Médina-Cœli, qu'il savait peu zélé pour le roi, depuis TafTaire du tabouret de Sterclaês ^ et dont le voyage à Burgos venait d'offrir une lenteur si suspecte- On vit donc le même prélat, qui avait dit tant de mal des Allemands et des Autrichiens*, et pris tant de peine pour assurer le sceptre à un prince de la maison de Bourbon, se réconcilier avec la reine douairière, qu'il avait luimême reléguée à Tolède. Ce furent même ses insinuations qui décidèrent cette princesse, au mépris de ses engagements, à embrasser le parti de Tarchiduc, son neveu, et, cela, avec une telle publicité de démonstrations, que Philippe V dut aussitôt Tenvoyer à Bayonne, sous les yeux plus vigilants et plus sûrs des autorités françaises '.
Cette conduite de Portocarrero était loin de ressembler à celle de don Juan-Henriquez de Guzman, comte d'AIva de Liste. Connme d'autres seigneurs espagnols, et sous la garantie commune de la foi jurée, il était attaché au service de cette princesse, en qualité de grand-maitre de sa maison. Mais aux premiers indices de sa trahison, il offrit au roi de se démettre de son emploi. Il alla même, par une interprétation trop scrupuleuse peut-être de ses engagements, jusqu'à l'informer de tout ce qu'elle faisait, et ne garda sa charge que sur son ordre *.
De tels traits furent rares : c'est du peuple surtout que Philippe V reçut les plus vives marques de sympathie. A Madrid, les habitants ne purent repousser les étrangers loin de leurs murs; mais ils ne cédèrent qu'à la force, et ils les accueillirent avec des signes manifestes de réprobation. A défaut d'armes pour les combattre, leur hostilité prit tous les moyens que la faiblesse peut suggérer à un patriotisme ardent, c'étaient d'homicides stylets, rapidement lancés, dans l'ombre de la nuit, aux portes de
« Mém. de Saint-Philippe, p. 46, 66.- « Ibii., p. C7, 68. - ^ ibid., l. U. p. 69.- * ma,