‹ La princesse des UrsinsChapitre 95 sur 278 · LE PEUPLE ET LES PAYSANS · texte numérisé non relu

LE PEUPLE ET LES PAYSANS

la ville, et qui étendaient sans vie sur le pavé les soldais ennemis; c'étaient des bruits trompeurs, adroitement accrédités dans le public, tantôt sur la mort de rarchiduc. tantôt sur la soumission prétendue des provinces par la prise de la capitale, et qui, jetant dans l'incertitude ou dans une fausse sécurité l'esprit des généraux, les ^et^ naient à Madrid, et procuraient à Philippe V le temps de rassembler une armée; c était, d'autres fois, un monde corrompu de courtisanes, qui, de dessein prémédité, se répandaient dans leur camp sur les bords du Mançanarès, et qui, d'autant plus parées pour séduire qu'elles apportaient sur elles de plus mortels venins, leur communiquaient dans les lentes, à Tenvi les unes des autres, les maux les plus hideux et les plus dévorants : elles remplissaient d'ennemis les hôpitaux de Madrid, elles causaient à la longue la mort de plus de six mille d'entre eux, et venaient ensuite se promener, devant la population de la capitale, heureuses et fîères d'avoir, elles aussi, par les pièges concertés du libertinage, payé à leur manière leur tribut de fidélité *.

Dans les campagnes, même dévouement à la cause de Philippe V, mais, sous une autre forme, par des violences, par des soulèvements contre les seigneurs inlidèles ou suspects. Bien différentes des villes, les campagnes, sans être soumises à un véritable servage, avaient pourtant des seigneurs, dont la conduite coupable augmentait ça et là, chez les paysans, la lassitude de la sujétion. C'est le chevalier du Bourk qui, dans ses lettres inédites, nous fait connaître ce détail, et qui soulève le voile peutêtre sur un côté tout'parliculier des craintes et des mobiles des grands sous un roi français. Toujours esl-il que, dans les campagnes, il y cul çà et là des menaces terri

« Mém. de Saint-Phaippe, p. 48, 49.

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