CHAPITRE XXII
LA PBDfCESSB DES UBSIIIS EH 1706, ET TOBCT, BOIHYILUERS, CBAMILLARD.
— SA D£rBV6B iLOQUEKTE ET BABiLE.
Eiposons ici un sujet d'inquiétude qu'avait alors madame des Ursins, et qui lui venait de France, comme si ceux que lui donnaient la triste situation des affaires ou les ressentiments des Espagnols n'étaient pas suffisants : Torcy, son vieil ami Torcy, ne la traitait plus avec la même amitié. Auparavant, quand il lui adressait quelques lettres pour la reine, il les accompagnait toujours d une des siennes, tantôt sérieuse, tantôt badine, toujours obligeante : telles sont les expressions de la princesse des Ursins dans une des lettres inédites du Recueil de M. Gef- Troy. Actuellement, s'il lui donnait un signe de vie, il ne le faisait que par la plume de son secrétaire, et il ne lui parlait que de quelques nouvelles qu'elle voyait, disaitelle, le même jour dans la Gazette. Quelle pouvait être la cause de ce changement? La voici : c'était sur lui-même aussi que madame des Ursins avait remporté la victoire à Versailles, et de la manière la plus complète comme la plus humiliante. Madame des Ursins, jusque-là, avait paru être sa subordonnée, ou du moins elle l'avait élevé jusqu'à son propre niveau, et avait permis au principal ministre de Louis XIY de la traiter d'égal à égal. Nais à Versailles, à Marly, elle avait pris un rang supérieur : ce n'est pas elle qui était allée dans le cabinet de Torcy lui