‹ La princesse Georges; pièce en trois actesChapitre 5 sur 58 · AU PUBLIC. IX · texte numérisé non relu

AU PUBLIC. IX

toire et d'un grand coup d'État?) tu t'étais mis en tète qu'il fallait tuer l'homme, le scélérat, le misérable qui avait trompé sa femme, — ce que tu ne fais, jamais toi, n'est-ce pas? Malheureusement, moi qui connais tes lendemains et qui dois les prévoir parce qu'ils contiennent la vérité, née de la réflexion et de la remise en train de la vie vraie, je ne dois jamais me laisser entraîner au delà des limites de cette vérité, puisque je ne suis pas une foule, et je ne pouvais ni admettre ni permettre que ce que tu voulais fût.

Me vois-tu, moi qu'on appelle l'auteur à thèses, me vois-tu érigeant en principe (car on n'y eût pas manqué) que les femmes trompées doivent faire assassiner leurs maris coupables — coupables de quoi? D'une erreur stupide où les sens seuls sont engagés et qui n'est que la prédominance momentanée de la Bête ! Cette honnête femme, que je voulais si pure, si noble, si intacte, m'aurais-tu, la réflexion venue, pardonné d'en avoir fait une criminelle exploitant et armant, avec préméditation, la jalousie d'un mari trompé, pour se venger de son mari à elle, après quoi elle n'eût plus eu d'autre ressource que d'aller avec sa victime se perdre dans la mort, ce qui aurait prouvé qu'elle était incapable de vivre sans celui qu'elle avait tué ?

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