‹ La princesse Georges; pièce en trois actesChapitre 6 sur 58 · X AU PUBLIC · texte numérisé non relu

X AU PUBLIC

Alors pourquoi tuer, pourquoi mourir? Bon pour l'Hermione grecque qui a à lutter contre plus valable qu'elle, et qui sait bien qu'elle n'aura plus de reprise sur celui qui aura épousé la fière et noble Andromaque. Bon pour la Roxane turque, femme du sérail, fille de l'Orient, qui sait bien qu'une fois dans les bras de la douce et généreuse Atalide, Bajazet ne pensera plus jamais à elle. Bon pour Phèdre, la marâtre hystérique, la possédée de Vénus, qui se sent un monstre auprès de la tendre Aricie qui garantira éternellement Hippolyte, si elle permet à Hippolyte de s'unir à elle. Mais non, mille fois non, pour une femme chrétienne qui est à la fois Andromaque, Atalide et Aricie, et qui n'a à combattre qu'une drôlesse qui doit être vaincue et démasquée, en fin de compte. Séverine est une valeur, une valeur exceptionnelle, de nos jours. Je ne veux pas qu'elle meure; je veux qu'elle vive, qu'elle soit heureuse comme elle le mérite, qu'elle serve d'exemple comme elle le doit. Je veux qu'elle produise. J'ai besoin des enfants de cette mère , j'en ai besoin pour ma patrie, pour mon salut. Tuer et mourir! A quoi bon. 11 n'y a jamais eu si grande nécessité de vivre. Une femme comme Séverine, la jalousie peut la pousser jusqu'au mouvement spontané du second acte, mais pas au delà. A partir du moment

Page 1