ACTE TROISIÈME
LE PU IN CE
D'affaires d'inlércM, sans doute. M« Galanson m'a laissé entrevoir celle convorsalion. J'ai pris chez lui une grosse somme.
SÉVERINE
Vous avez bien fait, et je no vous en demande aucun compte. J'ai quatre millions, vous on prenez deux, rien de plus juste. D'ailleurs, si nous ne devons plus vivre ensemble, il est nécessaire qu'un partage égal se fasse. Tant mieux s'il est déjà fait.
LE PRIXCE.
Si nous ne devons plus vivre ensemble?
SÉVERINE
N'essayez plus de me tromper. Pour gagner quelques heures, cela n'en vaut pas la peine. Vous m'avez trompée tantôt, c'est bien assez. Vous devez partir demain avec madame de Terremonde.
LE PRINCE
Qui vous a dit cela?
SÉVERINE
Ce papier. (EUe lui donne sa lettre.)
LE PRINCE
Quel est l'infâme?
Pas de colère inutile. Il y a deux personnes en cause, vous et moi. Le reste du monde n'existe pas. Je sais que vous m'avez menti tantôt et que vous devez partir demain pour toujours. Ne nous occupons que de cela, tout ce qui n'est pas cela ne signifie rien. Pourquoi ne m'avez-vous pas tout dit, ce matin?
LE PRINCE
Parce qu'il y a des choses qu'on ne dit pas a une femme qu'on respecte. Et puis, ce secret n'était pas à moi seul.
SÉVERINE
Mais maintenant vous pouvez tout dire.
Il LA PRINCESSE GEORGES.
LE PRINCE
A quoi bon! Vous savez tout.
SÉVERINE
Ainsi, vous alliez parlir avec celte femme?
LE PRINCE
Je vous écrivais tout ce que vous me demandez là, quand vous m'avez fait appeler. Je voulais vous laisser en partant cette preuve d'estime. Vous auriez pu montrer ma lettre si jamais...
SÉVERINE, entre ses dents.
Le malheureux!... Il prévoit!
LE PRINCE
Voilà cette lettre, où je reconnais tous mes torts.
SÉVERINE, la déchirant.
Merci, je n'ai besoin ni de compassion dans le présent, ni d'excuse dans l'avenir. Je n'ai besoin que de savoir. Répondezmoi, je vous jure que l'heure est solennelle. Vous ôtes bien décidé à partir demain avec cette femme ?
LE PRINCE, respectueux.
Ne m'interrogez pas.
SÉVERINE
Et pour toujours? Mais rien ne force de donner toute sa vie à une femme, à une pareille femme surtout, car elle, monsieur, elle ne vous aime pas, malgré les preuves apparentes qu'elle vous a données hier, et qui ne lui coûtent plus rien depuis longtemps. Elle est ruinée, et elle quitte le mari qui est pauvre pour l'amant qui est riche. Elle ne se rend pas, monsieur, elle se vend.
LE PRINCE
Madame!
SÉVERINE
Je vous propose un moyen, monsieur, car si je n'ai plus souci de votre amour, j'ai encore souci de votre dignité, et je ne veux pas que vous vous rendiez ridicule ni que vous vous déshonoriez, ce qui arriverait peut-être plus lard ; donnez à