‹ La princesse Mathilde DemidoffBonaporteChapitre 3 sur 5 · L.a Etoneière le Hourry · texte numérisé non relu

L.a Etoneière le Hourry

Pour pou que vous ayez fréquenté les salons du Palais-Roval vous y avez souvent rencontré un marin qui serait mort tout au plus capitaine de corvette, si une protection princièrc ne l'eût pas fait amiral et diplomate, et auquel de mauvaises langues — car il y en a partout, surtout au Palais-Roval, ont donné, à cause de la rondeur de son abdomen, le sobriquet : l'amiral Bicnnourri.

Vous devinez que je parle de Mr. La Roncière le Nourry, l'ami et confident de son Altesse Sérénissimc le prince Napoléon.

A trente-cinq ans son abdomen n’avait pas encore pris l'ampleur qui le distingue aujourdhni, car l’amiral devint gros, probablement par sympathie pour le prince.

Mr. Le Nourry était venu à Paris pour y chercher fortune.

Habitué de marcher sur le tillac mouvant d’une corvette, il croyait pouvoir se risquer sur le parquet glissant des salons.

Fortuna audaces juvat.

Le jeune marin pouvait tout gagner, n’ayant rien h perdre.

Il était de taille moyenne, mais sa poitrine était bombée, ses épaules larges, ses muscles d’acier. Sa figure portait l’empreinte de la beauté virile, qui plaît surtout aux dames qui frisent le troisième decennium.

Il plaisait, car il savait plaire.

Un jour la princesse allait au bois de Boulogne qui n’était pas encore ce que la baguette magique de Mr. Hausmann, qui ne ménage pas l’argent de la province pour embellir Paris, en a fait depuis.

Il peut arriver à Mr. Hausmann d'ôtre proclamé Dieu à Paris et lapidé et mis en pièces par ces rustres de provinciaux qui ne comprennent pas que le meilleur emploi qu’on puisse faire de leur argent, fruit de leur travail et de leurs épargnes, est de dé-

Dfgitize

molir le vieux Paris pittoresque et poétique pour transformer ses rues en larges voies militaires, ses maisons aux hauts et bizarres pignons en palais et casernes.

L’empire veut être entouré de luxe et d’éclat.

La misère lui paraît une tache indigne de sa capitale.

On dit, mais je ne garantis pas le bruit, que Mr. Hausmann prépare un projet de loi tendant à exiler de Paris tous ceux qui ont à dépenser moins de 5,000 francs par an.

Madame Démidoff revenait de l'Élysée, où son cousin venait de s’installer comme président.

A la tournée d'une allée ses chevaux s’effrayent d’un petit king Charles qui se jette entre leurs jambes en aboyant et jappant.

Ils prennent le mors aux dents et partent à fond de train.

La princesse n’est pas d’un courage à toute épreuve.

En cela elle ressemble ù son frère qui eut le choléra en voyant un champ de bataille.

Son oncle, en léguant au neveu son front et la boucle conventionnelle, -avait oublié de lui léguer son courage.

Madame Démidoff voyant que son cocher ne pouvait plus maîtriser les chevaux — tomba en pâmoison?!

Non !

Elle se mit à crier...

Mais à crier, comme ni vous ni moi ne pourrions le faire.

Beaucoup de gens entendirent ses cris, mais personne n’osa venir à son secours, car les chevaux continuaient leur train d'enfer culbutant et bousculant tout ce qui se trouvait sur leur passage.

Tout à coup un officier, portant l'uniforme de marine, se jeta à la rencontre des chevaux, saisit le limonier par la bride qu'il secoua d'une main forte et tira le cheval vers lui.

Le cheval fit un soubresaut et s'arrêta.

arrêtant cil même temps son camarade.

Le Deus ex machina qui tenait le cheval par la bride était Mr. La Roncière le Nourry, mais les chevaux, en se jetant de côté, avaient renversé la voiture.

Le cocher et la princesse gisaient par terre.

Ni l’un ni l’autre du reste ne s’étaient pas fait mal.

La princesse fut relevée par le marin, tandis que le cocher se leva lui-mème tout en grommelant contre la maladresse du sauveur, que la princesse remerciait d’un gracieux sourire.

Mr. La Roncière le Nourry pria la permission d'aller demander des nouvelles de la princesse.

Permission qui lui fut d’autant plus aisément accordée que sa beauté virile avait fait une grande impression sur la princesse.

Dans peu de temps il était un habitué des salons de la princesse.

C’est là qu’il connut le prince Napoléon,

connaissance qui lui a valu l’uniforme brodé sur les coutures d’amiral et ses missions plus ou moins diplomatiques, ainsi que les nombreux rubans et cordons, ornement obligé d’un uniforme chamarré d’or.

* TT#r*

Lue scène de jalousie

Le républicanisme était hors de mode.

Car en France, 7— vous le savez aussi bien que moi, — tout est sujet à la mode, même nos consciences politiques.

Le fantôme socialiste rouge, pendant quelques mois le cauchemar de la bourgeoisie et des petits rentiers du Marais, avait fui à l’apparition de l’aigle bonapartiste qui chassait à grands coups d’ailes le coq gaulois du roi de la bourgeoisie.

L’empire n’était plus qu’une question de temps.

Le luxe, qui sous l’empire est entré daiïs une phase de frénésie, commençait à étaler son faste et son impertinence.

On était à même de croire que ce luxe

était un gant jeté par le président ail visage de la république.

Mabille voyait de nouveau scs allées mystérieuses et inventées pour les couples amoureux se peupler de viveurs jeunes et vieux, et de ces femmes qui se pavanent aujourd'hui dans de la soie et des flots de dentelles, et sont couvertes de perles et de diamants, et dont demain, peut-être, les journaux enregistreront la mort par asphyxie, ou dont le drame de la vie — court drame de vice et de luxe — va trouver son dénoûmcnt sur les dalles humides de la Morgue.

Les amours et les amourettes reprenaient leurs droits que la politique leur avait ravis pendant quelques mois.

Le président en donnait l’exemple, en se délassant en compagnie de femmes gaies et galantes des graves travaux qui l’occupaient.

Les loreltes, les femmes entretenues et les rats de l’Opéra trinquaient gaiement avec les hommes d Etat improvisés, les soldats, aventuriers de fortune, qui d’un jour à

l'autre devaient changer la république en empire.

Le futur empereur ne voyait pas de mauvais œil ces francs viveurs se perdre dans un labyrinthe de dettes ; car n’ayant rien à perdre et tout à gagner par un coup d'État, ils devenaient ses âmes damnées et juraient de combattre sous son drapeau et de mourir pour lui s’ils ne pouvaient pas vivre par lui.

C’est le luxe qui a donné à la France l’empire, c’est lui qui en est le plus ferme et solide soutien.

Il y avait à l’Opéra un petit rat mince et fluet, mais de la race la plus rongeuse.

Ayant dix-sept ans à peine, elle avait dévoré trois héritages et ruiné un vieillard, l’avare marquis de T., qui après une vie d’une parcimonie plus que ladre s’était voulu . donner le luxe d’une maîtresse.

Maintenant vous pouvez le voir chaque matin au jardin des Tuileries se chauffant au soleil, jouissance qu’on peut avoir gratis à Paris comme ailleurs, et réfléchissant sur le néant de l’amour d'un rat, qui dans moins

d'une année lui a coûté un demi-million.

Il est facile à reconnaître, c’est un petit vieillard, ayant une perruque autrefois brune et maintenant d'un rouge assez hasardé, il porte un habit râpé qui jadis était noir et sa boutonnière est ornée de la rosette de la Légion d honneur et d’un autre ruhan, l’ordre romain de St. Grégoire, si je suis bien renseigné, car nous autres Anglais, nous ne sommes pas grands connaisseurs de ces sortes de babioles.

Ce rat se nommait mademoiselle Armandine.

Maintenant elle porte le nom de madame (??) Armande de Saint-Ildéfonse, elle se dit veuve d’un général mexicain; mort victime de son patriotisme, en combattant contre les troupes de Juarez, ef tient rue Chaussée d’Antin une pension bourgeoise, fréquentée par de belles dames, de jeunes étiangers venus à Paris pour , s’y former, espèce d’éducation assez agréable et qui, le patrimoine dévoré, laisse du moins de.beaux souvenirs et des vieillards qui chauffent

leurs membres engourdis une dernière fois aux doux rayons de l’amour.

On y vit aussi des anciens officiers mexicains et péruviens, camarades d’armes du défunt mari, décorés de rubans de toutes sortes dë couleurset mangeant d’un appétit à toute épreuve, ayant un estomac qu’une autruche leur envierait et jouant avec une rare veine le baccarat, le lansquenet, — en un mot toutes sortes de petits jeux plus ou moins innocents, distraction ordinaire de ces "tables d’hôte.

Armandine n’a jamais été belle.

Elle était petite, maigre, au teint couleur peau tannée, à la figure fatiguée par des nuits d’orgie et une vie déréglée.

Mais elle possédait l’héritage de chaque Parisienne, du piquant dans la conversation et un œil à tourner la tête à Caton le Censeur ou à faire se damner saint François.

Sa genèse se perdait dans un taudis rue Fossés-Saint-Jacques habité par sa mère qui, elle aussi, avait pendant quelques années porté soie, velours, dentelles et diamants

maintenant elle était blanchisseuse, c’était, du reste, une femme d’une vie très-réglée, elle avait employé les quelques billets de cent francs qui lui restaient de sa vie de luxe, pour s’acheter un fond de blanchisseuse et aurait voulu garder sa fille, gage de son dernier amour, auprès d’elle, pour i n faire une blanchisseuse.

Mais, hélas! a douze ans celle-ci avait fait la connaissance d’un jeune étudiant auquel elle portait son linge.

Son amour pour la chorégraphie s’était développé au Prado, où elle dansait la tulipe orageuse avec un chic qui lui avait valu les applaudissements frénétiques de la galerie, mais avait déplu k l’Argus à tricorne, gardien juré des bonnes mœurs aux bals publics, elle avait passé trois jours au violon, réfléchissant sur la vanité des succès — mais elle inventait en môme temps une figure nouvelle pour le prochain bal.

Lorsque mademoiselle Armàndine quitta le violon, la maman blanchisseuse — qui ne trouvait pas de son goût les talents de sa

fille pour le cancan, lui administra une rude correction. '

Et la main autrefois potelée de la blanchisseuse était devenue dure et calleuse à force de blanchir le linge; elle battait dur.

Il se trouva que la correction n’était pas du goût de la demoiselle.

Le temps quelle avait passé au violon avait, de plus, mûri une résolution, prise depuis longtemps.

Mademoiselle Armandine acceptait, le jour même, l’hospitalité que l’étudiant lui avait offerte et entrait au corps de ballet.

Elle n’avait alors que treize ans passés.

Le temps qu’elle resta avec l’étudiant fut bien court. Ce n’avait pas été pour elle qu’un pis-aller temporaire.

Trois jours après son premier début, elle quittait le quartier latin pour aller habiter un délicieux entre-sol rue Codot de Moroy.

C’est le marquis de T., le vieillard dont nous avons parlé et dont elle avait fait la connaissance, qui lui offrait cet entre-sol,

ainsi que diamants, chevaux et un crédit - illimité.

Les dieux savent si elle usa de ce crédit !

La voyant élégamment installée, sa mère lui pardonna, la maman n’étant ennemie que des amourettes d’étudiants, qui ne rapportent rien, si cen’est un souper, descrêpes ou, tout au plus, une promenade à âne.

Quant aux amours solides, c’est-à-dire ceux qu’on paye d’entre-sols et de chevaux pur sang, la blanchisseuse se disait :

Bah ! il faut que jeunesse s’amuse, moi aussi j’ai passé par là, et maintenant je suis estimée pâr mes clients et mon voisinage.

Mais comme nous n’écrivons pas l’histoire de mademoiselle Àrmandine, nous voulons tirer le rideau sur sa vie, qui est celle de toutes les femmes de cette classe.

A l’épbqü'é 1 où se joue la scène dont nous voulons parler, mademoiselle Armandine avait donc dévoré là fortune du marquis T.

et de trois jeunes fous, et était libre pour le moment, son dernier amant, le duc de V., étant allé la veiUeià Clichy pour y réfléchir

sur la rapidité avec laquelle la fortune que son père lui avait laissée en mourant avait passé par le chemin par lequel tant de patrimoines passent à Paris.

Heureusement pour lui, il avait encore une vieille tante à hériter.

On sait que cette espèce de femmes a toujours deux amants, un qui paye et un qui est payé.

Armandine avait, du temps de son dernier amant, fait la connaissance d'un jeune.

C'était le jeune Beg..., qui a enrichi le Musée du Luxembourg et plusieurs églises de croûtes, que le ministère lui a achetées, grâce k la protection de la princesse Mathilde.

Mr. Eugène Giraud, dans l'atelier duquel la princesse l'avait rencontré, le lui avait présenté.

Vous savez que madame Démidoff aime à protéger les artistes, surtout quand ils sont beaux.

Elle protégea donc Monsieur Beg.... à cause de ses talents.

Quelques jours avant la scène dont nous parlerons tout de suite, le jeune peintre avait vendu, à la recommandation de la princesse Mathilde, au ministre de l’intérieur, qui voulait être agréable à la cousine du président, une salade, sous le nom de Paysage des environs de Paris.

Il venait de la porter lui-même au ministère — les mauvaises langues disent que les vingt sous qu'il aurait dû donner au commissionnaire brillaient dans sa poche par leur absence

Mais le ministre lui avait fait compter .vingt billets de mille francs.

Richesse inouïe !

Le rapin se croyait pour le moins Rothschild, sinon Crésus.

Vingt mille francs pour une toile qui n'en valait pas cent!

La reconnaissance demandait pour le moins qu’il allât chez la princesse pour la remercier de sa recommandation.

Mais il préféra aller chez le rat.

Le rat ronge tout, et comme pour le moment les recors lui avaient enlevé son duc et qu'il n’avait pas des centaines de mille francs à dépenser, le rat se contenta, pour passer son temps et ne pas perdre ses habitudes, des vingt mille, c’est toujours quelque chose — car quoi qu’on en dise les rats sont modestes, quand ils ne peuvent pas faire autrement.

Monsieur Beg... s’amusa donc quelques jours avec mademoiselle Armandine — il avait oublié sa princesse.

Mais elle pensait à lui.

Ne vous étonnez pas que Monsieur Boitelle, l’époux de la cousine deMr. Hausmann, n'ait pas inventé une police secrète des femmes.

Elle existait longtemps avant que la France eut le bonheur de voir en Mr. Boitelle son sauveur social et politique.

Mais une idée me vient, un mauvais calembour.

Vous pensez probablement entendre que

la police boite sous monsieur Boitelle.

Non, au contraire elle marche très-bien.

Moi, Anglais, qui ne peux pas être accusé de sympathie pour une police quelconque, je dpis Convenir qu'il n y pas de pays au monde qui ait une meilleure police que Paris.

C’est non-seulement la police la plus vigilante, mais en même temps-la plus polie, la plus prévenante, la plus judicieuse de toutes les polices que je connaisse, car elle sait distinguer entre l’intention et le moment d’oubli ou d’exaltation.

Los agents provocateurs existaient sous les Bourbons, mais maintenant vous 11e les trouverez pas.

Au contraire, la police de même que la justice française se réjouissent, qu,and elles n’ont pas à sévir, car elles savent que les poursuites politiques, loin de consolider les trônes, les minent et sapent leurs bases les plus solides.

Madame Mathilde Démidoff s'étonnait de ne pas voir son rapin favori.

Elle s'inquiétait de son absence.

Mais elle se connaît en fait de goûts artistiques.

« Il s’amuse, » se disait-elle.

« Mais avec qui? » lui répétait l’écho de ses pensées.

Elle avait aussi sa police — volontaire et involontaire.

« Il faut que je le sache, » se dit-elle.

<( Et ce que femme veut, Dieu le veut, »

dit le proverbe, biais moi, je pense que c'est plutôt le diable qui le veut.

La princëtëê sut donc que Mr. Beg... passait ses journées, ses soirées, etc., en compagnie de mademoiselle Armandine.

On dit même que c'est Mr. La Roncière qui commit l’indiscrétion de le lui dire.

Je ne le sais pas, mais en tout cas ce ne furent ni le comte de Nieuwekerke ni Mr. Eugène Giraud.

.. Ils possèdent, tous les deux, un fonds inépuisable d’indulgence.

La princesse en l’entendant éclata.

Par hasard j’y étais; ayant un petit mot à lui dire de la part de son frère le .prince Napoléon.

La princesse ne sait pas mettre un frein à ses passions.

Dans ses moments d’exaltation elle prend tout le monde pour confident, ne croyant pas qu’on y voit du mal !

Je vous dis que ce fut une scène !

Oui, une scène digne de Molière.

Mais comme je n’écris pas des comédies, et que j'ai en grippe les scènes tragiques, je m’esquivai, laissant la princesse baignée de pleurs et jurant une haine implacable au rapin infidèle et au rat rongeur.

Mais la princesse est beaucoup trop bonne pour pouvoir haïr.

Aussitôt que nous l’eûmes quittée, la princesse fit atteler son é ruipage et se fit conduire chez mademoi.--.eiie Armandine.

C’était vers onze heures du soir et le

couple était attablé à un fin souper, Mr. Beg. . . venait de faire sauter au plafond le bouchon de la première bouteille de vin de Champagne.

Le commodore prenant sa place au souper de Don Juan n’a probablement pas produit autant d’effet que madame Mathilde entrant dans le petit salon coquet de mademoiselle Armandine, pour interrompre un délicieux tète-à-tête.

On était si sûr de l’impunité, qu’on n’avait pris aucune précaution, et la princesse était entrée avaul qu'on eût eu le temps de l’annoncer ou plutôt de lui barrer le chemin.

On dit — je puis le croire, car la princesse s’était habituée aux mœurs russes, qu’il y eut une avalanche de soufflets qui tombèrent sur les joues de mademoiselle Armandine et du rapin.

Madame Mathilde quitta le champ de bataille en triomphatrice. -

Elle emmenait avec elle M. Beg...

Mais elle a le cœur bon, môme excellent, comme je l’ai dit.

Le lendemain il lui fit de la peine d’avoir séparé ce couple aimant et amoureux.

Vous penserez peut-être quelle permit à M. Beg... de retourner chez Armandine.

Quant à cela : Non !

Mais elle envoya ù Armandine, comme fiche de consolation , un beau collier de perles, et M. Beg... eut, par son intermédiaire...

La croix !...

On dit qu’il vit encore souvent mademoiselle Armandine... ,

Je ne le crois pas, car...

Mais laissons les car...

Je n’ai raconté cette anecdote, digne de feu les arlequinades. que pour dire pourquoi les croix se donnent quelquefois en France.

Monsieur Beg... a bien son bout de ruban pour — la bravoure et le courage avec lesquels il s’est — laissé souffleter.

Il est vrai que c’était une bien jolie main qui prenait la mesure de ses joues assez joufflues, et dignes d’un Amour sonnant la trompette.

L’Élysée et Ses Tuileries.

L Élysée était le paradis des anciens.

Pour Napoléon il fut le purgatoire présidentiel par lequel il passa pour arriver au paradis impérial.

Le président n’avait pas de dame pour faire les honneurs de son palais.

L’Anglaise que je ne veux pas nommer, parce que sans la connaître personnellement, je l’ai vue aux bords du Rhin, où elle était la Providence des pauvres et des malheureux...

Son seul péché était d’aimer...

Péché bien véniel, si c’est un péché et non pas une vertu...

Son seul péché donc était d’aimer, mais ' il y a des personnes auxquelles les usages

conventionels ne permettent pas de montrer leur amour à la clarté du soleil ou des flambeaux.

Et miss... avait trop de pudeur et d'amour pour vouloir être aux yeux du public la maîtresse du président.

Elle l’avait aimé tant qu’il avait été malheureux, et elle l’aimait encore du même amour désintéressé maintenant qu’il posait le pied sur la première marche du trône impérial.

Pudique, malgré sa liaison, elle fuyait les regards du public...

Mais le président, pensif et silencieux, comme il l’est aussi depuis qu'il est empereur, avait besoin de quelqu'un pour faire les honneurs de son palais, je ne dis pas de sa cour, car alors il n’était que président — du reste un président a aussi sa cour, demandez-le à Mr. Johnson, l’ex-tailleur.

Qui choisir pour faire les honneurs?

Ma foi, sa cousine, à laquelle il devait...

quelques égards.

C'est donc madame Démidoff qui devint la

maîtresse de céans pour les dîners et lés soirées officielles et cérémonieuses.

Et tous ceux qui ont assisté à ces dîners et à ces soupers savent si madame Démidoff savait bannir de ces réceptions l’étiquette et chasser cet air de malaise que l’air froid et réservé du futur empereur jetait sur elle.

Il est vrai que sous le front haut et bombé de Napoléon, couvait une grande pensée.

Louis Bonaparte jouait, en hardi joueur, .va banque.

Et pour la tranquillité et le bonheur de l’Europe, il a gagné sa partie.

Il est vrai qu’il a donné le coup de grâce à la soi-disant liberté de la France.

Mais les Français savent-ils ce que c’est que la liberté?

S’ils le savaient, ils ne l'auraient perdue ni par Napoléon I, ni par son neveu.

Hélas ! ils confondent la liberté avec l’anarchie.

Février 1848 déploya le drapeau de la

liberté, tandis que Juin voulait déployer celui de l’anarchie.

On peut diviser les 40 millions qui peuplent la France — je ne parle pas des militaires, qui en France ne forment qu’une caste temporaire — on peut diviser, — dis-je, — ces 40 millions en quatre classes, qui n'en forment que deux. C’est-à-dire, en :

En rentiers et ceux qui voudraient l'être, et employés ou ceux qui voudraient l’être.

Il va sans dire que les rentiers et les employés tiennent ensemble, car c’est égal sous quelle forme l’Etat leur paie leurs rentes.

Ceux qui ne sont ni rentiers ni employés, donc ceux qui ne sont rien et qu’on nomme vulgairement prolétaires — je ne parle pas des industriels, qui, eux aussi, sont des rentiers, car c’est le peuple, les ouvriers, qui leur fournissent leurs rentes, — les prolétaires donc, qui ne sont ni rentiers ni employés, ce qui revient au même, forment aussi une seule classe.

La première classe, — ceux qui ont quelque chose, que ce soit rentes, terres, etc. ,

— confond la liberté avec l’anarchie et la craint pour ne pas tout perdre.

La seconde, celle des prolétaires, confond aussi ces deux mots, mais non pas par crainte, mais par désir, espérant tout gagner — ce sont ceux qu’on nommait, en 1848, les partageux.

Nous autres Anglais, nous comprenons autrement ces deux mots — mais — que faire?... il n’est pas donné à tout le monde de comprendre ces fines différences dialectiques. ;

Mais l’Allemagne qui s’inquiète peu de ce que Napoléon fait en France, comprend que lui est la plus ferme digue contre les débordements de la réaction.

Une ligue rhénane est à la veille de se former, et elle se formera dès que Napoléon aura dit son mot.

Halte-là, arrêtons-nous!

Je sais que la princesse... si elle peut haïr quelque chose, hait la politique, épargnonsla-lui donc...

La princesse avait un rôle difficile à jouer

dans les salons du président de la république.

Mais sans le savoir, sa bonhomie, sa gaieté ù toute épreuve suppléait à ses talents diplomatiques.

Sans le savoir aussi, elle rallia au parti de son cousin quelques sommités qui sont maintenant ses plus fermes soutiens.

Mr. Troplong, qui n’a de trop long que son nez et ses discours, auxquels quelque plaisant a coupé la fin que personne ne retrouve.

Son dévouement sans bornes a fait de lui, qui il était qu'un médiocre- avocat, un viceprésident du sénat doté de tant et tant de dizaines de milliers de francs.

Puis Mr. Baroche, surnommé le sénateur baroque.

De même Mr. Chaix-d’Est Ange, aussi habile orateur que conteur de gaudrioles et d’anecdotes scabreuses.

Et tant l'autres que je passe sous silence.

Les diplomates les plus habiles sont ceux qui ne pensent pas l’être.

Ce fut le cas de la princesse Mathilde.

Les canons du 2 décembre et la mitraille surprirent la princesse sans l’étonner.

Car elle a l’habitude du grand monde de ne s’étonner de rien.

Sans sourciller même, elle reçut la nouvelle qu’elle était nommée princesse impériale.

M’amuserai-je plus? demanda-t-elle en bâillant.

En 1853, pendant la guerre de Crimée, elle craignit un moment pour ses revenus, car son mari déposa par dépit et jalousie toute sa fortune aux pieds de Nicolas.

Mais Nicolas eut le bon esprit de ne pas l’accepter — ou du moins d’v mettre la condition que la pension de la princesse Mathilde lui serait payée jusqu’à sa mort.

Peut-être se souvenait-il de son ancien amour.

Du reste, elle resta aux Tuileries la maîtresse du logis comme elle l’avait été à l’Elysée, elle y était même plus heureuse, car elle avait à disposer de plus de grâces.

Les ministres étaient encore plus aimables envers la cousine de l’empereur qu’ils ne l'avaient été pour la cousine du président.

Car l’influence quelle exerçait sur lui n’était pour personne un secret.

Mais étant devenu empereur. Napoléon III

voulut aussi être le fondateur d’une dvnastie.

Désir bien naturel.

Il y avait à Manheim chez une cousine de l’empereur, la grande-duchesse douairière de Bade Stéphanie, une jeune princesse qui ne tenait à aucune familie régnante par des liens de parenté.

C’était la princesse Carola ou Caroline Wasa, petite-fille du ci-devant roi de Suède, Gustave, qui dut quitter la Suède, parce que ses sujets, las de ses bizarreries — pour employer le mot le plus doux, l'avaient

déclaré déchu du trône et appelé à sa place le maréchal Bernadotte, qui devint roi de Suède sous le nom de Charles-Jean.

Gustave, banni de son pays, continua ses bizarreries en Suisse, où il est mort sous le nom du colonel Wasa.

La princesse Stéphanie parla ù son cousin de sa petite-fille et arrangea l’affaire.

L’idée de devenir impératrice des Français et de monter sur le plus beau trône de l’Europe souriait ù la jeune princesse, comme de raison.

Mais elle avait un père, général au service de l’Autriche.

L’Autriche voulut exercer une petite rancune contre Napoléon, que les Habsbourg nommaient le parvenu, oubliant que leur ancêtre, le fondateur de leur dynastie avait aussi été un parvenu, — un petit comte de rien que la jalousie des ducs-électeurs entre eux avait fait empereur d’Allemagne.

L’Autriche ordonna donc à son général d’empêcher le mariage de sa fille avec l’empereur des Français.

Le prince Wasa; dont la famille n’existe pas depuis trois siècles et dont l’ancêtre avait été paysan de Dalécarlie, plus grossier que le paysan du Danube, qualité dont ses des-' cendants, surtout le dernier roi de Suède de la famille ont hérité, dit :

« Une Wasa n épousera jamais un Bonaparte! »

Et mit son véto au mariage.

Napoléon III fît ce que vous savez.

« Bah ! les princes qui bientôt ramperont devant moi, ne veulent pas de moi !!

» Je n’irai pas frapper encore une fois à la porte d’une princesse. »

Et il épousa une jeune et belle Espagnole aux cheveux blonds cendrés, aux yeux d’ébène, mademoiselle Eugénie de Téba.

La France n’a rien perdu au change.

Mais la princesse Carola v a perdu beaucoup.

Elle a épousé le prince royal de Saxe, et compare souvent le sort que le destin lui

avait offert à celui quelle a élu ou plutôt que son père a choisi pour elle.

Quoique mariée depuis douze ans, elle ne connaît pas encore les douceurs de la maternité et désespère de jamais pouvoir donner un héritier à son mari, un futur roi à la Saxe.

Mademoiselle de Téba entra donc aux Tuileries comme impératrice et y saisit le sceptre de la beauté et des plaisirs.

Le rôle que la princesse y avait joué était fini» le rideau devait tomber sur elle.

Car elle ne voulait pas être comparse là oü elle avait joué les premiers rôles.

Elle se retira donc, non pas à Minturne, mais dans son hôtel rue Gourcelles, où bientôt se forma autour d’elle celte quasi-cour que vous connaissez.

Cour d’hommes de lettres, d’artistes et tant soit peu du demi-monde.

Jamais il n’y a eu de franche amitié entre l’impératrice et la cousine de son mari.

Les relations qui existent entre elles sont

d'une politesse glaciale qui n’a jamais été fondue par un rayon de cordialité.

Entre les deux dames, il y a une barrière de rivalité et de jalousie difficile à franchir.

Car la princesse Mathilde est jalouse du présent, l'impératrice l’est du passé.

Du reste, les jours de gala la princesse manque rarement aux Tuileries et l’impératrice vient traverser, pendue au bras de l’empereur, de temps à autre aux jours de réception les salons de la princesse.

Les relations de politesse existent comme je viens de le dire, mais ceux d’amitié manquent.

- tib —

Frère et sœur.

Ils sont loin les jours lorsque le prince Napoléon — le grand républicain — fuyait de Stoutgard pour éviter certaines petites affaires d honneur et les créanciers qui voulaient le coffrer sans aucun égard pour sa tête monumentale et le large front de son oncle.

Quant aux affaires d’honneur, il a toujours encore là-dessus les mêmes notions qu’il avait jadis.

Vous vous rappelez le duel Wielopolski que le prince a si bravement — refusé.

Car c'est d’un courage peu commun que de faire face aux préjugés — et le duel est le préjugé le plus sanguinaire.

Mais depuis la guerre de Crimée le prince est devenu adepte d’Elihu Burrit, le grand apôtre de paix.

Il a prouvé cette pente pacifique, il y a quelques semaines, en venant en simple habit noir au dîner donné par l’empereur au roi de Portugal et préférant quitter le palais impérial l’estomac vide et sans avoir dîné aue d’endosser son uniforme de général de division.

La grande abnégation pour un prince que de ne pas mettre d’uniforme , ne fût-ce que celui d’un caporal de grenadiers , comme le prince impérial en porte un les jours de gala !

Pouvez-vous vous figurer un prince du continent sans uniforme?

Non?

Ni moi non plus.

En endossant l’habit noir, le prince voulait prouver son républicanisme.

Moi j’aurais préféré la blouse bleue.

C’est encore plus républicain.

Comme ses cousins, le prince Napoléon revint en France lorsque la révolution eut

brisé les barrières qui fermaient la France aux Bonaparte; comme ses cousins, il se fit élire membre de la Constituante et puis de la Législative, et comme eux, il alla siéger sur les hauteurs de la montagne.

La première visite qu’il fit à Paris, fut faite à sa sœur.

Il était habitué de puiser dans sa bourse et ne voulait pas perdre cette habitude, assez agréable pour un prince qui a beaucoup de besoins et peu de revenus.

L’amitié entre le frère et la sœur fut bientôt renouée, car leurs goûts se ressemblent.

Et de plus, le frère n’était pas encore prince de l’empire français, n’avait pas encore sa liste civile et ne touchait que vingtcinq francs par jour, somme assez modique, et ce ce n’est pas de ses épargnes comme député qu’il a bâti sa maison romaine.

Depuis lors la plus grande harmonie règne entre le frère et la sœur.

Elle lui laisse le champ de la politique, et ne cultive que celui du plaisir. ,

Quanti on vient lui parler de quelque nouvel exploit oratoire de son frère, elle hausse les épaules et dit :

« Mon frère devrait imiter mon cousin et se taire quand il veut dire quelque chose. »

Lors de l’enterrement de Bixio, le prince Plon-Plon, qui brûlait de faire une démonstration, vint à Paris, comme vous le savez.

Nous avons dit autre part qu’il aime à faire parler de lui.

S’il avait vécu du temps d’Alcibiade, il aurait fait comme celui-ci et coupé la queue à son chien.

La mort de Bixio était un prétexte, comme l’inauguration de la statue de Napoléon I à Ajaccio en avait été un.

Afin que personne ne se méprenne sur le but de sa visite à Paris, il n’alla pas à la noce de la jeune ! ! duchesse de Mouchy.

Il est vrai qu’il avait, dans le temps, dû épouser sa cousine, la grassouillette —

pour user de l'expression la plus modeste — princesse Anne Murat.

Ventre de biche, cela aurait été un couple de poids !

Il aurait fallu que les carrossiers inventassent un nouveau modèle de voiture ! *

Mais enfin , quoi qu’il en soit , le prince n’alla pas à la noce, mais il alla trouver sa sœur.

Il ne la trouva pas.

Car madame DémidofF était de la noce.

Elle aime le plaisir, et il y a similitude de goût entre elle et la princesse Anne, qui aime aussi à montrer le dessous — des cartes.

Mais le prince ne se contentait pas d’avoir brillé par son absence à la noce.

On parlait de lui, et il fallait tenir les Parisiens en haleine.

Il se défit de son uniforme galonné, endossa un habit noir pour aller au dîner.

donné en l’honneur du beau-frère de son épouse, le roi de Portugal.

Il pensait probablement que les Parisiens attribueraient une gravité quelconque à cette mascarade.

Au contraire, ils en rirent, et tout fut dit.

C’est que les Parisiens aiment la princesse Mathilde, parce qu’elle est une excellente femme, ils lui pardonnent beaucoup h cause de cette qualité et se moquent de son frère à cause de sa vanité puérile.

Mais ne croyez pas qu'ils voudraient voir sur le trône le frère ou la sœur.

Si le gros prince le croit, il est dans l’erreur.

Ce qui a été possible pour le cousin, sera impossible pour lui.

Le hasard et la crainte du fantôme rouge ont porté Louis Napoléon sur le trône, il s’y maintient par sa sagesse, sous lui la France, quoiqu’enchaînée dans ses élans politiques, a prospéré incontestablement, et a non-seulement repris parmi les grandes puissances le

rang qu’elle avait perdu sous les Bourbons et surtout sous Louis-Philippe, mais marche même h leur tête et. décide des destins du

monde entier.

La crainte d’un futur douteux fait que la majorité en France désire voir encore longtemps Napoléon sur le trône.

Mais demandez aux Français s’ils veulent de Plon-Plon.

Ils vous répondront unanimement :

Non ! ! ! !

l ue soirée littéraire chez la princesse.

Il y a dans un salon de la princesse une petite statuette de marbre représentant l’amour, la princesse a écrit de Sa main, sur le piédestal, les deux vers suivants qui ont, toute sa vie, été sa devise :

Qui que tu sois, voici ton maître,

Il l’est, le fut ou le doit être.

Oui, l’Amour fut toujours son guide et son maître.

Il n’y aurait pas de mal, si ce goût pour l’amour se limitait à son for intérieur, mais malheureusement le petit dieu ailé vient <iussi exercer son influence sur les arts et la littérature.

Et il n’y voit pas clair, ayant les yeux bandés.

Nous étions un jour assemblés en petit comité chez la princesse qui nous avait promis une jouissance rare.

On nous devait donner lecture d’une pièce nouvelle.

Je ne suis pas grand amateur de cette sorte de jouissance, mais la princesse nous avait dit tant de bien de cette pièce que je. n’étais pas sans sentir une espèce«de curiosité d’entendre ce chef-d'œuvre fait par deux frères en collaboration !

Les génies qui ont enfanté cet œuvre monumentale sont les deux frères de Goncourt, depuis peu en grande faveur chez la princesse qui voulait ouvrir à ses favoris les portes du temple de la Gloire comme elle leur avait ouvert celles de ses salons.

Vous savez probablement que les frères de Goncourt sont de jolis garçons, dignes de l’amour d’une princesse.

Cela peut vous expliquer l’intérêt que leur porte la princesse.

Mais l’art où reste-t-il ?

Pour vous faire une idée du ton qui règne dans les salons de la princesse, et de son goût en fait de littérature nous vous donnerons une petite esquisse de cette pièce, dont la princesse raffolait de manière à nous en donner un petit avant-goût dans son cabinet rouge.

Les Français, ou plutôt les Parisiens détestent la pruderie, ils la mettent au même niveau que l’hypocrisie, mais, en étendant assez arbitrairement les limites, souvent ils nomment pruderie,, ou même hypocrisie ce que les Allemands nommeraient bienséance ou le» Anglais, devoir.

La pièce des frères de Goncourt ne peut pas être taxée de pruderie; au contraire, son langage, son sujet sont une chose inouïe même dans une ville qui a applaudi aux:

Filles de marbre, et à la Dame aux camélias.

Un théâtre, qui autrefois était fier de garder les traditions du bon goût vit sa scène dégradée par un indigne cancan.

Ombres de Molière, Racine, Voltaire pleurez !

Le théâtre français s’avilie, se dégrade.

Il est vrai que les sociétaires du premier théâtre de Paris, de France, d’Europe, du monde entier ont représenté:

Henriette Maréchal

par ordre non pas du

Mufti

mais de madame

Démidolf, de la princesse Mathilde Bonaparte ! !

Princesse vous avez été trop bonne pour vos favoris !

Nous savons que vous êtes bonne, excellente même.

Mais vous n’avez pas voulu entendre nos protestations.

Notre critique vous semblait être inspirée par l’envie.

Envier Mrs. de Goncourt !! Y pensez-vous belle princesse !

La chose serait trop ridicule !!

Du reste le public d’élite qui s’était donné rendez-vous au théâtre français lors de la première et dernière représentation de Henriette Maréchal a vengé notre critique.

Le premier acte de Henriette Maréchal se joue vers minuit, la scène représente le long corridor, sur lequel donnent les loges du premier rang, renaez-vous ordinaire des masques lors des bals de l’Opéra.

C’est probablement ce qui avait plû à la princesse.

On dit même quelle en avait donné l'idée.

Car elle s’est souvent amusée k ces bals !

Mais elle s’y est amusée !

Pour vous. Messieurs les provinciaux et étrangers, qui ne connaissez les bals masqués de l’Opéra que d'ouï dire, je veux vous expliquer ce que c’est que ces bals.

Ne croyez pas que ce soient des princesses qui s’y donnent clés rendez-vous.

Au contraire, vous n’y trouvez que des

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