‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 115 sur 172 · PLAN D’ATTAQUE DE LA BASTILLE DE SAINT-LADRE · texte numérisé non relu

PLAN D’ATTAQUE DE LA BASTILLE DE SAINT-LADRE

Royallieu et la forêt ; tous deux firent alors masser leurs troupes en attendant les adversaires qu’ils auraient à combattre. En même temps, le comte de Vendôme, le maréchal de Boussac et les autres capitaines avaient quitté Verberie et s’avançaient sur Compiègne ; seulement, tandis que le comte de Vendôme et le principal corps de troupes marchaient directement sur Royallieu, un détachement composé d’une centaine d’hommes escortant un convoi de vivres de toute nature, avait ordre de prendre des chemins détournés au travers de la forêt, « vers le lez de Choisy », et de pénétrer dans Compiègne de ce côté ; puis, après avoir déposé les provisions destinées à ravitailler la ville, il devait entraîner la garnison ainsi que tous les habitants armés et s’élancer sur la bastille de Saint-Ladre , pendant que, d’autre part, Poton de Xaintrailles, à la tête de deux à trois cents combattants, viendrait par la route de Pierrefonds attaquer la même redoute. Ce progamme réussit à merveille.

Les troupes du comte de '.Vendôme s’arrêtèrent sur la route de Verberie à Compiègne, environ « à ung trait et demi d’arc » de celles de Jean de Luxembourg. Mais comme ces dernières ne se composaient en grande partie que d’hommes à pied, elles n’osèrent entreprendre une bataille rangée avec leurs adversaires qui étaient presque tous à cheval. D’un autre côté, le comte de Vendôme se gardait bien de brusquer les choses, afin de laisser aux deux détachements dont nous venons de parler, le temps d’accomplir leur oeuvre. Les armées restèrent donc

2ÔO LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.

en présence l’une de l’autre, ne se livrant qu’à des escarmouches n'ayant aucune importance.

Durant ce temps, le convoi de vivres avait cheminé sans rencontrer d’obstacles, et aux applaudissements de la population tout entière, il avait pénétré dans Compiègne; puis, aussitôt que les soldats qui l’escortaient eurent mis le capitaine et les attournés au courant de ce qu’on devait faire, la garnison prit les armes, et en un clin d’œil, une troupe nombreuse défilant sous la porte de Pierre fonds courut vers la bastille : elle était suivie d’un grand nombre d’habitants, hommes et femmes portant des échelles et désirant avant tout « se venger de leurs ennemis qui tant de paine et de mésaise leur avoient fait souffrir. » C’était à qui courroit pour monter à l’assaut. Le premier choc ne fut pas à l’avantage des Compiégnois. Jacques de Brimeu, qui commandait la bastille, parvint, avec le seigneur de Créqui, à repousser les assaillants; mais ceux-ci, sans se décourager revinrent à la charge, ayant à leur tête Guillaume de Flavy, qui les excitait du geste et de la voix ; néanmoins, ils commençaient à faiblir de nouveau, et se voyaient déjà réjetés au delà des fossés de la bastille, quand arriva par le grand chemin de Pierrefonds le brave Poton de Xaintrailles^avec sa troupe. La vue de ce renfort ranima le courage des Compiégnois ; ils remontèrent à l’assaut, avec une nouvelle intrépidité; une lutte des plus meurtrières s’engagea sur toute la ligne, et bientôt, malgré les efforts surhumains de leurs chefs, les soldats bourguignons furent vaincus. C’était, dit le chroniqueur Chastellain, « chose moult

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