LE SIÈGE DE COMPÏÈGNE EST LEVÉ
de la Saint-Crépin en l’église Saint-Corneille 1 . Il est regrettable que cette tradition ait été rompue, et l’on ne comprend pas que les administrations municipales qui se sont succédé depuis plus d’un siècle, ne l’aient pas fait revivre. En effet, outre le sentiment religieux si vivace alors, et qui certainement a inspiré cette fondation, il y avait l’idée de patriotisme qui s’imposait, et qui aurait dû maintenir chaque année, à l’instar d’Orléans, une manifestation à laquelle tous les Compiégnois sans exception, nous en sommes convaincu, seraient fiers de s’associer aussi bien
1. « Paié à Adam Ancel de Ville, religieux et pitancier de Saint-Corneille la somme de xx sols parisis que les diz goudverneurs ont ordonnez pour récréation aux Religieux, du couvent de la dicte Eglise, le jour de la Saint-Crespin mil iiii c lii en faveur de la proucession faicte le dit jour en regraciant Dieu nostre Créateur du siège levé en telle journée de devant la dicte
ville en Tan mil 1 1 1 i c et trente xx s. p. »
(Archiv. de Compïègne , CC. 19, f° 286 v°.)
On faisait don le même jour à la Confrairie de Saint-Crépin d’une certaine somme en argent.
« Paié à Jehan de Bray et Lorens Masse prévostz de la Confrairie Mons. Saint-Crespin xxi ni s. p, a eulx donnés par les diz goudverneurs pour supporter la despense des diz confrères le jour de Saint-Crespin iiiicxli en lonneur et révérence du dit Mons. Saint-Crespin, considérant la grâce que nostre Seigneur fist en autel ( pareil ) jour à la dicte ville de la délivrer du siège qui y estoit devant la dicte ville... xxi 1 1 1 s. p. » ( Archiv . de Compïègne , CC. i5, f° 102.)
« Après que la dite ville de Compïègne eut été ainsi délivrée d’un si long et dangereux siège, écrit Dom Bertheau, tous les bourgeois et habitans d’icelle, tant le clergé que le peuple, voulant référer à Dieu seul, auteur de grandes choses, toutte la gloire et l’honneur de cette victoire, et attribuant leur délivrance et liberté à la vertu et efficace des sacrés et précieux reliquaires dont leur ville est ennoblie depuis un long temps, et spécialement du Saint-Suaire de JV.-5. ; ayant toujours reconnu qu’en
27O LA PRISE DE JEANNE d'aRC DEVANT COMPÏEGNE.
comme glorification du passé, que comme exemple pour Tavenir 1 .
Ce serait suivant nous, la véritable fête nationale de Compïègne.
ce très excellent gage du ciel, consistoit leur principalle sauvegarde et protection, pour ne pas paroitre ingrats et meconnaissans d’un bienfait si signalé, ils ordonnèrent que de là en avant en perpétuité, se feroit en la dite ville une procession générale le même jour de la délivrance d’icelle qui est le 25 d’octobre, jour remarquable pour être celuy de la fête des bienheureux martyrs Saint-Crépin et Saint-Crépinien premiers Apôtres du pays Soissonnois dans lequel est situé la ditte ville de Compïègne, et que le même Saint et Auguste Suaire seroit porté en tout honneur et révérence à la dite procession à la fin de laquelle seroit chantée solennellement la messe qui se dit en action de grâce.
(Mémoires pour servir à l'histoire de Compiègne. Biblioth. municip. manuscr.,p. 173.)
1. Mézeray, dans son Histoire de France (T. II, p. 86, édition 1646), donne le dessin d’une médaille composée en souvenir de la levée du siège de 1430. Cette médaille représente d’un côté le sacre de Charles VII, et de l’autre la ville de Compiègne avec l’inscription suivante, en exergue: « Caropoli, obsid.
LIBERATA CŒS. ET FUGAT. HOSTIBUS. MCCCCXXXI. NOUS pOUVOnS
affirmer que cette médaille n’a jamais été frappée. Le millésime d’ailleurs était erroné, puisqu’on a mis 1431 au lieu de 1430.