GUILLAUME DE FLAVY ABANDONNE JEANNE D’ARC
pas un homme armé n’est sorti de la place pour aller au secours de Jeanne d’Arc ; pas un coup de canon n’a été tiré du rempart : bien mieux, le pont-levis s’est levé au moment où l’on avait la certitude que la troupe de Jeanne était coupée et que seule, ou suivie seulement d’une poignée de soldats qui lui étaient restés fidèles, elle continuait une lutte héroïque, alors que peut-être, ainsi que certainement cela a dû être convenu, il eût suffi du moindre détachement sortant brusquement de la place pour opérer une heureuse diversion, et permettre à Jeanne de franchir le boulevard. C’est bien là aussi le sentiment de M. Wallon : « Guillaume de Flavy, dit-il, s’est montré moins préoccupé de sauver Jeanne d’Arc que de garder la ville. Or la Pucelle était d’assez grande importance pour que tout fût à risquer, même Compiègne, afin de la sauver, et une sortie énergique de la garnison aurait suffi peut-être pour dégager le pont, ne fût-ce qu’un seul moment et donner à la Pucelle le temps de rentrer dans la place. Ainsi elle fut victime sinon de la trahison, au moins d’un abandon inspiré par le plus aveugle égoïsme 1 . »
Deux objections cependant ont été faites : l’une consiste à dire que Guillaume de Flavy n’a pu faire tirer sur les Anglais, lorsque ces derniers ont envahi les abords du boulevard, sans risquer d’atteindre en même temps les soldats de Jeanne d’Arc qui prenaient part à la lutte.
Cette objection est absolument sans valeur à nos