‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 28 sur 172 · TRAITÉ HONTEUX DE TROYES (21 MAI I · texte numérisé non relu

TRAITÉ HONTEUX DE TROYES (21 MAI I

Cette période de quatre années vit encore s’accomplir des évènements de la plus haute gravité. Le io septembre 1419, à l’instigation du nouveau dauphin, ou, à tout le moins, de son entourage, se consommait, sur le pont deMontereau, l’assassinat du duc de Bourgogne, et tout Paris se levait, jurant de poursuivre la vengeance et réparation contre les coupables de cette mort homicide. » Philippe le Bon son fils, qui lui succéda, se tourna alors vers les Anglais, et fit cause commune avec eux. A partir de ce moment, Anglais et Bourguignons ne vont plus faire qu’un seul et même parti ; et, ce qui est lamentable à dire, la reine Isabeau de Bavière, reniant son propre fils Charles, et stipulant cc rentes et revenues à elle convenables », faisait adhérer son malheureux époux en démence, au honteux traité qui fut signé sous les voûtes de la Cathédrale de

quand il leur semblait qu’il y avait danger de les laisser à l’hôtel de ville. C’est ainsi qu’ils agirent au lendemain de la néfaste bataille de Saint-Quentin, en 1 557, alors qu’ils s’attendaient à être assiégés eux-mêmes par les Impériaux et les Espagnols. On trouve, en effet, l’article ci-après, dans le registre de « despence faicte en l’année V e cinquante-sept et autres années suivans, en frais, pour le revers de la guerre advenu au pays de Vermendois, prinse des villes de Saint- Quentin, Chaulny, Ham, Le Castelet et Noion et autrement....

« A Jacques Alart, greffier de la dicte ville, pour retirer et envoyer par la rivière, en lieu de seur accès , les Chartres, tiltres comptes, cartulaires et autres enseignemens de la dicte ville, estans en l’hostel d’icelle ville, après la journée saint Laurens 1557, suyvant l’advis de plusieurs habitans de la dicte ville, a esté rendue et remboursée la somme de onze livres, dix-huit sols, huit deniers tournois par parties de frais ».

Quel était ce lieu de sûr accès, par la rivière ? On ne le dit pas.

V. Compiègne à Vépoque de la bataille de Saint-Quentin , par le Comte de Marsy, p. 8 .

54 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.

Troyes le 21 mai 1420, et dans lequel il était convenu, qu’ après la mort de Charles VI, a les couronne et royaume de France, avec tous leurs droits et appartenances demeureraient et seroient perpétuellement au Roy (d’Angleterre) Henry et à ses hoirs ; » ajoutant, entre autres choses :

i° Que Henry « labourera à son povoir et le plus tost « que faire se pourra prouffïtablement, à mettre en « obéissance toutes et chascunes villes citez, chasteaulx, « lieux, pays, et personnes dedans le royaulme, déso- « beissans au roy et rebelles, tenans la partie vulgai- « rement appelée du Daulphin et d’Armignac. »

2 ° Qu’à raison « des horribles crimes et délitz perce pétrez audit royaume de France par Charles, soy- « disant Daulphin de Viennois », le roy Henry et le duc de Bourgogne « ne traicteront aucunement de « paix ne de concorde avecques ledit Charles 1 . »

En exécution de ce traité, des mandements royaux revêtus de la signature inconsciente du roi, furent expédiés le 22 juillet 1420, dans toutes les villes importantes, pour leur recommander de reconnaître Henry roi d’Angleterre comme gouverneur et regent du Royaume, et de lui obéir comme Roi de France aussitôt le trépas de Charles VI.

Tout d’abord, un certain nombre de villes, n’opposèrent aucune résistance, ou furent obligées de se soumettre ; Amiens, Abbeville, Saint-Riquier, Montreuilsur-Mer, Boulogne, Meaux, Crépy et Pierrefonds furent du nombre. Compïègne ne pouvait se flatter d’é-

1 Monstrelet, T. III, p. 393.

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