DÉMOLITION DU CHATEAU DU MEUX
avec les huit hommes de guerre : Tassin de Pronnay ; Guillaume de Montigny; Jehan Paillavoine; Jehan Patin ; Josset Bloquel ; Jehan Paiebien ; Serrin Guebin et Pierre Baillet. Tous partirent le 3 o juillet 1423, et, quand il les vit, Falstolf se montra satisfait ; puis le mardi suivant, 3 août, il leur donna congé, déclarant qu’il « les tenoit paisibles , ainsi que la Ville de non plus envoïer au dit siège ». Lancelot de Francières et ses compagnons rentrèrent donc pour la seconde fois à Compiègne et touchèrent XII liv. XVI sols parisis pour leur frais d’expédition.
Les gouverneurs de la Ville durent être quelque peu surpris de ce prompt retour, car trois jours auparavant, ils avaient dépêché d’urgence, auprès de Lancelot de Francières, une messagère nommée Simonette Reusse, pour l'informer que, d’après une lettre du bailli de Vermandois à Noyon, « les adversaires du Roy estaient en grant nombre assemblés sur les champs vers Reims, en intention de lever le dit siège et d’avoir aucunes bonnes villes ou forteresses, afin qu’on y pourvus 1 . »
Ce n’était pas sans raison du reste, que les habitants de Compiègne s’étaient peu souciés de dégarnir leur ville des ouvriers qu’elle possédait. Chaque jour, en effet, ces derniers étaient appelés au dehors. Ainsi, notamment, au mois de mars 1422 (1423), les lieute-
1 ( Archiv . de Compiègne , CC. 10 , f°45 v°.)
On trouve souvent dans les comptes de la ville des mentions relatives aux indemnités de voyages payées à des femmes qu’on employait alors comme messagères de pied, pour porter des lettres écrites par les gouverneurs de la ville. Ce n’est pas un des côtés les moins curieux des pratiques de cette époque.
j6 LA PRISE DK JEANNE d'aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
nants clu bailli de Senlis et du capitaine de Compïègne, avaient requis, au nom du roi, l'envoi d'un grand nombre de maçons, charpentiers, couvreurs, forgerons et autres manouvriers, pour travailler à la démolition du château du Meux*.
Ces allées et venues de partie de la garnison avaient pour effet de diminuer la surveillance à l'intérieur et d'exposer ainsi la place à de nouvelles surprises. C'est ce qui arriva le 3 o novembre 1423, jour de la Saint-André. Une troupe d'environ 400 hommes, commandée par Yvon du Puys, Gaultier de Broussart, La Hire*, Angerot de Laux, et autres
1 Le village du Meux est situé à onze kilomètres de Compïègne, sur la ligne de Compïègne à Creil.
« Pale par la main d’Andrieu Le Boucher, Tun des gouverneurs, pour plusieurs ouvriers, comme massons, charpentiers, couvreurs, fèvres ( forgerons , et aultres manouvriers qui furent contrainsparleslieutenansde Mons.le Bailli et de Mons. leCappitaine de Compïègne ou mois de mars mil 1111 e XXII, par vertu du mandement du roi sur ce donné à eux, pour aler abatreetdesmolir le chastel du Meux ; auxquelles sommes paiez les diz gouverneurs furent consentans pour la partie de la dite ville des frais et despens nécessités pour la desmolition de la dite place, ausquelz frais contribuèrent tous les villaiges d’entour la dite place du Meux, dont pour la portion de la dite ville fut paié ce qui s’ensuilt : c’est assavoir :XLVIII sols parisis en argent compté ; en pain XVIII sols, III doubles; en harengs XVI sols: en chandelles XX deniers; tout ce païé et baillié par Jehan Vairon, sergent exécuteur du contenu ès dites lectres royaux, par la commission des ditz lieutenans. »
( Archiv . de Compïègne , CC. 10, f° 46, v°.)
2 Étienne de Vignolles dit La Hire, fut un des capitaines les plus dévoués à Jeanne d’Arc. Né vers i 3 qo, au château de Vignoles, en Bigorre (arrondissement de Saint-Gaudens), il mourut à Montauban le 11 janvier 1443, douze ans après Phéroine ; il avait été bailli du Vernandois. « C’était, dit le