ÉTAT DE COMPÏÈGNE EN
Voici comment Dom Gillesson s’exprime :
« De ce qui s’est passé à Compïègne depuis le retour
de Paris du Capitaine de Harleu , le 3 septembre 1425 , jusqu’en 1426.
« Le lundi troisième du mois de septembre 1425, Raoul de Harleu, capitaine de Compïègne, retourna de Paris, où il était allé pour se délivrer de plusieurs difficultés touchant la capitainerie de laquelle il avait été pourvu. Comme la ville de Compiègne passoit tantôt en une main, tantôt en une autre, je veux dire qu’elle étoit au Roy, puis à l’Anglois, ors au Dauphin ou Bourguignon, il ne faut pas s’émerveiller si elle a tant de sortes de capitaines ; de plus, les grands seigneurs se disoient volontiers capitaines pour ces
dans un manuscrit qui existe à la Bibliothèque nationale ( Fonds Compiègne , n° 7 5 ). Ce manuscrit se compose de cinq volumes in-folio, dont malheureusement récriture est pour ainsi dire illisible. « L’histoire de Compiègne est là toute faite, les matériaux sont réunis, classés, traduits et quelquefois même expliqués, dit M. Hipp. Cocheris [Notes et extraits des documents relatifs à Vhistoire de Picardie , T. I, p. 5 oi) ; il ne manque plus que la forme, et la forme une fois donnée, l’histoire de la ville de Compiègne sera, nous en sommes certains, une des monographies historiques les plus intéressantes et les plus estimées. »
La bibliothèque de la ville de Compiègne possède une copie manuscrite plus ou moins complète de ces cinq volumes ; mais la difficulté de déchiffrer l’écriture de l’auteur a fait qu’il s’y trouve plus d’un passage de tronqué. Au surplus, le copiste ne s’est pas fait d’illusion à cet égard, car, à la fin du tome I er , à la page 218, il a écrit les lignes suivantes : « Aiés, pauvre lecteur, autant de patience à lire que j’en ai eu à transcrire. » Et l’auteur de B Histoire de Fart par les monuments , Seroux d’Agincourt, a ajouté de sa propre main : « Il en faut beaucoup : 1777. »
86 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
considérations, établissant des lieutenants pour la leur garder, et la défiance, mère de sûreté,' fesoit que Ton changeoit aussi souvent de capitaine.
« Quoiqu'il en soit, au retour du capitaine de Harleu, les attournés, entendant qu'il étoit de rechef confirmé en sa charge, pour lui témoigner qu’ils prenoient part à sa joie, le voulurent régaler le soir à souper, et, pour ce, Thomas Legras, tavernier, reçut commandement d'apprêter à souper pour le susdit Capitaine et Baudon de la Fontaine, son lieutenant, Guy Sarrazin, Espère de Brimeu, les attournés et plusieurs autres, dont la dépense monta à trente-six sols parisis , somme extrêmement modique pour tant de monde 4 .
« Le mardi 4 du même mois, le sieur Raoul fît assembler les plus notables : Jean Demy et Jean Filleul, attournés ; Regnaut du Rû, lieutenant ; Pierre d’Ailly, Andrieu Le Boucher, Roger Duval, Gilles Voisin, Jean Thibaut, Guy Sarrazin, Tassart Ramel, Pierre Champion, Godefroy Vauganap, auxquels il a déclaré et fait entendre que le régent lui avoit baillé la capitainerie de Compiègne et commandé de ne laisser entrer aucuns gens d'armes, et que, pour M r de L'Isle- Adam, il étoit déchargé de la dite capitainerie et que le régent lui avoit aussi dit : il est vraisemblable que chacun tâchoit de tirer quelque chose en se démettant de l’office.
« Le mardi dix-huit du mois de décembre, l’on
1 Ainsi que nous l’avons déjà dit, le sol parisis représentait alors, comme valeur, environ deux francs de notre monnaie.