PRÉVÔTÉ DE L’EXEMPTION DE PIERREFONDS
une petite escouade pour garder le château de Choisysur-Aisne ( Choisy-au-BacJ , que son capitaine avait momentanément abandonné.
Mais, au milieu de toutes ces préoccupations, on se gardait bien d'oublier les égards dûs aux personnes de qualité qui venaient dans la ville ou dans les environs. Tantôt, c’étaient de beaux poissons qu'on offrait au sire Aubert de Sorel, à sa femme et au président Simon de Champluisant, dont nous avons déjà parlé et qui était le père de cette dernière 1 . Tantôt c’étaient des chapons et du vin qu’on présentait au bailli de Senlis, au chancelier de France Régnault de Chartres, et au duc de Luxembourg, de passage à Pont- Sainte-Maxence, et ainsi de suite ; on n’oubliait personne.
Il est vrai qu’à titre de dédommagement, on demandait au duc de Bourgogne le maintien à Compiègne de la Prévôté de l’Exemption de Pierrefonds, encore bien que la Châtellenie de Pierrefonds fût en la main du
1 Extrait des comptes de la ville de Compiègne :
« A Jehan de Raulier, poissonnier, pour un bar à lui acheté' le vi c jour de juillet 1111 e xxmi et présenté pour l’onneur de la dite ville a Mons Aubert de Sorel, chevalier et à Madame sa femme, fille de Mons maistre Simon de Champluisant, qui le dit jour arrivèrent à Compiègne... XII s.p.
« A Jehan de Louvier, poissonnier d’eau douce pour lui et Jehan Bouthery, marchand de poisson de mer, la somme de xv sols parisis à eux deüz; cest assavoir au dit de Louvier pour deux barbeaux à lui achettés xn sois parisis et au dit Bouthery pour un poisson de mer, ni sols parisis présentez pour l’onneur de la dite ville le xx e jour de septembre 1111 e xxv à Mons. maistre Simon de Champluisant, président au Parlement.
(Archives de Compiègne , CC 1 1, f® 5 o.)
roi *. Et pour appuyer cette requête, on sollicitait l'adhésion des villes de la Prévôté.
Un jour, le bruit courut à Paris que le capitaine de Compïègne venait de mourir. Aussitôt Bedford de demander si la nouvelle était exacte, et d'exiger une réponse avant le 2 juillet 1429. On était loin alors d’avoir le télégraphe à sa disposition. Les gouverneurs de la ville s'empressèrent de lui écrire qu'il n’en était rien, et que le capitaine se portait à merveille ; ils profitèrent même de l'occasion pour ajouter que « tous les habitans de Compïègne, unis ensemble, avoient bonne volonté de garder la ville pour le Roy leur seigneur et pour luy » ; le messager présenta ces lettres au régent « qui en fut très content et en rescript aux gouverneurs * ».
1 Quand le duché de Valois fut donné en apanage au duc d’Orléans, plusieurs des églises de ce duché, qui étaient de fondation royale, refusèrent de se soumettre à la nouvelle seigneurie. Le roi alors les en exempta, et créa, notamment en la châtellenie de Pierrefonds, la plus importante du duché, une prévôté spéciale dont le siège fut à Compïègne. Cette ville, du reste, possédait, au xiv" siècle, une foule de juridictions dont le poète Eustache Deschamps, qui fut bailli de Senlis, fait la critique dans les vers suivants :
« Comment pourroit-il avoir la paix A Compiengne ! je ne scay;
Car dix parres il y a de plays Infinis, que je vous diray :
Les plaiz du bailly, puis verray.
Aux plaiz de prévosté forains,
L’exempcion de Compiengne. »
Toutes les démarches faites à Poccasion de cette prévôté de V exemption, sont consignées dans le registre des comptes des années 1426 à 1429. {Archives de Compiègne , CC. 12 )
2 Archiv. de Compiègne , CC i3, f° 242 v°.