SITUATION DE LA FRANCE AU XIV* SIÈCLE
de Bretagne (i 352 ) et la néfaste bataille de Poitiers où le roi Jean le Bon perdit lui-même la liberté. Puis survinrent le soulèvement des Parisiens ayant à leur tête Étienne Marcel (i 356) ; — la Jacquerie (i358); — l’élan patriotique du Grand-Ferré 1 , qui habitait Rivecourt, non loin de Compiègne (i 359) S traité de Brétigny qui nous fit perdre nos plus belles provinces (i36o); — les exploits de Duguesclin qui rendirent à la France la plus grande partie de ce que les Anglais lui avaient arraché (i 367 à i368); — et enfin la mort du roi Charles V (i38o).
Ce prince laissait deux fils, Charles et Louis. L’aîné, Charles, n’avait pas encore douze ans. Or, comme la majorité desrois avait été fixée par Charles V lui-même à quatorze ans, il fallait attendre au moins jusqu’en i 382 . A côté de ces deux enfants, se groupaient leurs oncles, Louis, roi de Sicile et d’Anjou, Jean, duc de Berry et Philippe, duc de Bourgogne, tous trois frères du feu roi, et le duc de Bourbon, son beau-frère.
crainte aux mutins, ne les arrêta que pour un temps et ne les apaisa pas. » (T. II, édition 1713, p. 507.)
D’après l’historien Robert Gaguin il s’appelait Simon Poillet (ou Pouillet) ; suivant Cambry au contraire, c’était un nommé Poullete qui n’aurait été autre qu’un émissaire d’Édouard III et que les Compiégnois auraient immolé. (Description du département de l’Oise, T. I, p. 326.)
Au surplus le nom de Pouillet était très répandu à Compiègne. On trouve notamment en 1 3 36 et 1413 deux attournés s’appelant également Simon Pouillet.
1 V. dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de France , ann. 1 875 , p. 149,1a notice sur Guillaume l’ Aloue, par M. Siméon Luce, et celle publiée par M. Jules Troubat, bibliothécaire du Palais de Compiègne, surle Grand-Ferré. (Compiègne, juin 1886.)
Les trois premiers « très inégaux en talents et en force, étaient tous ambitieux et jaloux ; l’aîné, le duc d'Anjou, actif, despotique et obstiné, aspirait à dominer en France pour faire servir l’influence française à la conquête du royaume de Naples, objet de son ambition; le duc de Berry était un prince médiocre, remuant, dépensier et avide ; le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, le plus capable et le plus puissant des trois, avait été le favori d'abord de son père le roi Jean, puis de son frère Charles V qui avait confiance en lui et prenait volontiers ses conseils 1 2 ». Quant au duc de Bourbon son titre d’oncle maternel le rejetait au second plan.
Un grand et notable Conseil fut tenu à l'effet de savoir comment la France serait gouvernée jusqu'à la majorité du roi. Le duc d’Anjou en sa qualité d’aîné devint Régent, et la garde du jeune prince fut confiée, conformément à la volonté de Charles V, au duc de Bourgogne et au duc de Bourbon * . De plus il fut décidé que Charles VI serait immédiatement couronné à Reims 3 .
1 Guizot. L'histoire de France racontée à mes petits enfants. T. II, p. 210.
2 Michelet, Histoire de France , Édition Lacroix et C ie , T. IV, p. 9.
3 Le sacre eut lieu après la Toussaint. « En cel an mil trois cens quatre-vingt, dit un chroniqueur du temps, à ung jour de dimanche après la Toussaint (suivant Juvénal des Ursins, c’était le dimanche avant la même fête), fust le noble jeune roy de France nommé Charles, filz du roy Charles de France, sacré, enoint et couronné à Rains à très grant et très haulte solennité, très haultement et très noblement accompagné des ducs ses oncles et des plus hauts et nobles barons de France.