‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 50 sur 172 · COMPIÈGNË SE SOUMET A CHARLES VII · texte numérisé non relu

COMPIÈGNË SE SOUMET A CHARLES VII

où l’on délibéra immédiatement pour la forme, la majorité se prononça en faveur de la soumission. On élut alors une nouvelle ambassade chargée d’aller, avec Guillaume de Flavy, que les habitants venaient de nommer capitaine, porter l’obéissance de la ville au roi Charles VII. Cette ambassade, dont le religieux Morel et plusieurs bourgeois , entre autres Guy Compère et Berteaut de Stanfort, faisaient partie, quitta Compïègne de grand matin; mais elle ne pût aller au delà de Verberié, parce que les routes étaient barrées par les deux armées du roi et de Bedford, encore en présence l’une de l'autre dans les environs de Senlis, et que le roi lui-même s’y trouvait. Les envoyés se contentèrent donc de charger Guillaume de Flavy, qui les accompagnait à nouveau, de présenter toutes leurs excuses au roi, et ils s’en retournèrent à Compïègne *.

Comme on vient de le voir, ces négociations s’étaient suivies en dehors des officiers de la garnison, ce qui ne prouve guère la sagacité de ces derniers. Ce furent les bourgeois de la ville qui, d’accord avec les attournés , convinrent d’ouvrir les portes eux-mêmes à la troupe de Charles VII, quand elle se présenterait. C’est en

1 « Le xiiii® jour du mois d’aoust mil im c xxix, maistre Pierre Morel, maistre Lorens Conne, Godeffroy de Vauganap et Jehan Chambet, se partirent par l’ordonnance des habitans de la dicte ville pour porter l’obéissance de la dicte ville au Roy N. S. et alèrent jusques à Verberie, et ne peurent passer plus avant pour ce que les deux ostz des parties estoient l’un devant l’autre, emprès Senlis, et y estoit le Roy en personne, et pour ce retournèrent le mardi ensuivant, une heure après midi, et rapportèrent ce que dit est et que ilz avoient chargié Guillaume de Flavy de les excuser devers le Roy. » ( Archiv . de Compiègne,ÇC. 1 3, f°25o.)

I 16 LA PRISE DE JEANNE d'aRC DEVANT COMPÏÈGNE.

effet ce qui eut lieu, et la manœuvre fut si habilement exécutée, que l’avant-garde était déjà au cœur de la place quand la garnison put s'en apercevoir. Toute résistance devenait donc superflue.

Ainsi prit fin, pour les Compiégnois, la domination anglaise sous laquelle ils avaient courbé la tête pendant si longtemps.

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