‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 58 sur 172 · REPRISE DES HOSTILITÉS PAR LE DUC DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

REPRISE DES HOSTILITÉS PAR LE DUC DE BOURGOGNE

rien pour assurer la défense de la ville, et, pendant que les attournés adressaient force lettres aux contribuables pour les inviter à verser ce qu’ils pouvaient devoir sur les tailles, et qu’au mois d’octobre 1429 on en levait une nouvelle de 260 livres, il faisait remettre en état toutes les fortifications, notamment la porte de Pierrefonds 1 . On reconsolidait entièrement le gros canon de la ville ; on fondait des couleuvrines ; on faisait des approvisionnements de vivres, d’armes, de munitions, et l'on réparait la maison de ville qui, elle aussi, avait souffert à la dernière attaque 2 .

Cependant, ainsi que nous l’avons dit plus haut, le duc de Bourgogne avait repris les hostilités. Quittant Arras où venait d’avoir lieu, les 20 février 1429 3 et jours suivants, un tournoi entre cinq Bourguignons et cinq Français, parmi lesquels figurait Poton de Xaintrailles*, il se dirigea sur Péronne où il séjourna

1 Archiv. de Compiègne , CC. i 3 , f° 188.

2 Archiv. de Compiègne, CC. i 3 .

3 ,1430, d’après le comput actuel. On sait qu’au xv« siècle l’année ne commençait qu’à Pâques. Or, Pâques, en 1429, tombait le 27 mars.

4 Monstrclet, T. IV, p. 376.

« Cinq chevaliers du roi de France, dit M. Le Brun de Charmettes, vinrent à Arras à la faveur des trêves, demander au duc de Bourgogne l’honneur de combattre en sa présence cinq chevaliers de son obéissance. Le célèbre Poton de Xaintrailles et Théaulde de Valpergue, chevalier lombard, qui combattait depuis longtemps sous l’étendard des lis, et qui s’était surtout fait remarquer pendant le siège d’Orléans, brillaient entre les chevaliers de France ; leurs compagnons étaient Philibert d’Abrecy, Guillaume de Ber, et l’Estendart de Nully. Le duc de Bourgogne accueillit leur demande. Il leur désigna pour adversaire le chevalier Simon de Lalain, si fameux dans les chroni-

l 5 o LA PRISE DE JEANNE d'aRC DEVANT COMPÏÈGNE.

pendant les fêtes de Pâques, puis il se rendit à Montdidier et de là à Gournay-sur-Aronde dont le château appartenait au comte de Clermont son bsau-frère, ce qui ne l’empêcha pas de sommer Tristan de Maignelay, qui en avait la garde, d’avoir à le lui livrer. Ce capitaine, voyant que toute résistance serait inutile, convint alors avec le duc de Bourgogne que cette forteresse serait remise entre les mains de ce dernier au premier août suivant, si d’ici-là, « il n’estoit combattu du roi Charles ou de ceulx de sonparty... Et avec ce promist que durant le temps dessus dit, lui ni les siens ne feraient quelque guerre à ceulx tenant le parti du dit duc*».

Peu de temps après (i er mai i43o), le même duc entrait à Noyon avec une troupe nombreuse que commandaient Jean de Luxembourg, le comte de Suffolk et le comte d’Arondel. C’est après avoir séjourné dans cette ville toute une semaine qu’il se décida à assiéger Choisy-sur- Aisne, dont Guillaume de Flavy avait confié la défense à -Louis de Flavy son frère. Il laissa pour garder les faubourgs de Noyon 2 , Hector de Saveuses

ques flamandes et bourguignonnes, le seigneur de Charny, Jean de Vaulde, Nicole de Menton et Philibert de Menton. »

(Hist. de Jeanne d’Arc , T. III, p. 87.)

1 Monstrelet, T. IV, p. 379.

2 I..a ville de Noyon tenait toujours pour le duc de Bourgogne. — Le 19 décembre 1432: « Assemblée générale des habitants de Noyon, à laquelle assistent les jurés et les gens d’église, décidant de mettre la ville soiis la protection du comte de Luxembourg, partisan du duc de Bourgogne, qui s’engageait à la préserver de tout trouble. » ( Ephémérides du Noj'onnais , par Emile Coët.)

Page 1