COMMENCEMENT DU SIÈGE DE COMPÏÈGNE EN
de Jehan Fère dit Trop tost marié ; la tour de Sorel et les deux tours de la Porte-Paris ou Parisine.
Plus loin, entre cette porte et. la rivière, la tour Coquelet ou Mahieu des Prés , et celle derrière le Béguinage.
D'après M. Lambert de Ballyhier (T. I, p. 107), il résulte de documents authentiques, et particulièrement d’un procès-verbal, de toisé au dedans des murailles de Compiègne fait en 1430, que le rempart présentait alors un développement de treize cent trente-quatre toises deux tiers (2601™ 32), et que la ville occupait un emplacement de cent cinquante - sept arpents et demi de Paris (53 hectares 1/2).
Dans de telles conditions, à moins de trahison ou de surprise, ainsi que cela s'était déjà produit plus d’une fois, la place n’était pas facile à prendre.
Le duc de Bourgogne et les Anglais qui s’étaient joints à lui ne se le dissimulaient pas. Aussi se disposèrent-ils à faire un siège dans les règles.
Ne pouvant investir entièrement la ville, ils cherchèrent tout d’abord à s’assurer de la rive droite de l’Oise. A cet effet, le duc de Bourgogne partagea son armée qui, présentait un effectif d’environ cinq à six mille hommes, en trois groupes.
Le premier, composé de Bourguignons et de Flamands, commandés par Jean de Luxembourg, comte de Ligny, prit position à Clairoix, village pittoresque adossé au versant occidental du Mont-Ganelon, et arrosé par 1 ’Aronde qui, après l’avoir divisé en deux sections, se jette dans l’Oise à l’endroit où se trouvait,
en 1430, un moulin à tan\ c’est aujourd'hui la propriété Pluchart 1 * .
Clairoix est à quatre kilomètres de Compïègne ; on retrouve encore, près du moulin de M. Bienaimé, l’enceinte de l’ancien château où s’installa le duc de Luxembourg.
Le second groupe, formé surtout de Picards ayant à leur tête Baudot de Noyelles, maréchal de l’armée, gagna Margny, distant de Compïègne d’un kilomètre seulement. Nous avons déjà eu occasion de parler du château qui y existait jadis, et sur le terrain duquel se trouve actuellement une brasserie *.
Quant au troisième groupe, formé exclusivement d’Anglais ayant pour chef le sire de Montgommery, il logea à Venette, une des plus anciennes localités du Beauvaisis, à deux kilomètres de Compiègne, sur la route de Clermont (Oise) 3 .
1 Cet endroit s’appelle toujours le Moulin-à-Tan.
î V. supra , p. 78.
Le faubourg dénommé aujourd’hui le Petit-Margny n’existait pas alors, et, au xv e siècle, Margny n’était séparé de Compiègne que par de vastes prairies, dont une grande partie appartenait à la ville, qui les affermait :
« Reçeu de Jehan Langelé, pour les prés de la ditte ville, qu’il prînt à ferme pour l’an 1 1 1 i c vingt-neuf, parmi ( moyennant ) la somme de xxxvi 1. p.
a Les diz prés pour l’an mil 1111 e trente furent de nul proffit pour le fait du siège qui fut ou dit an devant Compiengne, depuys le moys de may jusque vers la Toussaint.
« Les diz prés pour l’an mil quatre cens trente ung, furent donnez à Guillaume de Flavy, cappitaine de Compiengne. »
(Archiv. de Compiègne , CC. i 3 , f°” 5 et 6.)
3 Venette, dont l’élégant clocher frappe la vue quand on arrive de Paris, eut à subir aussi de bien rudes épreuves, c Le