‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 63 sur 172 · CAMPEMENT DES ANGLO-BOURGUIGNONS · texte numérisé non relu

CAMPEMENT DES ANGLO-BOURGUIGNONS

Il occupa les vastes bâtiments qui composaient la cense de l’abbaye de Saint-Corneille, bâtiments dont on retrouve encore quelques restes dans les deux fermes qui avoisinent l’église ; une forte muraille, l’encorbellement d’une échauguette *, quelques fenêtres ogivales et de remarquables berceaux de caves ont seuls échappé à l’action du temps.

Ce fractionnement de l’armée assiégeante en trois corps distincts, avait pour effet de la rendre maîtresse des routes conduisant dans le Nord, dans la Picardie et dans le Beauvaisis, et d’empêcher ainsi toute communication de la ville avec la rive droite. En même temps, il permettait à chacun des groupes de se porter au secours des autres, à la moindre alerte ; c’est ce qui arriva.

Quant au duc de Bourgogne, il avait pris pour quartier général, à six kilomètres de Compïègne, le

Palais et le village élevé sous la protection de Charles-le- Simple, furent, écrit M. Graves, entièrement détruits par les Normands. Charles-le-Simple fit rétablir l’église avec douze maisons. Venette fut brûlé de nouveau par les Navarrois, en 1 3 58 ; il fut encore incendié, avec Margny et Royallieu, pendant le siège de Compiègne de l’année 1430. Ce désastre s’est reproduit au commencement du siècle actuel. Le vingt-neuf mars 1814, l’armée prussienne, assiégeant Compiègne, mit le feu dans onze endroits à la fois du village de Venette. Cent soixante maisons furent brûlées ; le dommage fut évalué à deux cent quatre-vingt mille francs. Le roi Louis XVIII accorda, dès le mois de mai, le bois nécessaire pour reconstruire les habitations, à prendre dans les futaies des Rossignols , foret de Compiègne. »

(Précis statistique du Canton de Compiègne . i 85 o, p. 171).

1 Petite guérite placée soit au sommet des tours, soit sur les courtines, principalement aux angles.

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I ~o LA PRISE DE JEANNE D'ARC DEVANT COMPÏÈGNE.

château de Coudun dont la motte et les fossés existent toujours, quoique bien amoindris.

De cette façon, il pouvait facilement se tenir au courant des opérations de son armée, et au besoin prendre part à l’action. De plus, il se trouvait ainsi sur la route de Flandre, ce qui lui permettait, le cas échéant, de se rendre dans ce pays, sans redouter le moindre obstacle. Auprès de lui, se tenaient, entre autres personnages, le fameux chroniqueur Enguerran de Monstrelet ; « les seigneurs de Croy et de Créquy ; messire Hue de Lannoy ; le seigneur de Commines ; messires Jacques, David et Florimond de Brimeu, et Le Beigue de Lannoy, tous chevaliers de la Toison d’or 1 2 ».

La première préoccupation du duc de Bourgogne fut d’établir un passage sur l'Oise, afin de pouvoir attaquer la place sur la rive gauche, et, au besoin, se ménager une retraite à la suite de cette attaque ; à cet effet, il fit construire un pont de bois un peu au-dessus de la Tour des Obiers, dans l’îlot près duquel se trouve actuellement un établissement de bains froids *. Déjà, dans les premiers jours du mois de mai, au moment

1 Chronique de Jean Le Fèvre, Seigneur de Saint-Remy, T. II, p. 177.

Baudot de Noyelles n’était pas encore chevalier de la Toison d’or au siège de Compïègne. C’est seulement le 29 novembre 1433, à Dijon, que, suivant la chronique ci-dessus, (p. 285), « il reçut agréablement le Collier. »

2 « A Régnault Le Bouchier, pour lxxvi voitures, aval

de la ville, par lui faites à son barot et deux chevaux, à amener planches de la rivière dedens la halle, lesquelles planches estoient venues du pont fait par les Bourguegnons, au travers de la rivière, au desseun ( dessus ) de la tour des Osie\ »

[Archiv. de Compiègne, CC. i3, f° 94.)

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