‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 64 sur 172 · JEANNE D’ARC APPREND QUE COMPÏÈGNE EST ASSIÉGÉ · texte numérisé non relu

JEANNE D’ARC APPREND QUE COMPÏÈGNE EST ASSIÉGÉ

où son armée marchait sur Choisy, il avait fait remettre en état le pont d ’ Ourse zv.p qui avait été précédemment rompu *.

Une fois les troupes réparties dans leurs campements respectifs, les capitaines qui les commandaient tinrent un conseil de guerre, que présida le duc de Bourgogne.

Il fut convenu alors que l’attaque porterait tout d’abord sur le pont, sur le boulevard qui en formait la tête, et sur la partie de rempart qui se trouvait devant le couvent des Jacobins. Il semblait, en effet, qu’une fois maîtres de la tête du pont, les assiégeants réduiraient promptement la ville ; aussi, les ordres furent-ils donnés pour commencer au plus vite les tranchées qui devaient permettre de se rapprocher du boulevard, et d’établir, à portée de canon, une bastille qui en facilitât le bombardement. C’est au moment où l’on se disposait à exécuter ces travaux que, le 22 mai 1430, dans l’après-midi, la nouvelle du siège de Compiègne parvint à Jeanne d’Arc. Elle se trouvait .alors à Crépy où elle s’était arrêtée à son retour de Lagny, accompagnée de son frère Pierre, et d'une

1 « A Nicaise Fleury et Pierre Du Clos dit Merlin , pour un voyage par eulx fait la première, sepmaine de May mil 1111 e et xxx de Compiengne à Soissons, dire de par Mons. Le Cappitaine, et de par les goudverneurs, aux cappitaine et goudverneurs de Soissons qu’ils feussent sur leur garde, pour ce qu’il nous est venues nouvelles que les adversaires du Roy N. S. faisoient refaire le pont d'Ourquans pour y passer, lesqucles nouvelles les diz messagers dirent aux diz cappitaine et bourgeois de Soissons.... »

[Arc hiv. de Compiègne , CC. i3, f° 256 v°).

172 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏEGNE.

partie de sa maison militaire. Aussitôt, elle fit venir le capitaine Barthélemy Barrette et lui donna l’ordre à' appareiller les quatre cents hommes qu'il commandait. En vain son entourage, dans lequel se trouvait Poton le Bourguignon, que nombre d’historiens ont confondu avec Poton de Xaintrailles, lui représentat-il qu’elle ne pouvait rien faire avec aussi peu de monde contre une armée qui se composait de plusieurs milliers de combattants, et qui l’arrêterait au passage, elle ne voulut rien entendre et s’écria :

« Par mon Martin! nous sommes bien asseç; Je iray voir mes bons amys de Compiengne L »

Devant une pareille résolution, il fallait s’incliner ; on fit donc les préparatifs pour le départ ; seulement,

1 « Et combien que ses gens lui deissent que elle avoit pou gens pour passer parmi l’ost ( armée) des Bourgoignons et Englois, elle dist : Par mon Martini nous suymes asse%; je iray voir mes bons amys de Compiengne. (Quicherat. Procès de Jeanne J Arc, T. IV, p. 33 ).

Le 18 janvier 1877, M. Bottier, membre de la Société historique de Compiègne , ayant e'té nomme' pre'sident de cette société, prononça une allocution chaleureuse dans laquelle il rappela le de'vouement de Jeanne d’Arc en 1430 :

« La ville de Compiègne, dit-il, ne fera donc qu’acquitter une dette d’admiration et de reconnaissance, en élevant une statue à Jeanne d’Arc, qui l’aimait bien, cette ville. Qui pourrait en douter ? La Chronique a encore conservé ces paroles de la Vierge de Domrémy : « Je iray voir mes bons amys de Compiengne. » Voilà l’inscription qu’on devra graver, en lettres d’or, sur le piédestal du monument. »

Trois ans plus tard (10 octobre 1880), ainsi que nous l’avons déjà dit, (V. Supra , p. 1 3 ), l’administration de Compiègne faisait élever, sur la place de l’Hôtel-de-Ville, en présence de M. Sadi Carnot, alors ministre des travaux publics, une statue en bronze, à celle qui s’était sacrifiée pour la France. Cette statue, due au ciseau de M. Leroux, représente Jeanne

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