JEANNE D’ARC VOLE AU SECOURS DE COMPÏÈGNE
par prudence, on attendit la nuit pour se mettre en marche. Ce n’était pas, en effet, chose facile que de faire une semblable expédition dans un pays envahi par l’ennemi. Encore bien qu’il n’y eût que vingt-quatre kilomètres entre Crépy et Compïègne, il fallait traverser, en grande partie, la forêt par des routes qui étaient loin d’être praticables, et l’on pouvait craindre de tomber dans quelque embuscade. On ignorait d’ailleurs à Crépy quelles étaient au juste les positions des Anglo-Bourguignons, et on devait supposer qu’ils ne manqueraient pas de surveiller les abords de la forêt de Cuise (aujourd’hui forêt de Compiègne).
A minuit, Jeanne d’Arc donna le signal du départ. Pleine d’ardeur et d’une impatience fébrile, elle prit la tête de la colonne, et pendant toute la nuit la petite troupe marcha, à travers bois, évitant de prendre les chemins qui pouvaient la mettre trop à découvert. Jeanne était revêtue de son armure sur laquelle elle avait jeté une huque (sorte de manteau) en velours ou en drap cramoisi tout brodé d’or 1 . Elle montait un
d’Arc au moment où elle semble indiquer le chemin à suivre pour combattre les Anglais. Sur le piédestal on lit : je iray voir