‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 67 sur 172 · Jeanne d’Arc, p · texte numérisé non relu

Jeanne d’Arc, p

Jeanne d'arc pendant la journée du 23 mai 1430. 179

de savoir au juste ce qui s’est passé pendant cette fatale journée du 23 mai 1430, et ce que Jeanne d’Arc a pu faire depuis son arrivée à Compiègne, vers cinq heures du matin, jusqu’à la sortie qu’elle a effectuée à pareille heure du soir.

Ainsi que nous l’avons déjà dit, nous admettons volontiers qu’elle se soit arrêtée pendant quelques instants dans la maison de la rue de l’Étoile , et que de là, elle ait été entendre la messe à Saint-Jacques ; mais l’accomplissement de ce pieux devoir n’a pas exigé plus d’une heure ou deux ; il est donc certain qu’ après avoir élevé son âme à Dieu, elle a dû penser aux habitants qu’elle venait secourir ; or, se mettre en rapport avec Guillaume de Flavy, leur capitaine ; se faire indiquer les ressources dont il pouvait disposer, ainsi que les forces et les positions des ennemis ; inspecter les remparts et s’assurer que tout fonctionnait convenablement, tel a été, sans aucun doute, l’emploi de sa matinée. En outre, elle avait à se prémunir contre les manœuvres que pourraient exercer dans l’intérieur même de Compiègne, certains personnages qu’on savait hostiles à Charles VII. « La ville, en effet, dit M. de Lescure, regorgeait d’intrigants et de traîtres à l’affût d’une occasion propice à leurs sinistres desseins. » A leur tête figurait l’abbé de Saint-Corneille, Jean Dacier, qui faisait à cet égard, cause commune avec Jean de Mailly, évêque de Noyon *.

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