‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 68 sur 172 · Tous deux siégèrent dans le procès de Jeanne d’Arc · texte numérisé non relu

Tous deux siégèrent dans le procès de Jeanne d’Arc

Jean Dacier, abbé de Saint-Corneille de Compiègne, au diocèse de Soissons, licencié en droit, ex-aumônier du pape

180 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.

Quant à la troupe qui accompagnait Jeanne d’Arc, elle s'installa provisoirement dans la grande

Martin V, dépouillé de son temporel par Charles VII, mourut le 4 mai 1437, après avoir assisté au concile de Bâle comme représentant des abbés de la province rémoise. Le procèsverbal de l’interrogatoire de Jeanne d’Arc, en face de la torture , qui eut lieu le 9 mai 1431, dans la Grosse-Tour du château de Rouen, constate, en ces termes, la présence de Jean Dacier : « prœsentibus... reverendo pâtre domino abbate Sancti Cornelii de Cotnpendio. »

Jean de Mailly, nommé évêque de Noyon, en 1426, était conseiller du roi d’Angleterre. Lors du procès de Jeanne d’Arc, il assista à la séance que présida le 23 mai 1431 l’évêque Cauchon, dans une chambre du château de Rouen, voisine de la prison de la Pucelle, où cette dernière fut l’objet d’une nouvelle admonition ; il fut également présent le lendemain à l’abjuration de Jeanne. Rentré en grâce auprès de Charles VII, il devint président de la Chambre des comptes de Paris et fut entendu comme témoin dans le procès de réhabilitation en 1456; il avait alors soixante ans ; sa déposition revèle de sa part, une absence de mémoire des mieux calculées. Il déclara, en effet, n’avoir point souvenir, ni d’avoir été au procès, ni d’avoir donné son opinion. Or, était-il permis d’oublier de pareilles circonstances ? D’ailleurs, la teneur des procès-verbaux ne laisse aucun doute à cet égard. Il convint seulement qu’il avait assisté à la dernière prédication qui fut faite à Jeanne d’Arc le jour où elle devait être brûlée, mais qu’après le sermon il partit, ne voulant pas voir son supplice : « nec voluit videre cremari eamdem Johannam . »

V. Quicherat [Procès de Jeanne d'Arc , T. I, p. 399 et 429; III, p. 54), et De l’Averdy {Manuscrits de la Bibliothèque du roi , T. III, p. 1 55 ).

Jean de Mailly fut.reçu à l’épiscopat le 2 septembre 1426, et fit son entrée à Noyon le 3 i mars 1428, à dix heures du matin.

Jean Le Vasseur s’exprime ainsi sur son compte :

« Il fut grandement chéry tant pour la bonté de son esprit et sa douce conversation, que pour son extraction illustre, par Henry cinquième Roy d’Angleterre, se gérant lors pour Régent de France et pour héritier le plus apparent du royaume, à l’ex-

l’ ÉVÊQUE DE NOYON ET l’aBB É DE SAINT-CORNEILLE. 1 8 1

halle 4 . C’est là du reste que s’était déjà abritée l’escorte de Charles VII, au mois d’août 1429 2 ; mais ce qui est surprenant, c’est que les registres des Comptes de la Ville , où tout est mentionné de la façon la plus minutieuse, ne contiennent l’indication d'aucune dépense faite à ce moment, tant pour Jeanne d’Arc que pour les siens, alors qu’ils se complaisent, ainsi qu’on a déjà pu le voir pour d’autres personnages, à consigner jusqu’aux aliments les plus vulgaires qui leur

clusion (ô temps ! ô mœurs !) de monseigneur le Dauphin, à qui appartenait la Régence et Couronne après son père. Ainsi tout ordre et droit tant naturel que civil estant perverti, furent contrains les grands et nobles du Royaume, tant ecclésiastiques qu’autres, de prester serment de fidélité au susdit Henry, jurant entre autres choses qu’ils ne souffriront autre Roy ou Régent en France que luy et ses hoirs. Fidélidé que luy jura notre Prélat Jean, lorqu’il lui fist hommage le 1 7 septembre 1425 à Paris, en qualité de pair de France, de comte et évesque de Noyon, et ne sera ici obmis qu’il fut encore vice-Chancelier ou garde des sceaux du dit Roy Anglois, mais aussi qu’avec toute la France, il recogneut enfin son prince naturel Charles septième, par un nouvel hommage qu’il luy fist à Tours en 1436, le dernier jour de juillet, regrettant l’avoir premièrement fait à l’estranger. »

(Annales de V Église de Noyon , i 633 , p. 1028.)

1. Cette grande halle était située sur la place du Marché aux-Herbes , à l’endroit occupé aujourd’hui par les magasins de M. Mesnil.

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