‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 7 sur 172 · REGNE DE CHARLES VI. - FOLIE DU ROI · texte numérisé non relu

REGNE DE CHARLES VI. - FOLIE DU ROI

Trois ans plus tard, il épousait Isabeau de Bavière. Ace moment, « roi, oncles et courtisans, s’écrie Guizot, étaient loin de se douter des crimes et des hontes qui s’attacheraient en France au nom de cette princesse 1 ».

Cependant le jeune roi avait en apparence secoué la tutelle de ses oncles et s'était mis à la tête des affaires publiques. Le pays commençait à respirer, mais ce temps meilleur fut de courte durée 2 .

La tentative de meurtre du connétable Olivier de Clisson amena bientôt des événements de la plus haute gravité. On se rappelle, en effet, comment Charles VI à la poursuite du coupable Pierre de Craon qui s'était réfugié en Bretagne, ressentit, le 5 août 1 392, dans la forêt de Mans, les premières atteintes de cette épouvantable maladie dont les conséquences furent si terribles pour la France.

1 1 enfans, en l’ostel Saint-Cornille de Compïègne, envoiez à lui par Poinsonnet huissier d’armes ....

« A Jehan de Boissy lequel a plungé en la rivière d’Aize [Oise) devant le Roy, pour don fait à luy, dimanche 25 août, le Roy à Compiègne, 16 s. p.

« A trois menesterelx, qui avaient joué d’entreget despartie et des basteaus (des tours de passe passe et de gobelets) devant le Roy à Soisy (Choisy ), par ni jours.

« Chevalier, joueur de basteaux (gobelets), lequel joua devant le Roy de cousteaux et faucilles. » (Comptes de V Hôtel des rois de France aux XIV e et XV e siècles, publiés par Douëtd’Arcq, p. i 85 .)

1 L'Histoire de France racontée à mes petits enfants , T. II, p. 219.

2 Le 24 juin 1 383 , Charles VI avait reçu à Compiègne le duc de Bretagne Jean de Montfort qui avait fait sa paix avec lui, et au mois de mai 1390 il y recevait également le duc de Bar qui lui fit hommage de son duché. (Pellassy de l’Ousle. Hist. du Palais de Compiègne, p. 85 .)

« Depuis ce temps, écrit Monstrelet, commencèrent les envies et tribulations entre les seigneurs de son sang, pource que chascun d'eulx contendoit à avoir le plus grant gouvernement de son royaulme, voyant assez clèrement qu’il estoit assez content de faire et accorder ce que par iceulx lui estoit requis *. »

La France eut alors à subir tour à tour les caprices et les violences du duc de Bourgogne et du duc d’Orléans, sans compter les tentatives toujours renaissantes des rois d’Angleterre.

C'est pendant cette période de déchirements intérieurs que mourut Philippe le Hardi (1404) laissant pour successeur son fils Jean sans Peur qui devint un nouveau rival pour son cousin Louis d’Orléans.

Deux ans plus tard, le 6 juin 1406, eut lieu à Compiègne au milieu de « grandes festes et esbatemens, tant en boires et mengers, comme en danses, joustes et autres joieusetez », le mariage de Jean, duc de Touraine, second fils de Charles VI, avec Jacqueline de Bavière, fille de Guillaume comte de Hainaut 2 .

Ce mariage formait un lien de plus entre le duc

. 1 Chronique d'Enguerran de Monstrelet, publiée par L. Douët d’Arcq, T. I, p. 9.

2 V. aux pièces justificatives.

« Les dames et demoiselles, dit Juvénal des Ursins, menoient grands et eccessifs estats, et cornes merveilleuses hautes et larges, et avaient de chascun costé, au lieu de bourlées, deux grandes oreilles si larges, que, quand elles voulaient passer l’huis d’une chambre, il falloit qu’elles se tournassent de costé et se baissassent, ou elles n’eussent pu passer ; la chose desplaisoit fort aux gens de bien ». (Pellassy de l’Ousle. Hist. du Palais de Compiègne , p. 87.)

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