‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 74 sur 172 · Vie de Jeanne (T Arc, Paris, p · texte numérisé non relu

Vie de Jeanne (T Arc, Paris, p

3. Dans sa déposition lors du Procès de réhabilitation, Jean d’Aulon raconte qu’au moment de la levée du siège de Saint- Pierre-le-Moustier, il aperçut la Pucelle qui « estoit demourée très petitement accompaignée de ses gens ne d’autres. » Se ren-

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Quoiqu’il en soit, son entourage ne se rendait que trop compte du danger qu’elle courait ; aussi la pressait-il de battre en retraite. « Méte\ paine de recouvrer la ville , lui criait-on de toutes parts, ou vous et nous , suymes (sommes) perdus. »

Et elle de répondre, « très marrie » et s’animant encore davantage : Taisez-vous ! il ne tendra que à vous que il{ ne soient desconfits! Ne pences que de férir sur eulx. »

Malgré tout, cependant, il fallut se rendre à l’évidence, et Jean d’Aulon saisissant par la bride le cheval de la Pucelle, força l’intrépide guerrière à « retourner droit au pont ».

Elle comprit alors que lutte devenait impossible; mais dominée toujours par le sentiment de générosité qui était inné chez elle, elle ne voulut point, par une fuite précipitée, compromettre le sort de ses compagnons d’infortune, et, conservant encore sa même place, qui du premier rang la mettait au dernier, elle se retournait à chaque pas pour faire face à l’ennemi et protéger ainsi la retraite commune. « Passant nature de femme, dit un chroniqueur bourguignon, la Pucelle soutint grant fès (poids) et mit beaucoup de peine à sauver sa compaignie de perte,

dant alors auprès d’elle, il lui demanda « ce qu’elle faisoit ainsi seule et pourquoy elle ne se retrahioit comme les aultres. Laquelle, après ce qu’elle ot (eut) osté sa salade (casque) de dessus sa teste, luy respondit qu’elle n’estoit pas seule et que encore avoit-elle, en sa compaignie cinquante mille de ses gens et que d’ilec ne se partiroit jusqu’à ce qu’elle eust prinse la dicte ville. » Et, en effet, elle parvint à ramener ses troupes et la ville fut prise.

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