‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 76 sur 172 · JEANNE D’ARC EST RENVERSÉE DE SON CHEVAL · texte numérisé non relu

JEANNE D’ARC EST RENVERSÉE DE SON CHEVAL

En vain encore, la pauvre fille chercha-t-elle, par un suprême effort, à se dégager, une dernière fois, et à se frayer un passage au travers des rangs ennemis ; en vain enfonça-t-elle ses éperons dans les flancs de son coursier; le fier animal, harcelé et peut-être blessé par la foule, ne pût faire un seul pas 1 . D’un autre côté, la huque ou casaque rouge, toute brodée d’or que portait Jeanne d’Arc ne la désignait que trop à la fureur de ses adversaires. Aussi chacun d’eux se précipita-t-il vers elle, en lui disant : « Rendezvous à moi et baillez la foy. » — « Non, non, s’écriat-elle avec désespoir ; je ay juré et baillé ma foy à autre que à vous et je luy entendray (tiendrai) mon serement. »

C’est alors qu’un archer Picard, « redde homme ët bien aigre, aïant grant despit que une femme dont tant avoit oy parler, seroit rebouteresse de tant de vaillants hommes, comme elle avoit entrepris, la prist de coté par sa heuque de drap d’or et la tira du cheval, toutte platte à terre, qui oncques ne pot trouver à rescousse ne secours en ses gens, pour peine qu’ils y missent que elle pust estre remontée 2 . »

Cet archer était attaché à la lance 3 du bâtard de

1 . « La Pucelle, dit Lottin, eut son cheval tué sous elle : épuisée de fatigue, entourée d’ennemis qu’elle combattait encore avec courage, et enfin accablée par le nombre, elle est forcée de se rendre prisonnière de guerre. » C’est inexact, quant au cheval.

[Recherches sur la ville d'Orléans. Orléans, 1 836, T. I, p. 254.)

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