Une lance garnie se composait de six hommes
Wandonne l’un des lieutenants de Jean de Luxembourg.
Une fois tombée de cheval, c’en était fait de Jeanne d’Arc; elle devenait prisonnière. Son frère Pierre; son écuyer d’Aulon ; Poton le Bourguignon (et non Poton de Xaintrailles, comme on Ta écrit bien des fois), ainsi que quelques autres valeureux hommes de guerre, partagèrent son sort et tombèrent à leur tour entre les mains des Anglo-Bourguignons. « Ce grand évènement n’est pas un des moindres miracles de cette vie extraordinaire : Dieu qui s’était plu à la rendre si belle, si brillante de dévouement et de triomphes, lui réservait ce dénouement terrible, comme pour combler toutes ses gloires par la gloire du martyre, et pour remplir les éternels desseins de sa providence qui, après s’être servie du bras victorieux de Jeanne pour ruiner les Anglais sur les champs de "bataille, voulait encore faire servir ses malheurs et les ineffables douleurs de sa mort à les ruiner dans l’opinion du monde*. »
Aussitôt le bâtard de Wandonne accourut, s’empara d’elle et, « plus joyeux que s’il eust eu un roy entre ses mains, l’amena hastivement à Margny 2 . »
Un grand nombre d’écrivains, notamment Monstrelet (T. IV, p. 388), et après lui Quicherat (Aperçus nouveaux , p. 89), ont prétendu que Jeanne d’Arc avait