‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 85 sur 172 · Quicherat. Procès de Jeanne-d' Arc, T. IV, p · texte numérisé non relu

Quicherat. Procès de Jeanne-d' Arc, T. IV, p

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avec celui de Monstrelet et cela n’est pas impossible. Il suffit de se représenter le duc de Bourgogne opiniâtré dans son dédain pour celle qu’il avait considérée comme une folle et dont ses armes étaient venues si facilement à bout. Maintes fois il dut se défendre d’avoir eu aucun rapport avec une pareille créature, et il put le faire de très bonne foi, sans tenir compte ni d’un coup d’œil de curiosité qu'il avait jeté sur elle, ni de quelques paroles insignifiantes qu’il lui avait adressées. Monstrelet confesse n’avoir pas conservé la mémoire de ce qu’il lui dit, preuve que c’étaient des choses sans conséquence *. »

Nous ne partageons pas le même sentiment que le savant écrivain à qui nous sommes redevables de nombreuses et intéressantes publications sur Jeanne d’Arc. Nous n’admettons pas que Monstrelet, ce chroniqueur qui n’omet aucun détail sur des faits de second ordre, ait précisément manqué de mémoire à l’occasion d'une entrevue à laquelle il a eu le privilège d’assister, et dont chacun comprenait toute l'importance. Nous sommes donc convaincu, que s’il n’a pas révélé les paroles qui ont été échangées alors, c’est qu’il avait des raisons pour cela, et ces raisons, suivant nous, tiennent au langage que Jeanne d’Arc a dû certainement tenir au duc de Bourgogne lui-même.

Avec l’indépendance de son caractère, avec la grandeur de son âme, elle a dû lui rappeler la lettre qu’elle lui avait adressée le 17 juillet 1429, et dans laquelle, après l’avoir adjuré de faire avec le roi de France

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