‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 87 sur 172 · MENTION DU GREFFIER AU PARLEMENT DE PARIS · texte numérisé non relu

MENTION DU GREFFIER AU PARLEMENT DE PARIS

subgez. Très chiers et bien amez, le Saint Esperit vous ait en sa sainte garde.

« E script à Codun emprès Compiengne, le xxm e jour de may.

ce Signé : Milet. »

Au dos est écrit : « A noz très chiers et bien amez les gens d’église, bourgois et habitans de Saint- Quentin en Vermendois *. »

On voit par le texte de cette lettre, que déjà à cette époque, comme de nos jours, quand on annonce une victoire, on prend grand soin de dire que les pertes de l’ennemi sont considérables, et qu’au contraire on n’en a subi soi-même que d’insignifiantes.

En même temps que cette correspondance était expédiée, le duc de Luxembourg faisait parvenir V heureuse nouvelle à Paris, par l’entremise de son frère Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne et Chancelier de France. Nous en trouvons la preuve dans la mention ci-après, que consigna sur ses registres Clément de Fauquembergue, greffier au Parlement de Paris, pendant la domination anglaise : — « Jeudi xxv* jour de ce mois (may mccccxxx) messire Loys de Lucembourg, évesque de Theroenne, Chancelier de France, reçeu lettres de messire Jehan de Lucembourg, chevalier, son frère, faisans entre autres choses mencion que, mardi derrain (cfernier) passé , à une saillie que firent les capitaines et gens d’armes de messire Charles de Valois, estans lors en la ville de Compiengne, contre les gens du duc de Bourgongne

i . Archives de Saint-Quentin.

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qui s’estoient logiez et approchiez d’icelle ville en intencion de l’assegier, les gens du dit Valois furent tellement contrains de retourner, que plusieurs d’iceulz ne eurent mie loisir de rentrer dedens la ville. Et se boutèrent les aucuns d’iceulz dedens la rivière joingnant des murs, en péril de leur vie; les autres demourèrent prisonniers dudit messire Jehan de Lucembourg et des gens du dit duc de Bourgongne qui, entre les autres, y prindrent et tiennent prisonnière la femme que les gens du dit messire Charles appelaient la Pucelle, qui avoit chevance en armes avec eulz et avoit esté présent à l’assault et desconfiture des Anglois qui tenoient les bastides devant Orléans et qui tenoient la ville de Jargueau et autres villes et forteresses 1 ».

Enfin le prétendu Bourgeois de Paris , dont nous avons déjà eu l’occasion de parler a écrit à son tour dans son Journal :

« 1430. — Le xxm e jour de may, fut prinse devant Compigne , dame Jehanne la Pucelle aux Arminals ( 'Armagnacs ), par messire Jehan de Luxembourc et ses gens, et bien mil Anglois qu’ilz venoient à Paris 2 . »

Ces documents si intéressants en eux-mêmes, et si précieux pour l’histoire, nous permettent de déterminer la vraie date de la sortie et de la prise de Jeanne d’Arc, ce sur quoi les historiens sont loin d’être d’accord.

Ainsi, tandis que Jean Chartier, le hérault Berri,

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