‹ La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne et l'histoire des sièges de la même ville sous Charles VI et Charles VII: d'après des documents inéditsChapitre 91 sur 172 · DÉPÊCHES DE L’ARCHEVÊQUE DE REIMS · texte numérisé non relu

DÉPÊCHES DE L’ARCHEVÊQUE DE REIMS

rent. A Paris, on alluma des feux de joie; les voûtes de Notre-Dame retentirent des chants du Te Deum , et « une foule de prédicateurs montèrent en chaire pour calomnier la libératrice de la France, insulter à son malheur, et provoquer contre elle toutes les vengeances ecclésiastiques et séculières 1 2 . »

A ce moment, il faut bien le dire, Paris était encore sous la domination anglaise, et de telles manifestations pouvaient s’expliquer de la part de la garnison, des courtisans et des poltrons®.

Mais où l’esprit reste confondu, c’est devant les dépêches qu’expédia, à son tour, aux habitants de Reims, Régnault de Chartres, le chancelier de Charles VII. Dans ces dépêches le fougueux archevêque, donnant un libre essor à la haine qu’il avait conçue pour celle qui, dix mois auparavant, lui avait fait sacrer le roi dans sa propre cathédrale, proclamait que si Jeanne avait été prise, c’était parce qu’elle ne voulait « croire conseil », mais « faisait tout à son plaisir... et que Dieu avoit souffert la prendre pour ce qu’el s’estoit constituée en orgueil, et pour les riches habitz qu’el avoit pris; et qu’el n’avait faict ce que Dieu luy avoit commandé; ains (mais) avoit faict sa volonté 3 . »

En présence d’un pareil langage, cc il est impossible, suivant l’expression de M. Carné, de douter de la lâche satisfaction avec laquelle fut accueillie jusque

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