Procès de Jeanne d'Arc , T. IV, p
220 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
dans le camp royal, l'annonce de la prise de l’héroïque jeune fille* ».
Il y eut cependant, hâtons-nous de le dire, des populations que cette triste nouvelle plongea dans la douleur. « La consternation fut inexprimable dans les cités que la Pucelle avait conservées et rendues à la France; à Orléans, à Tours, à Blois où Jeanne était adorée, on ordonna des prières publiques et des processions pour sa délivrance ; tout le peuple de Tours, pieds nus, tête découverte, promena dans les rues les reliques de l’apôtre des Gaules, au chant lugubre du Miserere *. »
Dans le Dauphiné trois oraisons furent dites à la messe pour cette délivrance : la première, après le Gloria , la seconde, après l’ Offertoire et la troisième, après Y Oblation; nous en donnerons, a.ux pièces justificatives le texte qui, du reste, a déjà été publié par M. Edm. Maignien dans le Bulletin de l’académie Delphinale (1867-68), et par M. G. de Braux, dans le Journal de la Société d' archéologie lorraine (Juin 1 887).
De leur côté, MM. Buchon et Quicherat ( Procès T. V, p. 104) ont reproduit une Collecte introduite dans l'Office à l’occasion de Jeanne d’Arc.
Ces sortes de prières lui furent reprochées dans son interrogatoire du 3 mars 1431. On lui demanda s’il était venu à sa connaissance que ceux de son parti eussent fait dire services, messes et oraisons en son honneur : « Je n’en sais rien répondit-elle, s’ils ont