NOMS DES CAPITAINES PENDANT LE SIÈGE
droit à un logement séparé et c’est à ce titre qu’on lui donna, à une certaine époque, la jouissance d’une des tours de la Porte-Chapelle, dont on fut obligé, pour l’y installer, de déménager la cloche qui s'y trouvait.
En plus de Barrette, venaient successivement Antoine de Chabannes ; Jean de Brie ; Jean Rolland ; Jamet du Tilloy, capitaine de Blois ; Hervé Carion ; Etienne Sannier ; Gueroize ; Alain Géron ; Alabre de Saule ; Pierre de Bailleul ; Jacques de Sence et Philippe de Gamaches, abbé de Saint Faron, à qui le roi avait confié le gouvernement temporel de l’abbaye de Saint-Corneille *. Déjà au siège de Meaux, où il avait été fait prisonnier, Philippe de Gamaches s’était signalé par son courage ; il en fut de même à Compïègne, et dès que l’heure du danger eut sonné, il n’hésita pas à laisser de côté les ornements sacerdotaux pour revêtir casque et cuirasse et se mettre à la tête d’une compagnie de guerre, afin de mieux soutenir la cause de Charles VII. On comptait également parmi les défenseurs de la ville, les deux frères du capitaine, Charles et Louis de • Flavy, le même qui s’était distingué quelques temps auparavant au siège de Choisy.
1. Cette dignité se trouve relevée dans l’article suivant: « A Révérend père en Dieu, monseigneur Philippe de Gamaches, abbé de Sainct-Faron , commis de par le Roy N. S. au goudvernement du temporel de l'Eglise de Sainct-Corneille de Compiengne, par accort fait par les diz goudverneurs avec le dit commis pour le droit que les religieux du dit Sainct Corneille dient advoir sur le denier sur le vin au proffit de la dite ville pour l’an commençant le premier jour de septembre 1 1 1 1® xxix xi 1. x s. p. »
(Archiv. de Compiègne, CC. i3, f° 40.)
230 LA PRISE DE JEANNE d’aRC DEVANT COMPÏÈGNE.
Mais, en dépit de l’excellent esprit qui animait tout à la fois la population de Compiègne et la garnison, la situation n’en était pas moins des plus critiques. Aussi, dès le 26 mai 1430, comme on l’a vu plus haut, les attournés expédièrent-ils à Jargeau, où se trouvait Charles VII, un messager de pied, nommé Gilles Crochon, assisté de deux principaux religieux du couvent des Cordeliers, à l’effet de remettre au roi des lettres dans lesquelles ils le suppliaient « qu’il les voulsist secourir à l’encontre de leurs adversaires. » Douze jours plus tard (7 juin), le messager revint et rapporta la promesse du roi d’envoyer dans un bref délai des secours à la ville et même d’y venir luimême ; mais il s’empressa de n’en rien faire.
C’était en quelque sorte au lendemain de la prise de Jeanne d’Arc que l’on correspondait ainsi avec Charles VII, et cependant, nous le répétons avec douleur, personne ne soufflait mot de ce si déplorable évènement.
A la même époque (i er juin), on dépêcha d’autres messagers à Sentis et à Crépy-en-Valois, pour solliciter de chacune de ces villes, l’envoi de « douze arbalestriers garnis d’arbalètes » et de cent livres de poudre à canon. Les habitants de Crépy s’empressèrent de répondre « qu’ilz ne pouvoient bonnement fournir ce qu’on leur demandait ». Quant à ceux de Sentis, ils offrirent 40 livres de poudre ; cela valait mieux que rien ; aussi se hâta-t-on de les prendre.
Pendant ce temps, le duc de Bourgogne, qui disposait de forces considérables, avait fait venir de