‹ La prise de la Bastille, et les conséquences de cet événement dans lesChapitre 4 sur 27 · V. Le serment des Officiers sera : «Nous jurons de · texte numérisé non relu

V. Le serment des Officiers sera : «Nous jurons de

« rester fidèles à la Nation, au Roi et à la Loi, et de « ne jamais employer ceux qui seront 4 nos ot*dres, « contre les Citoyens, si nous rCen sommes requis par « les Officiers civils ou les Officiers municipaux, »

VI. Le serment des soldats sera : « Nous jurons de « ne jamais abandonner nos Drapeaux, d^être fidèles à « la Nation, au Roi, et à la Loi, et de nous conformer « aux règles de la discipline militaire, »

Mande et ordonne Sa Majesté aux Officiers généraux et autres, ayant autorité sur ces Troupes, ainsi qu'à tous ceux qu'il appartiendra, de tenir la main à l'exécution de la présente Ordonnance.

Lettre du Roi aux Officiers et aux Soldats de son armée

Braves Guerriers, les nouvelles obligations que je vous impose, de concert avec l'Assemblée Nationale, ne vous feront sûrement aucune peine ; vos premiers devoirs sont ceux de citoyens, et ces devoirs seront toujours conformes à l'obéissance que vous me devez, I puisque je ne veux jamais employer ma puissance

I qu'à la protection des Lois et à la défense des

intérêts de la Nation. Les Officiers qui commandent mes Troupes, quoique certains de toute ma confiance, verront avec plaisir, ainsi que moi, qu'il ' n'y a aucune incertitude sur le moment où le concours de la force militaire est nécessaire au maintien de l'ordre public.

Le plus grand service que je puis attendre en cet

instant de mon Armée, c'est de se réunir avec zèle à

1^ tous les bons Citoyens, pour repousser les brigands

[ qui, non-contens de jeter le désordre dans mon

royaume, essayent de pervertir l'esprit de mes bons et fidèles Sujets, pour venir à bout de les associer à leurs violences ou à leurs perfides desseins.

L'honneur doit faire sans doute une partie essentielle de la récompense des guerriers, et tel est le sentiment que mes troupes ont toujours montré ; mais je n'ai pas moins désiré d'améliorer le sort des Soldats. J'ai commencé à le faire dès Tannée dernière, malgré la situation de mes finances, et j'espère que le rétablissement de l'ordre me fournira dans peu de temps le moyen de remplir entièrement mes vœux. Je vois avec une véritable satisfaction que tous lès Députés à l'Assemblée Nationale partagent ce sentiment.

J'ai donné ordre au Ministre de la Guerre, de s'occuper de toutes les parties de la discipline militaire, qui peuvent exiger des changemens raisonnables, et de concilier, autant qu'il est possible, le vœu des Troupes avec le bien du- service.

Je désire sincèrement de prouver aux Officiers et aux Soldats de mon' Armée, que j'attache un grand prix à leur affection ; je ne crains point de la leur demander au nom des sentimens que j'ai toujours eus pour eux, et au nom, s'il le faut, de mes Ancêtres, que les vôtres, depuis tant de siècles et au milieu de tous les dangers, n'ont jamais cessé d'environner. Comptez donc sur ma bienveillance, comme je compterai toujours sur votre fidélité. LOUIS»

Ordonnance du Roi, du i4 Aoid, portant amnistie en faveur des Soldats, Cavaliers, Hussards, Dragons et Chasseurs qui ont quitté leurs Corps sans permission, depuis le premier Juin dernier.

Sa Majesté prenant en considération les circonstances qui ont porté quelques Soldats, Cavaliers, Hussards, Dragons et Chasseurs de ses Troupes, à quitter leurs Corps sans permission, depuis le premier juin dernier. Elle veut bien les autoriser à les rejoindre, en leur assurant Tentier oubli du passé, et leur rétablissement à leur rang dans les Compagnies dont ils faisoient partie, comme s'ils ne s'en étoient pas absentés, à condition toutefois que chacun d eux y sera rentré le premier octobre de cette année :

Sa Majesté confirmant d'ailleurs toute permission qu'Elle auroit précédemment accordée, nommément à M. le Marquis de la Fayette, par sa Lettre du 21 juillet dernier, et n'entendant par la présente Ordonnance, rien changer. aux arrangemens qu'Elle auroit déjà autorisés,

Mande et ordonne Sa Majesté aux Officiers généraux et autres, ayant autorité sur ses Troupes, ainsi • qu'à tous ceux quil appartiendra de tenir la main à l'exécution de la présente Ordonnance.

Rapport du ministre des finances lu à V Assemblée

nationale, le 27 août.

,..Je dois, en rappelant les désordres multipliés dont '\ vous avez connoissance, fixer votre principale atten-

tion sur Timpôt du seh II n'y a pas un moment à perdre pour prendre à cet égard une délibération provisoire. La contrebande dans plusieurs provinces se fait à main armée, et les défenseurs des revenus du fisc, hors d'état d'y opposer une résistance suffisante, se sont la plupart dispersés. Le peuple, dans d'autres endroits, a contraint les gardiens des greniers publics^ à lui distribuer le sel au prix qu'il a fixé lui-même. Il faut s'étonner que, dans la plus grande partie du Royaume, Tordre établi par les lois n'ait pas encore été renversé ; mais chaque jour l'exemple gagne, e^ vous savez, Messieurs, ce qui vient de se passer à Versailles môme, autour de vous et sous les yeux du Roi. Il importe que vous considériez sans retard, sans aucun délai, ce qu'il convient de faire dans de pareilles circonstances, et je vais vous soumettre en abrégé les réflexions que la situation présente des affaires m'a suggérées

Séance du 27 août Discours de Bureau de Puzy,

...« Aussi voyons-nous, dans ce moment, les Lois oubliées ou méprisées ; l'autorité publique et les Tribunaux méconnus ou impuissans ; les sources qui alimentoient le Trésor National détournées ou taries; le Peuple livré aux excès de la licence qu'il prend pour la liberté ; les troupes sans frein et sans discipline, appelant leur désordre du patriotisme, mena-

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cent la Nation de la dissolution totale de l'armée. Tous les liens qui attachoient l'Etat au Prince, la Cité au Gouvernement, les Citoyens aux Citoyens, sont où relâchés, ou détendus, ou brisés. Enfin, les Représentans du Peuple François, au milieu des ruines de notre institution politique, contemplant avec étonnement l'immensité et la confusion de ses débris, n'ont point encore préparé, n'ont pas même amassé tous les matériaux qui doivent succéder à ce monceau de décombres, et la Nation, à peine échappée aux fureurs du despotisme, est menacée de périr dans les convultions de l'anarchie. »

« En crayonnant ce tableau, je n'ai pas, Messieurs, je ne puis avoir la coupable intention de répandre un jour défavorable ou douteux sur la sagesse des mesures que vous avez prises. Ce que vous avez fait, vous l'avez dû sans doute. Il est des circonstances que la prudence humaine ne sauroit prévoir, mais qu'elle doit saisir ; et quand de vieux et déplorables préjugés, qui trop long-temps firent la honte et le malheur de la France, sont venus deux-mômes s'offrir à la destruction que vous en méditiez, vous ne pouviez permettre qu'ils échappassent sans craindre de vous rendre coupables. »

« De nouveaux malheurs ont été l'effet de cette révolution à jamais mémorable ; le Peuple n'a plus mis de bornes à ses prétentions. Le souvenir de son ancienne oppression l'avoit rendu cruel et féroce ; à peine calmé, la prompte justice qu'il a obtenue de vous, et qu'il n'osoit espérer, l'exalte et le rend injuste; et le sentiment trop apprécié de ses propres forces, va peut-être le rendre séditieux. »

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