‹ La prise de la Bastille, et les conséquences de cet événement dans lesChapitre 9 sur 27 · BOURGOGNE · texte numérisé non relu

BOURGOGNE

La ville de Pont-de-Vaux , en Bourgogne, dont un projet d'embellissement avoit fait abattre les portes, prit les armes, le 10 juillet, sous la conduite dé MM. Racle, Ingénieur, et le Chevalier de Monerot de Gripière. Les avenues furent défendues par des retranchemens et des barrières garnies chacune de 12 canons de deux livres de balles. L'incendie des châteaux du Mâconnois paroissant vouloir se propager jusqu'à Pont-de-Vaux, M. Berthet arrêta les Chefs de l'ameutement, avant que le nombre des séditieux pût devenir redoutable.

On doit aussi beaucoup à la prudence de MM. Guichelet, l'un Premier Syndic, l'autre Doyen curé. Députés dans chaque village par le Comité de Pont-de- Vaux, qui a eu la satisfaction de devoir le rétablissement de la tranquillité,, bien plus encore à la persuasion qu'aux armes,

Mâcon, 28 juillet 1789.

Tous les habitants de cette ville, bourgeois, nobles, sans distinction, sont tous sous les armes et montent la garde. Les patrouilles sont nombreuses, il y en a à chaque porte avec du canon. Elle a deux mille hommes de milice bourgeoise et envoie des secours aux villages attaqués, et des détachements dans la campagne à dix lieues à la ronde, les bons citoyens se réunissent à eux. Renforcés et encouragés réciproquement, ils tombent avec avantage sur lès brigands : dernièrement ils en ont tué ou pris six cents. Parmi les prisonniers. Ton a reconnu un avocat de village, nommé Mariny, qui se vantait d'avoir six livres à dépenser par jour. Il était muni d'une planche gravée où étaient ces mots : « De par le Roi, il faut mettre le feu à tous les châteaux, « les démolir. » On a pendu quatre prisonniers, dont deux chefs de bande. Les potences étaient entourées de cent cinquante volontaires à cheval et de cent piétons. On aurait entendu voler une mouche. L'un des chefs était le boucher de Seine. Cet homme avait été déjà deux fois repris de justice, avait assommé sa première femme et étranglé sa seconde, au moment où elle était prête d'accoucher.

Nos jeunes gens d'élite, ainsi que les plus notables de la ville, ont formé un escadron de 400 chevaux*

Ils battent la campagne et crient aux paysans : « Êtes-vous nos amis, renversez vos fourches, ôtez vos chapeaux et « réunissez-vous à nous. » Sur leur refus ils les traitent en ennemis et font feu sur eux. Dans la journée d'avant-hier ils en ont beaucoup tué

et en ont emmené cinq prisonniers que le curé est venu réclamer en attestant qu'ils étaient de braves gens et qu'ils avaient été entraînés par la multitude. On les a remis en liberté. Le lendemain ils ont été repris à la tête des plus furieux et des plus acharnés à tout détruire.

La rage et la frénésie de ces paysans est inconcevable. Une bande, partie l'autre jour comme un torrent, se grossit de tous les domestiques et braconniers qu'elle trouva sur son passage, et courut ravageant tout, dévastant tout. La flamme étin celait dans les châteaux. On l'aperçut de Mâcon.

L'on cria, l'on vola au secours. Cependant, la horde acharnée sur le château d'Igé, le brûlait, le changeait en un monceau de cendres. Le motif de la fureur était le refus de jouissance d'une fontaine que le seigneur avait fait entourer d'un mur, et avoir fait entrer dans son jardin pour son plaisir. La paroisse entière était obligée d'aller chercher do l'eau à une demi-lieue et de mener boire si loin ses troupeaux et son bétail. Elle l'avait réclamé en justice et avait dépensé inutilement cinquante mille livres, ce qui l'avait ruinée. Elle et les deux paroisses voisines s'étaient donc réunies à ces brigands et étaient venues ensemble demander au seigneur et la fontaine et les frais du procès. Gomme ils ne furent point écoutés, ils détruisirent tout et se mirent en possession de l'eau qu'on leur avait usurpée. Le seigneur, suivi de son épouse et de la plus grande partie de ses gens, se sauva dans un bois voisin, où il passa la nuit au milieu de la boue et exposé à une pluie battante et orageuse. Notre détachement l'a ramené ici avec sa

famille sur une méchante brouette, traînée par des bœufs.

Sîiite de la lettre de Mâcon, en Bourgogne, du 28 juillet 4189.

Une autre troupe s'étoit rendue chez M. d'Angi, ancien maire, et le serroit de près. Ce brave citoyen étoit entouré de 20 hommes qui le tenoient par les cheveux et par les oreilles, et Taccabloient d'injures et de reproches. Les uns étoient armés de haches, de marteaux, de scies et les agitoient devant ses yeux d'un air furieux et menaçant ; d'autres avoient de longues piques et les préparoient pour recevoir sa tôte, lorsque M. de Reinzel, arrivé auprès d'eux, les prie, les conjure de dire ce qu'ils demandent. En môme temps, l'épouse du maire vient se jeter à leurs genoux, tenant dans ses mains un sac d'argent qu'elle leur présente et presse d'accepter. Ils le refusent et demandent que d'Angi abatte le pavillon chinois qu'il venoit d'élever autour de sa maison. Reinzel leur fait donner leur parole d'honneur qu'ils s'en tiendront là, et donne le premier coup de hache au pavillon. Il est détruit, tout le jardin est dévasté et l'on revient à la ville. Ils demandent l'élargissement de deux femmes de Tourneux, prisonnières à l'occasion des bleds. On le leur accorde ; ils exigent quatre prisonniers dont deux avoient été flétris par la justice, ils sont obéis et vont assiéger la maison de l'échevin ; M. Durus eut le bonheur de leur échapper, sans quoi ils l'auroient mis en pièces. La milice bourgeoise a pris le dessus et garde sa maison.

Dans ce moment même, Tourneux accourt demander de nouveaux secours. Cinquante hommes de nos

Yolonlaires à cheval partent. C'est incroyable que depuis treize jours, ces brigands ne nous laissent aucun repos, et qu'ils puissent soutenir eux-mêmes une pareille fatigue. Jour et nuit ils marchent, ils mendient, ils démolissent, ils ruinent, ils effraient, ils courent, ils épouvantent tout le monde, ils ont le diable au corps. Pour nous, nous sommes tous hérissés et épuisés de veilles et de fatigues, surtout le comité civil qui n'est composé que de douze membres et dont un tiers reste toujours vingt-quatre heures entières à l'Hôtel-de- Ville. Il est quatre heures du soir et l'on mène quatre nouveaux forcenés à la potence. Chaque instant est marqué par un nouvel événement.

Messieurs de la noblesse du Maçonnais, par M. Desbois, grand bailli, font sçavoir au public qu'ils renoncent à tous leurs terriers et droits communaux qui en dépendent,' dont acte authentique sera rédigé au Comité dans le jour.

Fait au Comité le 29 juillet 1789. Signé :

Desbois, grand bailli.

Après cet acte authentique, les gens de la campagne se sont empressés d'aller aux châteaux de leur canton. Ils ont demandé et reçu tous les papiers terriers, les ont apportés et brûlés. Quand ils n'ont plus vu que des cendres sous leurs yeux, ils ont dit, ils ont crié que ce n'étoit pas là les bons papiers, qu'on les avoit cachés ; qu'on n'avoit qu'à les apporter ou à les indiquer : les demander, menacer et fondre sur les châteaux, ce n'a été l'affaire que d'un instant. Celui de M. Pierreclaud a été ravagé, pillé et saccagé avec un acharnement inconcevable. On a brisé les meubles,

coupé, haché la vaisselle et Targenterie, déchiré en lambeaux et en mille morceaux les rideaux, les tentures ; enfin, la rage s*est portée sur les murs qu'on a entr'ouverts et renversés en plusieurs endroits. Lorsque leur fureur n*a plus trouvé d aliments sur ces débris, ils se sont répandus, comme des loups, dans les villages, sont entrés dans les églises, ont pris les vases sacrés, foulé aux pieds les saintes hosties, et de là, passant chez les curés, chez les bourgeois, ils se sont fait donner à mangeret àboire. Après s'être enivrés, ils sont descendus pôle-môle dans les caves, ont enfoncé en tombant tous les tonneaux qui s y trouvaient. Le vin a coulé à flots de toutes parts et est venu refluer jusqu'à leurs pieds ; c'est ce qu'ils vouloient. Ils couroient dedans et s'écrioient : Abreuvons-nous donc dans une mare de vin. Il n'est pas possible de vous peindre le ravage et le dégât qu'ils ont fait. Jamais on n'aurait soupçonné que des paysans eussent été capables de se porter à de tels excès. D'abord ils n'en vouloient qu'aux châteaux, maintenant ils attaquent les maisons des bourgeois, pillent et rançonnent tout le monde. Avant-hier, & Saint- Martin et aux villages circonvoisins, ils ont mis le feu aux maisons, à Saint-Laurent-lès-Mâcon, ils ont détruit un Jeu de Paume et se sont jetés ensuite sur trois maisons que l'on avait bâties sur leurs -communes, les ont démolies de fond en comble, et en ont dispersé çà et là les fondements et les décombres. A Senozan ils ont embrasé le château du seigneur, etc. Les familles de ces brigands respirent encore une plus noire et plus lâche furie. Hier, ma cuisinière et plusieurs de ses amies furent au marché pour faire

la provision : Vos maîtres, leur dit une femme de la campagne, ou plutôt une femme de ces scélérats, vos maîtres détruisent nos hommes, mais nous, femmes, à notre tour, avec notre beurre et nos fromages, nous empoisonnerons toute la ville. Ces filles n'étoufTèrent pas un monstre qui menaçoit d'un pareil crime de lèse-humanité, elles revinrent tranquillement nous le raconter, comme si c'eût été une simple injure qu'on leur eût dite. Vous sentez que la ville a dû prendre des précautions. La sentinelle qui veille à chaque porte force indistinctement tout individu quelconque qui apporte du beurre ou du fromage ou autres comestibles, d'en recevoir dans la bouche le morceau que la sentinelle elle-même choisit et lui présente, et de le manger sur-le-champ,

A toutes ces attentions, le Comité de la ville en joint beaucoup d'autres. Gomme il ne désire rien avec tant d'ardeur que de conjurer l'orage que les ennemis de la nation ont attiré sur la France en trompant notre auguste Monarque, et d'étouffer le germe de discorde et de dissension jeté avec tant d'artifice au milieu des villes et des campagnes, il a sur-le-champ pris cet arrêté qu'il a envoyé dans son arrrondissement ;

Les habitants des campagnes sont avertis que les citoyens de Mâcon sont armés pour leur donner tous les secours dont ils peuvent avoir besoin, En conséquence , toutes les paroisses sont invitées de se joindre aux compagnies de Mâcon et de travailler, conjointement avec elles, pour écarter et arrêter les brigands qui ravagent les campagnes.

Arrêté au Comité, le 28 juillet 1789.

De Beaujolais, ce 7 août 1789.

Trois ou quatre de nos petits seigneurs de ce canton se sont retranchés dans leurs châteaux, avec canons, fusils et munitions. Ils sont secondés par un tas de brigands échappés de Lyon. On en a arrêté une douzaine à Villefranche sans passe-ports. Deux jours après, lun de ces petits seigneurs est venu avec dix hommes à cheval, tous le sabre à la main, redemander leurs camarades. Ils ont entouré le palais où étoient les magistrats et où sont les prisons. Le peuple s'est assemblé et ces braves se sont hâtés de disparaître.

M. Amelot écrit d'Auxonne dans les derniers jours de juillet : « Plusieurs riches particuliers de la ville ont été rançonnés par une troupe dont la majeure partie se composait de brigands. »

Dijon, 30-31 Juillet 1789.

On me dit ici que l'intendant est enfui, et que le prince de Gondé, gouverneur de la Bourgogne, est en Allemagne; on assure positivement, et sans beaucoup de cérémonie, que s'ils revenaient dans le pays, ils seraient pendus. De pareilles idées ne prouvent pas que la milice bourgeoise ait trop d'autorité, puisqu'elle a été instituée pour prévenir le pillage et les assassinats ; elle est cependant trop faible pour maintenir la paix.

La licence et l'esprit de déprédation, dont j'ai tant entendu parler en traversant la Franche-Comté, sont parvenues jusqu'en Bourgogne, mais ils n'y rognent

pas avec autant de fureur. Il y a actuellement dans cette auberge, la Ville-de-Lyon, une personne qui malheureusement est un seigneur, avec sa femme, sa famille, trois domestiques et un enfant de quelques mois, qui échappèrent presque nus de leur château livré au flammes, au milieu de la nuit ; toutes leurs propriétés sont perdues, excepté les terres : cette famille était cependant estimée et chérie des voisins, possédait plusieurs vertus capables de captiver l'amour des pauvres , et n était coupable d'aucune oppression qui pût exciter leur malveillance.

Des actions aussi horribles doivent d'autant plus faire détester la cause, qu'ellqs sont inutiles ; le royaume aurait pu être mis dans un véritable état de liberté, sans avoir recours au fer et au feu, au pillage et à l'effusion du sang. Trois cents bourgeois montent tous les jours la garde à Dijon, mais ne sont point aux frais de la ville : ils ont six pièces de canon ; les nobles de l'endroit les ont joints, regardant cette mesure comme leur seul moyen de sûreté, — de sorte qu'il y a des chevaliers de Saint-Louis dans les rangs.

Le bruit courant aujourd'hui, auquel on ajoute beaucoup de foi, est que la reine a été convaincue d'une conspiration pour empoisonner le roi et Monsieur, donner la régence au comte d'Artois, mettre le feu à Paris et faire sauter le Palais-Royal !

Nous n'étions que trois à la table d'hôte, moi et deux seigneurs chassés de leurs châteaux, à ce que j'en pus juger par leur conversation^ mais ils n'ont tenu aucun propos susceptible de faire soupçonner qu'ils eussent été brûlés. La description qu'ils firent

de l'état de cette partie de la province d'où ils viennent, dans la route de Langres à Gray, est terrible ; le nombre de châteaux brûlés n'est pas considérable, mais il y en a trois sur cinq de pillés, et les propriétaires sont chassés de leur campagne,* heureux de ne pas perdre la vie. L'un de ces messieurs est un homme fort instruit ; il regarde tous les rangs et les droits, attachés à la noblesse, comme détruits en France, et il pense que les meneurs de l'Assemblée nationale, n'ayant point de propriétés eux-mêmes, sont déterminés à attaquer aussi les propriétés et à tenter la division des biens. Le peuple est absolument dans cette attente, mais soit que cela ait lieu ou non, il considère la France comme entièrement ruinée. Je répliquai que c'était aller trop loin, que la destruction des rangs n'impliquait pas la ruine d'un Etat. Je n'appelle ruine, répondit-il, qu'une guerre civile générale ou le démembrement de l'Empire, et à mon avis ces deux choses sont inévitables, peut-être pas cette année, ni l'année prochaine, ni celle d'ensuite, mais quelle que soit la forme du gouvernement que l'on établisse sur les fondements que Ton vient de jeter en France, elle ne pourra soutenir aucun grand choc ; une guerre heureuse ou malheureuse la détruira également. — Il parlait avec beaucoup de connaissance des événements historiques, et tirait ses conséquences avec beaucoup de justesse.

« Beaune, le 25 août.

« Monsieur le Rédacteur, « Notre province a souffert plus que toute autre des

EN PROVINCE 3o

désordres qui ravagent la France. Nous sommes jour et nuit sous les armes, ce qui est une surcharge extrêmement pénible pour l'artisan, dans ces jours de disette, où les grains sont d'une cherté excessive.

« Des brigands ont pillé et brûlé, dans nos environs, trente-deux châteaux, au nombre desquels se trouve la magnifique résidence de Sénozan.

« On évalue les pertes à quarante millions de livres.

« Ces malheureux, qui étaient des paysans de la Bresse, avaient pour armes des faux, des bâtons et des barres de fer. Leur chef, un avocat du village, tomba entre les mains de la maréchaussée. On le tenailla trois jours durant, et il a fini par se laisser écarteler, sans faire le moindre aveu. Il était muni d'une presse portative, au moyen de ilaquelle il imprimait, pour les distribuer et les afficher dans toutes les campagnes, des arrêtés ainsi conçus :

« De par le Roi, permis, du premier août au premier novembre, de brûler tous les châteaux, terriers, abbayes et maisons portant girouettes. Et pendre quiconque y contreviendra.

« Signé : Louis. »

A leur apparition dans les villages, les brigands et leur chef commençaient par afficher ce placard aux portes de l'église, assemblaient les habitants au son de la cloche, leur intimaient Tordre de les suivre, et les menaçaient de tout brûler s'ils faisaient la moindre résistance. Ils arrivèrent ainsi, moitié de gré, moitié de force, à composer une bande nombreuse. Les uns les suivaient entraînés par la crainte, les autres par l'appât du brigandage. Gomme il n*y avait pas moyen

de les ramener par la douceur, encore moins par le raisonnement, il a fallu les traquer, les poursuivre et les tuer comme des bêtes féroces. On en a détruit plus de mille en trois jours dans le voisinage de Ghâlons-sur Saône.

« Toutes les prisons étaient pleines, les hôpitaux regorgeaient de blessés.

« Force fut aux gendarmes et à la milice bourgeoise, pour éviter l'infection, d'enterrer pêle-mêle avec les morts ceux qui étaient dangereusement blessés. On les achevait quelquefois sur leur propre demande.

« Barbarie odieuse! allez-vous dire.

« Hélas ! on y fut contraint par l'obstination enragée de ces malheureux. Les premiers jours, on se contentait de les mettre en prison, et on les relâchait aussitôt sur la promesse qu'ils faisaient de retourner dans leur famille. Mais, le lendemain, on les reprenait, plus acharnés que la veille à commettre des brigandages. Dans certains hameaux, près de Mâcon, les gendarmes n'ont plus trouvé que des enfants, des femmes et des vieillards.

« Les paysans qui se livraient à ces horreurs n'étaient pas tous poussés par le besoin. Il s'en fallait beaucoup qu'il n'y eût parmi eux que des misérables, et il s'y trouvait de très riches fermiers. On en a pendu un à Tournus, dont la femme apporta quarante mille livres en or. Elle offrait cette somme pour la rançon de son mari. Le tribunal refusa de l'entendre.

« Comprenez-vous le vertige de ces hommes ? On ne peut expliquer leur conduite que d'une seule manière, et l'avis général est que les chefs étaient large-

ment soudoyés. Par qui? Je n'ose pas vous dire le nom que bien des bouches prononcent tout haut chez nous. Ma conscience, trop timorée peut-être, s'y refuse. J aime mieux me taire. C'est une monstruosité si grande, qu'on l'affirmerait à peine en face d'une complète certitude.

« Enfin la sévérité du châtiment, et peut-être aussi la mort du chef, décide aujourd'hui les bandes féroces à se disperser et à rentrer dans leurs villages respectifs.

« On fait le dénombrement des victimes ; c'est un calcul à glacer d'épouvante. »

Dans les pays de blé qui nous environnent , écrit l'assemblée communale de Saint-Bris (Bailliage d'Auxerre) le 25 septembre, on ne peut se promettre d'achats libres. Des règlements particuliers, soutenus par les milices bourgeoises, empêchent la sortie et arrêtent la circulation ; les marchés circonvoisins sont nuls pour nous. Depuis huit mois ou environ, il n'a pas été apporté un sac de grain à la halle de notre ville.

Mercure de France. Août. 1789. 165.

A. Yoimg. Voyage.. .f I. 442, 448.

H. Taine. Origines...., I, 56, 80.

E. de Mirecourt. Avant...., II. 360.

Journal de la Correspondance de Nantes j I. 271, 280,

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