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ÿ Une centaine
d'hommes vigilants et déterminés auraient pu défendre Ja Position jusqu'à l'arrivée des renforts,
€S Cent hommes étaient JA. Le Capitaine de Vergor, des troupes coloniales, les commandait, et les renforts étaient à Portée de signaux, car Je bataillon de Guienne avai Camper tout près de là, sur les Plaines d'Abraham. (1) Le poste de Vergor Oulon, était à un mille et demi de Québec. Un Peu plus loin des falaises, était un autre poste Sardé par SOixante-dix hommes, (2) C'étaient les postes avanc dont les Quartiers généraux éta
delà de Sillery,
se en Mouvement Je lon Îl y avait donc b
à six milles au étaient sans ces intermédiaire.
soldat impétueux, Prévoir qu'i
ce intrépide, nous faisait
Sans tenter un Suprême
Dans la soirée du très malade. Les
avait démoralisées ; il avait repris le des
4 Septembre, Wolfe avait été troupes l'avaient su, et cela Jes
Souffrante, revenu au
Mais après une nuit SuS, et était bientôt
À Vaudreuil, 27 j DY, journal Mémoratif,
[1] Montcalm uillet, Ibid,, 29 juillet 1759.
[2] Folig
Journal tenu à l'Armée, etc.
milieu d'elles, rallumant leur Courage, s'efforçant de leur communiquer l'erthousiasme qui était loin de son cœur. Pour lui-même, il était sans Pitié ; mais, ayant appris que deux des officiers d'un des vaisseaux étaient tombés malades, il leur envoya un message sympathique, leur conseillant de retourner à la Pointe de Lévis, leur offrant sa propre chaloupe et une escorte. Ils le remercièrent, et lui firent répondre que, Q: oi qu'il arrivât, ils resteraient à leur poste jusqu'au bout, Un autre officier ayant fait remarquer en sa pence qu'un des invalides était d’une constitution ues délicate : ‘Ne me parlez pas de constitution, dit Wolfe ; il a la tête bonne, et avec cela un homme peut passer au travers de tout.” (1) C'est cette force aorale, colossale chez lui, qui soutenait son propre organisme, chétif et frêle, et le stimulait au travail.
Vers ce temps-là, le major Stobo, qui cinq ans auparavant avait été livré en otage aux F rançais à la prise du Fort Nécessité, était arrivé sur un vaisseau d'Halifax. Ayant été pendant longtemps prisonnier à Québec, où il avait souvent joui d'une liberté relative, il en avait profité pour explorer le voisinage de la ville. Au printemps de cette même année, lui et un officier de ‘“‘rangers,'” du nom de Stevens, avaient réussi à s'évader par un coup d'audace vraiment remarquable ; il revenait maintenant parmi ses compatriotes, qu’il allait faire bénéficier de sa connaissance des lieux. (2) Son biographe dit que c'est lui qui guida Wolfe dans le
[1] Knon, ii, 61, 6.
[2] Lettre au Boston Post Boy, No, 67, et au Boston Evening Post Mo. 1258.
Choix de l'endroit du débarquement. (1) Quoi qu'il en soit, Wolfe explora la rive du fleuve jusqu'à la Pointe-aux-Trembles, jusqu'à ce qu'un jour, étant
Pas être nombreuse et qu'on en viendrait aisément à bout. 11 aurait été encore plus sûr de son fait s’il eût su que Vergor avait antérieurement subi un procès Pour mauvaise conduite et lâcheté à la capitulation de Beauséjour, et n'avait échappé à une disgrâce bien méritée que grâce à l'amitié de Bigot et à la Protection de Vaudreuil.
Dans la matinée du 7» Par un beau temps chaud, les vaisseaux de Holmes, gaiement tapissés d’uniformes écarlates, remontèrent le fleuve à la voile jusqu'au Cap Rouge. Un Spectacle animé les y attendait, car c'était là que Bougainville avait ses quartiers généraux et que campait le gros de ses troupes, tandis que le reste faisait le guet en amont eten aval. La baie dans laquelle vient se perdre la minuscule rivière était garnie de batteries flottantes, la rive aux alentours protégée par des parapets, et sur les hauteurs à l'arrière-plan, On pouvait voir aller et venir, très affairés, une multitude de soldats
[1] Memoirs of Major Robert Stobo. Curieux, mais souvent inexact.
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réguliers, de miliciens et de Canadiens à cheval, en uniformes bleus. Lorsque les vaisseaux jetèrent l’ancre, les cavaliers sautèrent à bas de leurs montures et prirent place dans les rangs de l'infanterie; puis, poussant de grands cris, toute la troupe dégringola de la hauteur pour prendre position derrière les retranchements sur la grève. Le capitaine Knox, en vrai Breton, ayant curieusement suivi cette scène bruyante de la coupée de son vaisseau, écrivait le soir même en faisant son journal que ce tapage lui avait paru bien ridicule. “Quelle différence, dit-il, avec le soldat anglais! Comme son traditionnel mutisme devant l'ennemi est bien plus majestueux, et l’indice de la vraie valeur |”
Dans l’après-midi, les vaisseaux ouvrirent le feu, pendant que les troupes sautaient dans les embarcations et ramaient de ci de là comme si elles eussent cherché un endroit propice pour opérer une descente. Cette manœuvre n'était qu’une feinte de Wolfe pour mystifier Bougainville sur ses véritables desseins. Le lendemain matin, une pluie abondant: fouettée par le vent d’Est se mit de la partie, et dura deux jours sans ‘nierruption. Toutes les opérations furent suspendues, et les troupes parquées dans les transports furent très incommodées.
Il fallut en ramener la moitié à terre du côté sud ; les hommes s’installèrent dans le village de Saint-Nicolas, où ils purent se réconforter, faire sécher leurs linge leurs havresacs et leurs couvertes.
Pendant plusieurs jours de suite, l’escadre de Holmes se laissa dériver avec le courant, dans un sens ou dans l’autre, suivant le mouvement de la
marée, passant et repassant depuis le voisinage de Québec jusqu'à une certaine distance à l'ouest du Cap Rouge. Bougainville, très intrig:
constamment à être attaqué, des côtes, suivant la marc
té, s’attendant allait et venait Je long he des vaisseaux, jour et nuit, jusqu’à ce que ses hommes fussent littéralement épuisés de ces incessantes marches forcées. (1)
Enfin, le moment d'agir arriva. Le mercredi 12, les troupes cantonnées à Saint-Nicolas se rembarquèrent de nouveau, et tous reçurent ordre de se tenir prêts. Du vaisseau-amiral le “Sutherland,” Wolfe lança ses derniers ordres. “Les forces ennemies sont maintenant divisées, il y a rareté de vivres dans leur camp, et mécontentement général parmi les C anadiens. Nos troupes d’en bas sont prêtes à nous j"‘udre, toute l'artillerie légère avec ses accessoires a été rmbarquée à la Pointe de Lévis, et les troupes descendront à terre à l'endroit où les Français semblent le moins s’y
attendre. Le premier Corps qui atteindra
le rivage marchera droit à l'ennemi et le délogera de chaque
petit poste qu’il pourrait occuper ; les officiers auront l'œil à ce que les troupes qui suivront ne commettent pas l’erreur de tirer sur celles qui les précèdent, Sur la hauteur, les bataillons se formeront rapidement et devront être prêts à charger tout ce qui se présentera. Lorsque l'artillerie et les troupes auront mis pied à terre, un corps sera laissé au débarcadère pour garder la position, pendant que le reste marchera et provoquera les Canadiens et les F rançais au combat.
Officiers et soldats se rappelleront ce que leur pays
[1] Joannès, major de Québec, Mémoire sur la campagne de 1759.
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attend d'eux et ce qu'un corps de solda. déterminés et aguerris peut faire contre cinq fsibles bataillons français mêlés à une bande de paysans indisciplinés.”
L'esprit qui animait l’armée correspondait à celui de son chef. Les soldats aimaient et admiraient leur général, avaient pleine confiance en leurs officiers, étaient prêts à tout. “Eh quoi! comment pouvaitilen être autrement, demande naivement le brave sergent John Johnson, du 58e régiment, puisque nous marchions sur les traces de ygentilshommes qui, comme leur général, n'avaient d'autre objet en vue que la gloire ? Nous les avions vus à l'épreuve, et les avions toujours trouvés francs comme l'épée du roi. Nous savions qu'ils resteraient avec nous jusqu’à la dernière extrémité.”
Wolfe avait avec lui 3,600 hommes et officiers à bord des vaisseaux de Holmes : il envoya au colonel Burton à la Pointe de Lévis l'ordre d'amener comme renfort tout ce qui pouvait être détaché de cette place et de la pointe d'Orléans. Ces troupes devaient se mettre en marche le long de la rive sud apres la chute du jour et attendre de nouveaux ordres sur un point de la côte propice à l’'embarquement. Leur force numérique était d'environ 1,200 hommes, de sorte que la force entière destinée à l'entreprise était d'au plus 4,800 hommes. C'est avec cela que Wolfe entendait escalader les hauteurs d'Abraham à la barbe d'un effectif ennemi qui, bien que considérablement réduit, était encore deux fois nombreux comme
LA oi > d’atta corps d'attaque. (2) {2} Y compris le corps de Rougainville, Un Prisonnier fvadlé avait dit à Woife, quelques jours auparavant, que Montcalm était en re À la
tête de 1,000 hommes. Journal d'une tpédition par le feutre Sur,
que pussent être ses vues quant à la nécessité d'un départ précipité, seconda Wolfe jusqu’au bout—avec une énergie et un zèle inaltérables. I] était convenu entre eux que, tandis que le général ferait Je véritable assaut, l'amiral Engagerait l'attention de Montcalm Par une feinte. Aux approches de la nuit, la flotte vint se ranger le long du rivage de Beauport ; les chaloupes de bord furent mises à l’eau et se remplirent de matelots, de gabiers, et des quelques hommes de troupe qui étaient restés en arrière: en même temps les vaisseaux échangeaient entre eux force signaux, les canons lançaient des éclairs et du tonnerre, et les boulets labouraient la grève comme pour frayer le chemin à une descente, Dans les ténèbres du soir, tout cela était d'un effet imposant. Montcalm fut complètement dérouté ; Persuadé que les mouvements de l'ennemi au-dessus de la ville n'étaient qu'une feinte, que le gros des forces anglaises était resté en bas de la ville et que c'était ici que viendrait la véritable attaque, il massa ses troupes devant Beau- Port pour repousser la tentative de débarquement à laquelle il s'attendait. Mais, tandis que du côté de Ja flotte de Saunders tout était vacarme et menace, le danger était à dix milles de là, à l'endroit où l’escadre de Holmes restait tranquille et muette à son mouillage au large de Cap Rouge.
Laurent. Ce chiffre ne comprenait que la force en ville et dans le camp de Beauport, Je ne crois pas, écrivait Wolfe au colonel Burton le 10, que toute leur armée atteigne ce: nombre. Il savait Cependant que, si Montcalm pouvait concentrer toutes ses troupes, les Français seraient plus de deux contre un contre lui,
Elle était moins calme qu'elle ne le paraissait. Tous à bord savaient que cette nuit même on frapperait un coup, bien que quelques-uns des principaux officiers fussent seuls à savoir où. Le colonel Howe, de l'infanterie légère, demanda des hommes de bonne volonté pour diriger la mystérieuse et aventureuse expédition, leur promettant—ce sont les propres paroles de l’un deux—que ‘‘si l’un de nous en revient nous pourrons compter d'être cités au général.” (1) Le nombre requis—vingt-quatre en tout—fut bientôt trouvé. Trente grands bateaux 6+ quelques chaloupes appartenant à l'escadre étaienc amarrés le long des navires ; tard dans la soirée, les troupes reçurent ordre de s'y embarquer, les vingt-quatre volontaires prenant place dans les premières embarcations. Cette flottille logea en tout environ dix-sept cents hommes. Le reste demeura à bord.
Bougainville pouvait discerner le mouvement, mais s'y trompa, croyant que l'attaque se ferait de son côté. La marée montait encore et, pour mieux lui donner le change, les vaisseaux et chaloupes se laissèrent dériver avec la marée montante sur une petite distance, comme pour préparer un débarque. ment au-dessus de Cap-Rouge.
La journée avait été heureuse pour Woife, Deux déserteurs venus du camp de Bougainville avaient rapporté que la nuit suivante, à l'heure du reflux, l'officier français devait expédier un convoi de vivres à Montcalm. Les besoins du camp de
{1] Journal of the Particular Transactions during lhe Siege of Quebec, L'auteur, un soldat de l'infanterie légère, dit avoir été l'un des huit premiers À répondre à l'eppel.
Beauport et les difficultés de transport par terre avaient forcé les Français à recourir À ce périlleux mode de ravitaillement, et leurs berges avaient jusque-là généralement réussi à passer impunément au fil de l'eau à la faveur des ténèbres de la nuit, se glissant dans l'ombre des falaises de la rive nord. Wolfe ne fut pas lent à saisir la précieuse importance du renseignement que lui apportaient les déserteurs ; il n'avait qu’à faire prendre à ses bateaux de quelque avance sur le convoi en question.
Il était resté à bord du “Sutherland.” Tous les préparatifs étaient accomplis, tous les ordres donnés, il n'y avait plus qu'à attendre le retour de la marée, Assis avec lui dans la cabine, était le commandant du sloop de guerre le ‘ Porcupine,” son ancien camarade de classe, John Jervis, plus tard comte Saint-Vincent. Wolfe lui confia qu'il s'attendait à mourir dans la bataille du lendemain et, tirant de son sein une miniature de sa fiancée Miss Lowther, i] Ja remit à son ami, en lui faisant promettre, si ses Pressentiments se réalisaient, d'aller rendre le portrait à la jeune personne elle-même. (1)
Sur les deux heures de nuit, le reflux commença, et un vent frais s’éleva dans le sens du Courant. Deux lanternes furent hissées au grand mât du “Sutherland.” C'était le signal convenu ; les bateaux furent détachés et s'éloignèrent avec le Courant, ceux de l'infanterie légère prenant les devants. Les vaisseaux, avec le reste des troupes, avaient ordre de suivre un peu plus tard,
{1} Tucker, Life of Earl St. Vincent, i, 19. Londres, 1844.
Examinons un instant à quels fils tenait le dénouement de cette audacieuse aventure. D'abord, Wolfe savait par les déserteurs que des bateaux de vivres avaient ordre de descendre À Québec cette nuit-là ; deuxièmement, Bougainville, avait contremandé le convoi ; troisièmement, les sentinelles apostées le long des hauteurs avaient été prévenues de l'expédition du convoi, mais non du contre-ordre (rh: quatrièmement, Vergor à l'Anse du Foulon avait permis à la plupart de ses hommes, en grande partie des Canadiens de Lorette, de retourner chez eux pour vaquer à leurs récoltes, à condition, dit-on, qu'ils iraient ensuite travailler dans un champ voisin, qui lui appartenait (2); cinquièmement, il faisait mauvaise garde, et se mit tranquillement au lit ; sixièmement, le bataillon de Guienne, qui avait reçu ordre de prendre position sur les Plaines d'Abraham, était, pour des raisons qui sont restées inexpliquées, demeuré campé sur les bords de ia rivière Saint- Charles (3) ; enfin, lorsque Bougainville vit les vaisseaux de Holmes descendre le courant à la dérive, il ne crut pas devoir imposer à ses troupes accablées de fatigue la tâche de les suivre, croyant qu’ils reviendraient comme de coutume à la marée suivante, (4) Sans cet enchaîinement de circonstances, la Nouvelle- France aurait pu subsister un peu plus longtemps, et le stérile héroïsme de Wolfe se serait perdu, comme bien d’autres, dans l'oubli.
[1] Journal tenu à l'Armée, ct.
{2} Mémoires sur le Canada, 1749-1760.
3] Foligny, Journal mémoratif. Fourna! tenu à l'Armée, etc. [4] Johnstone, Dialogue, Vaudreuil au ministre. 5 octobre 1759.
Pendant deux bonnes heures, Procession de bateaux se Jaissa ent Courant du fleuve. Les étoiles étaient c'était une nuit sans lune et suffisamme général était dans l'une des premières embarcations, et près de lui se trouvait un jeune aspirant de marine, John Robison, par la suite professeur de philosophie naturelle à l'Université d'Edimbourg. Plus tard, il aimait à raconter que Wolfe, dans cette circonstance, récita d'une voix sourde, aux officiers qui l'entouraient, l’Elégie de Gray sur un cimetière de village. Etait-ce la détente d'un esprit chargé de sombres
pensées ? Le poëme renferme ce beau vers que le sort allait bientôt lui appliquer :
la silencieuse raîner par le visibles, mais nt noire. Le
‘‘ The paths of &lory lead but to the grave. '’ [Le sentier de la gloire ne conduit qu'au tombeau. ]
‘Messieurs, dit-il quand l’élégie, j'aimerais encore mieux avoir écrit ces lignes que de prendre Québec.” 11 n’y eut là personne pour lui répondre qu'un héros est plus qu'un poète,
Comme ils approchaient du but, la marée les poussa vers le rivage, et l’imposante muraille de rochers se dressa de toute sa hauteur dans l'ombre à leur gauche. Soudainement, le silence de mort fut rompu par le “Qui vive ?” aigu d'une sentinelle française, invisible dans l'épaisseur des ténèbres. “France !” répondit un officier highlander du régi-
ment de Fraser, monté sur un des bateaux de l'infanterie légère. I] avait servi en Hollande, et parlait couramment le français.
—‘‘A quel régiment ?"”
il eut fini de réciter
: RE a ———
— ‘De la Reine,” reprit le Montagnard. 11 savait qu'une partie de ce corps était avec Bougainville. La sentinelle, croyant avoir affaire au convoi de vivres, fut sans doute satisfaite, car elle ne demanda pas le mot de passe.
Peu après, les premières chaloupes longeaient les hauteurs de Samos, lorsqu'une autre sentinelle les hèla; on put la voir dans l'ombre accourir jusqu'au bord de l'eau, à portée de pistolet. Le même officier répondit à ses questions, en français : ‘Bateaux de vivres. Ne faites pas de bruit ; les Anglais pourraient nous entendre.” (1) Effectivement, le sloop-de-guerre le ‘‘Hunter” était à l'ancre dans le courant non loin de là. Cette fois encore, la sentinelle les laissa passer. Quelques instants après, ils doublaient la pointe au-dessus de l'Anse du Foulon. Là, pas une seule sentinelle. La force du courant entraîna les chaloupes de l'infanterie légère un peu au-dessous du point où elle devait débarquer. (2) On mit pied à terre sur une grève étroite, au pied de hauteurs aussi escarpées que peut l'être une colline boisée. Les vingt-quatre volontaires prirent le devant, escaladant la côte en faisant le moins de bruit possible, suivis de près par une troupe beaucoup plus nombreuse. Une fois au sommet, apercevant dans les premières lueurs du jour un groupe de tentes à quelque distance, ils se précipitèrent dans
[1] Voir note de Smollett, History of England, v. 56 [édition 1805]. Le sergent Johnson, Vaudreuil, Foligny. et le Yournal of Particular Transactions font le même récit.
{2} Saunders à Pitt, 20 septembre. /owrual of Sergeant Johnson. Voir Knox, ii., 67.
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cette direction. Vergor, Sautant à bas de son lit, voulut prendre la fuite, mais reçut une balle au talon, €" fut fait prisonnier. Ses hommes, pris Par surprise, offrirent - ‘u de résistance, Un ou deux furent faits Captifs, e, le reste se sauva.
Le gros des troupes attendait dans les chaloupes au bord de l'eau. La hauteur, en cet endroit, était coupée d'une grande ravine bloquée d'arbres forestiers, et au fond de laquelle coulait un minuscule Cours d'eau appelé le ruisseau Saint-Denis, lequel, grossi par les récentes Pluies, clapotait dans l'ombre silencieuse en tombant sur les cailloux. Aucun autre bruit n'arrivait à l'oreille tendue de le murmure du ressac et le son é éclaireurs, gravissant l'escarpe distance de l'endroit où il restait aux aguets. Enfin, de la hauteur arrivèrent des détonations de mousquets, suivies de bruyants hourras, lui apprenant que ses hommes étaient maîtres de la position. L'ordre fut donné d'avancer ; les troupes sautèrent hors des chaloupes et se mirent à escalader Ja falaise, de-ci de-là, en S’accrochant aux arbres et aux broussailles, le mousquet sur le dos. La tradition indique encore la place, près de la bouche du ravin, où les premiers atteignirent le sommet. Wolfe dit à un officier près de lui: ‘Vous Pouvez essayer, mais je doute que VOUS réussissiez à arriver là-haut.” Lui-même cependant trouva la force de se hisser jusqu'au sommet avec les autres. L'étroit sentier tracé À pic sur le rocher avait été rendu impassable par des tranchées et des abattis ÿ Maïs tous ces obstacles eurent bientôt été renversés, et alors la montée fut assez facile. A
Wolfe, si ce n'est touffé des pas de ses ment à une petite
la faveur des premières lueurs grises de l'aurore, la longue file d'uniformes rouges, gravissant rapidement la hauteur, put se former en ordre de bataille sur le plateau supérieur.
Avant que le plus grand nombre eût atteint le sommet, le canon se fit entendre à peu de distance sur leur gauche, C'était la batterie de Samos qui tirait sur les dernières chaloupes et sur les vaisseaux qui descendaient de Cap-Rouge. Un piquet fut détaché pour la faire taire, ce qui fut vite fait ; après quoi la batterie plus lointaine de Sillery fut à son tour attaquée et prise. A mesure que les chaloupes se vidaient, elles retournaient à la flotte pour amener les soldats restés à bord, de même que les troupes qui attendaient sur la rive d'en face sous les ordres du colonel Burton.
Le jour se leva ennuagé et menaçant la pluie. Les bataillons de Wolfe s'alignèrent le long de la cime du rocher. Pas d’ennemi en vue, bien qu'un détachement de Canadiens fût sorti de la ville, le long de la grève, dans la direction du point de débarquement, d'où on les avait bientôt fait reculer. Wolfe avait accompli une partie, non la moins critique de son entreprise ; mais ce premier succès tant désiré le mettait dans un danger imminent. D'un côté, la garnison de Québec et l'armée de Beauport ; de l'autre Bougainville. Son alternative était de vaincre ou périr; si ces troupes réunies l'accablaient par le nombre, toute retraite lui devenait impossible. Nul homme ne sait quel fut son état d'âme en ce moment ; on peut dire à coup sûr tout
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