Éclair et flamme, à. M
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que je sois né pour pousser des alênes à travers le cuir, quand des hommes tels que Duncan Korbcs ' et cet autre compagnon, qui n'étaient guère au-dessus de moi, s'il faut en croire les gens de High-Street, ont pu être présidents et avocats du roi? Ali! si les emplois étaient plus justement répartis, comme au temps de Wallace...
— Je ne vois pas ce que nous aurait rapporte ce Wallace. Dans ce temps-là, comme je l'ai entendu dire a des vieillards, on se battait avec des fusils à bretelles de cuir; mais aussi on oubliait quelquefois de les paver. Quant a votre grand talent, Rarlley2, les tiens qui en parlent dans la cour du Parlement le connaissent sans doute mieux que moi.
— .le vous dis, femme, que vous ne comprenez rien à ces choses - là. Du temps de sir William Wallace, il n'y avait pas un homme, qui fît un métier aussi humble que celui de sellier; les harnais en cuir dont on se servait venaient tout faits de la Hollande.
— S*il en était ainsi, >• dit alors Butler, qui, comme beaucoup d'hommes de sa profession, avait l'humeur quelque peu plaisante et railleuse, <• je pense que nous avons change à notre avantage, puisque nous faisons nos harnais nousmêmes, et que nous ne lirons plus que nos avocats de Hollande.
— C'est vrai, monsieur Butler, » répondit Bartholin en poussant un soupir. " Si j'avais eu le bonheur, ou plutôt si mon père avait eu l'esprit de m'envover a l.eyde et a lltrecht étudier tes Substituiez et le l'ande.r.
— Vous voulez dire les /nstitutes, les I nstitutes de Justinieu, monsieur Saddletree?
— [nstitutes, Substitutes, c'est la même chose, monsieur Butler, et l'on emploie indifféremment l'un et l'autre dans les actes de substitution, comme vous poimz le \< ir dans les /tactiques de liai dur, OU les I annules de Dallas de Suint-Martin. J'entends assez bien
i. Mnpbli-nl il< vt* t< iii|m a. m.
i. Diuiinulil' faïuiUcr de Uarlliulhi. a. m.
SCOTT
tout cela, grâce au ciel; mais j'ai bien regret de n'avoir point étudié en Hollande.
— Consolez-vous, monsieur Saddletree; vous n'auriez pas été plus avancé que \ous l'êtes; car nos avocats écossais forment une caste aristocratique.
Leur métal est véritablement de Corinthe, et non culris contigit adiré Corinthum 3. Qu'en dites-vous, monsieur Saddletree...?
— .le dis, monsieur Butler, » répondit Bartholin. qui, comme on peut bien le croire, n'avait pas compris la plaisanterie, et n'avait ete frappé (pie du ton des paroles; « je dis qu'il n'y a qu'un instant vous souteniez qu'il fallait prononcer quicis , et je viens de vous entendre dire cuiris aussi clairement que j'aie jamais entendu prononcer un mot au tribunal.
— Permettez-moi de vous expliquer la différence en trois mots, monsieur Saddletree, » dit Butler, non moins pédant sur les sujets de son domaine, quoique avec inliuimeut plus d'instruction et de jugement, que ne l'était Bartholin surcequi tenait a la profession de légiste qu'il s'attribuait. « Accordez-moi un instant d attention : vous ne contesterez pas que le nominatif est le cas par lequel on nomme ou désigne une personne, et qu'on peut l'appeler le cas principal, tous les autres cas se formant de celui-ci par des changements de désinence dans les langues savantes, et avec le secours de prépositions dans nos modernes jargons de Babel Vous n'avez rien a objecter a cela, je présume, monsieur Saddletree?
— .le ne sais si je puis vous accorder cela ou non ; c'est eut arisanrfnm , voyez-vous : personne ne peut admettre avec t»int de précipitation un point de fait ou un point de droit, » repondit Saddletree, qui eut l'air on s'efforça du inouïs d'avoir l'air de comprendre cette distinction.
« Kt le datif? continua liutler.
3, il n'rsi |mu uertuii ,i tout le iijoiiilo d'aller a
I 1)1 ililllC. A. M.
— Je sais ce que c'est qu'un tuteur datif, » répondit vivement Saddletree.
« Le datif, reprit le grammairien, est le cas qui indique qu'une chose est donnée ou appartient à une personne ou à une chose. Vous ne pouvez pas le contester, je pense.
— Je ne vous accorderai jamais cela.
— Que diable alors voulez-vous donc que soient le nominatif et le datif? » dit brusquement Butler , étonné tout à la fois de l'énergie de son expression , et de la manière dont il l'avait prononcée.
« Je vous dirai cela à loisir, monsieur Butler, » répliqua Saddletree avec un air tout à fait capable; » je prendrai un jour pour examiner chacune de vos concessions, et je vous dirai alors, d'une manière précise, si je vous en conteste la vérité ou si je vous la dénie.
— Allons, allons, monsieur Saddletree, lui dit sa femme; nous n'avons pas besoin de confessions ; laissez-les à ceux qui sont payés pour cela : cela ne nous va pas mieux qu'une selle à un bœuf.
— Ah ! dit Butler, optât ep/rippia bos piger1. Rien de nouveau sous le soleil; mais le mot de mistress Saddletree n'en est pas moins bon.
— Et puisque vous prétendez connaître si bien les lois, monsieur Saddletree, continua sa femme, vous feriez bien mieux de voir s'il y aurait quelque chose à faire pour Effie Deans, la pauvre fille, qui est là en prison , exposée au froid , à la faim, sans secours... une jeune servante à nous, monsieur Butler, une fille innocente, selon moi, et si laborieuse! Lorsque M. Saddletree sort (et vous savez qu'il est rarement à la maison quand il y a quelque tribunal ouvert), la pauvre Effie m'aidait à remuer les paquets de cuir tanné, à assortir les marchandises au goût de chacun. Et vraiment elle plaisait aux chalands par l'accueil qu'elle leur faisait, elle était toujours polie, et il n'y avait pas une
l. Optât arare ca battus , ajontons-noiis pour compléter la citation. « Le bœul'au pas pesant demande une selle- le cheval veut tirer la cliarrue. »