Sectateur à» Coccékti . Ibéologiea tli Rrrmc
SCOTT
songez que dans le nombre des conseillers est le salut... Mais que dites-vous du jeune Mackenye?.... Il suit sur le bout du doigt les pratiques de son oncle.
— De qui me parlez-vous là? » s'écria l'ardent presbytérien transporté de colère : « d'un homme qui a les mainsteintes du sang des saints? Son oncle n'est-il pas mort avec le surnom du sanguinaire Mackenye? ne portera-t-il pas ce nom aussi long- temps qu'une langue écossaise pourra prononcer une parole? Si pour sauver la vie de cette chère enfant que le malheur a frappée, celle de Jeanie et la mienne même, et celle de tous les hommes, il me fallait demander à cet enfant de Satan de dire une parole pour moi ou pour eux, ils périraient tous avec Oavie Deaus. »
Ce fut le ton exalté avec lequel il prononça cettedernière phrasequi interrompit l'entretien de Butler et de Jeanie et les lit rentrer dans la chambre. Ils trouvèrent le pauvre Deans dans une espèce de frénésie, causée en partie par son affliction , et en partie par sa sainte colère contre les propositions de Saddletree; ses joues enflammées, sa main fermée, sa voix élevée, les larmes qui roulaient dans ses \eux, et ses paroles interrompues, montraient qu'il ne pouvait exprimer l'accablement qu'il éprouvait. Butler, craignant les suites d'une pareille agitation pour un vieillard faible, se hasarda a lui dire quelques mots pour l'engager a la patience.
«Je suis patient, » repondit Oeans a\ee quelque aigreur , « plus patient qu'un homme ne peut l'être au miiieu de l'apostasie de notre temps, et je n'ai pas besoin que des hérétiques, ni des Mis ou îles petits-li!s d'hérétiques, apprennent à mes cheveux gris a porter ma croix.
— Mais.» continua Butler sans s'offenser de ce trait dirigé contre la foi de son grand-père, "noua devons user des moyens humains. Quand VOUS appelez un médecin, vous ne vous informes pas, je pense, de ses principes religieux?
— Pourquoi pas? répondit Deans. Je le ferais certainement ; et. s'il ne me prouvait pas qu'il distingue la bonne route de la mauvaise, il ne coulerait pas une seule goutte de ses drogues dans le corps du fils de mon père. »
Il est dangereux de s'appuyer sur une comparaison. Butler ne tira aucun profit de la sienne; mais, comme un vaillant soldat quand son mousquet a fait long feu , il se tint ferme et chargea avec la baïonnette. •• C'est interpréter la règle trop rigoureusement : le soleil brille et la pluie tombe sur le bon comme sur le méchant, et, dans le cours de la vie, ils se trouvent souvent placés ensemble dans des circonstances qui les forcent à se réunir, peut-être afin que le bon puisse convertir le méchant ; peut-être aussi afin que parmi d autres épreuves , le juste subisse celle de fréquenter quelquefois les réprouvés.
— Vous êtes un pauvre écolier, Reuben , avec vos arguments, dit Deans.
Un homme peut-il toucher de la poix sans en être souillé? Que pensez-vous donc des braves et dignes champions du Covenant qui n'auraient point écouté un ministre , quelque grâce qu'il eût reçue du ciel , s'il n'eut pas rendu témoignage contre les iniquités du siècle.
Aucun avocat ne parlera pour moi ou les miens, s'il n'a rendu témoignage en faveur des débris disperses mais honorables de l'Église, qui habitent les rochers. »
En parlant ainsi, comme s'il eût été fatigue et de la discussion et de la présence de ses hôtes, le vieillard se leva , leur lit une espèce d'adieu par un geste et un signe de tête, et alla se renfermer dans sa chambre à coucher.
« C'est sacrifier la vie de sa fille, dit Saddletree à Butler , que de parler ainsi. Où trouvera-t-il un avocat caméronien ? qui a jamais entendu parler d'un avocat qui ait souffert pour une secte religieuse ? La malheureuse fille est perdue. »
Sur la fin de cette discussion, Dumbiedikes était arrivé pour faire sa visite
journalière; il était descendu de cheval , avait attaché sa bride à un crochet , et s'eta.t assis à sa piace ace utuinée. Son œil, plus rapide que d'habitude, se porta successivement sur chacun des interlocuteurs jusqu'à ce qu'il eût entendu la dernière phrase de Saddletree.
Il se leva, traversa lentement la chambre, et s'approchant de l'oreille de Saddletree, il lui dit d'une voix tremblante : « L'argent ne pourrait-il rien pour eux , monsieur Saddletree ?
— Ah ! » dit Saddletree avec un air grave, « l'argent lera certainement beaucoup a la cour de justice; mais où en aurons-nous, de l'argent? j\l. Deans vous le voyez , n'en veut pas donner ; et quoique mistress Saddletree soit leur arrière-cousine, et qu'elle leur veuille beaucoup de bien , elle ne peut repondre singuli in soUdum pour les frais d'une ai'raire aussi dispendieuse. Si chaque ami voulait porter une part du iardeau, on pourrait faire quelque chose... chacun répondrait pour soi... Je ne pourrais voir se terminer cette affaire sans plaidoiries... ce ne serait pas raisonnable, quoi que puisse dire ce whœ ehragé.
—Je... je...» dit Dumbiedikes prenant du courage... «je repondrai pour vingt livres sterling. » Puis il se tut, étonné de se trouver capable d'une résolution aussi contraire à ses hab tudes , et dune aussi grande générosité.
« Dieu vous recompense , digne laird ! » dit Jeanie dans un transport de reconnaissance.
« Vous pouvez même compter sur trente, » dit Dumbiedikes, n'osant la regarder , et jetant les yeux vers Saddletree.
« Cela fera bien, » dit Saddletree en se frottant les mains; « et j'emploierai toutes mes connaissances et to .te mon habileté à user de cet argent le plus utilement possible... Je sais comment engager les avocats à se contenter de faibles honoraires... Il faut leur dire qu'on a deux ou trois procès très- importants à faire plaider, et ils se chargeront du