‹ La prix de la graceChapitre 10 sur 221 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

mains. Elle aimait surtout à préparer des remèdes pour leurs maladies. « Jésus », dit le pieux biographe du Père Nieremberg 1 , « lui paya ce service en la cueillant dans sa fleur. C'était bien plus une» fleur du paradis qu'une fleur terrestre; el à sa mort on vit descendre du ciel une multitude de pauvres vêtus de blanc , des flambeaux à la main. Ils venaient en chantant l'emmener dans les demeures éternelles. »

Ces parents désolés ne se consolèrent qu'en priant Dieu de remplacer par un autre ange celui qu'il venait de leur prendre. La pieuse mère se rendit tous les jours pendant un an au pied d'un crucifix dans l'église de Saint-Martin pour solliciter cette grâce. Elle fut aussi très-assidue à vénérer une image miraculeuse de la Sainte Vierge conservée dans l'hôpital des Enfants trouvés; et là elle adopta un petit garçon nommé Henri, qu'elle éleva comme s'il eût été son fils. Une nuit , le crucifix de l'église de Saint-Martin lui apparaît , la console , et lui dit que ses prières sont exaucées : elle aura un fils qui sera l'honneur de sa maison.

L'enfant annoncé par Jésus-Christ sur la croix naquit au bout de neuf mois, et fut appelé Jean Eusèbe. Dans son berceau, Eusèbe prend un indicible plaisir à former la croix avec ses petits doigts. Avant six ans il met tout son bonheur à servir les messes , à assister aux offices, à remplacer les jeux de cet âge par la prière. Plus tard des lumières supérieures lui font connaître les mystères de la foi ; il imite le tendre amour de sa

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