‹ La prix de la graceChapitre 11 sur 221 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

sœur pour les pauvres , et charme tout le monde par son naturel doux et très-docile. Il a beaucoup à souffrir du jeune Henri son frère adoptif qui le maltraite et le persécute ; mais il ne répond jamais à ses cruautés que par la plus exquise bonté. Le moment des études arrivé, ses parents l'envoient à l'université d'Alcala, puis à celle de Salamanque , où il se montre un modèle de modestie et de perfection. Il attire à lui les meilleurs jeunes gens; et bientôt leur ayant inspiré ses pensées pieuses , il se livre avec eux à toutes les œuvres de dévotion : visite des pauvres, des prisons, des hôpitaux; cilices, disciplines, jeûnes, oraisons, fréquentation des sacrements. Ayant fait les exercices de saint Ignace au collège des Jésuites de Salamanque , il prend la résolution d'entrer dans la Compagnie où il fut reçu en 1614.

Les Nieremberg, qui voyaient la fortune et les honneurs sourire à leur fils , sollicitèrent, le secours de l'impératrice et du nonce pour le faire sortir. Afin qu'on ne leur imputât pas sa résistance, les Pères Jésuites le rendirent à ses parents. Le jeune homme, tiré de force du saint asile qu'il avait choisi , emporta précieusement un petit morceau du bois de la porte de sa cellule , comme l'arbre arraché entraîne avec lui la terre où il a été planté, u J'emporte ce fragment, dit-il, comme une relique de cette sainte maison, et je fais la promesse à Dieu de venir le remettre moi-même à la place où je l'ai pris. » Le jour, la nuit, à toutes les heures , il eut à subir les reproches de ses parents , les assauts terribles de leurs larmes , de leurs raisons , de

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