XVIII PREFACE
leurs promesses, de leurs menaces. « Mais, dit son biographe , le diamant entame le marteau qui le frappe ; ce n'est pas le marteau qui a prise sur le diamant. Le jeune homme se montra de diamant. » Son père, voyant là quelque chose de divin, finit par consentir à le laisser entrer dans la Compagnie , à la condition qu'il resterait à Madrid , ce que l'impératrice fit agréer aux Jésuites.
Le jeune Nieremberg fit son noviciat sous le vénérable Père Aguado. Ces deux années si fécondes pour tout religieux se passèrent pour lui dans l'exercice de l'humilité, de l'oraison, de la pénitence. Cet homme supérieur fut attaché pendant quatorze mois au frère cuisinier. Il puisa là des trésors de vertus pour toute sa vie. Dès le premier jour il fit vœu à Dieu de garder à perpétuité la pauvreté, la chasteté et l'obéissance; et dans le cas où la Compagnie ne l'admettrait pas, de demeurer jusqu'à sa mort à la porte de la maison , pour servir les religieux.
Ayant fait ses premiers vœux le 3 avril 1616, il est envoyé à Alcala pour y étudier les lettres divines et humaines. Sur sa demande pleine d'humilité , on lui permet de consacrer à l'oraison un temps plus considérable que celui prescrit par la règle. « Entendant quatre fois par jour, disait-il, les leçons de ses maîtres, il voulait entendre aussi quatre fois celles de Dieu qui, à lui seul, enseigne plus de choses en une heure que le monde entier en beaucoup de siècles. » 11 se montre dans le collège doux, patient, obligeant, d'une modestie rare, aussi gracieux que sobre dans ses paroles. On le voit humblement triomphant auprès