‹ La prix de la graceChapitre 116 sur 221 · DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER

Docteurs appuyés sur les sentences des saints, qui se fondent eux-mêmes, comme les Docteurs, sur la sainte Écriture. Le soin que je vais prendre ne déplaira, je pense, ni aux savants, ni aux esprits moins accoutumés à l'étude de ces questions sublimes. * Les premiers montreront qu'ils aiment ce qu'ils savent ; les seconds désireront savoir ce qu'ils ignorent » , comme dit saint Léon en parlant de ce divin Esprit 1 .

Voici comment s'exprime saint Thomas : « Dans le bienfait de la grâce qui nous rend agréables à Dieu , on possède le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit habite dans l'homme ; et ainsi l'Esprit-Saint est réellement donné 2 . » Puis il ajoute : « Par le bienfait de la grâce , la créature raisonnable est perfectionnée, afin que librement , non-seulement elle use du don créé de la grâce, mais encore elle jouisse de la personne divine elle-même. » Le Docteur angélique exprime ainsi ailleurs cette même pensée : « La grâce qui fait les hommes agréables à Dieu dispose l'âme à posséder une personne divine. » Dans d'autres endroits, il confirme ce sentiment. Saint Bonàventure , parlant dans le même sens, dit : « La possession parfaite est celle dans laquelle on possède Dieu et la grâce 3 . » Puis il ajoute : « Le don n'est parfait qu'à la condition qu'on recevra un don incréé qui est l'Esprit-Saint, et un don créé qui est la grâce; et ainsi il faut accorder que l'un et l'autre est donné. » Alexandre de Aies dit aussi : « Dans la mission du Saint-Esprit par la grâce, ce qui est donné , ce n'est pas seulement l'Esprit- Saint, ni seulement ses dons, mais l'un et l'autre; et ainsi le Saint-Esprit est donné, et en lui même, et en ses dons 4 . » Scot, Gabriel de Vio, Marsilio, Valencia, Vasquez, Suarez 5

. x Serm. n De Penlec.

a I, il, q. 43 , art. 3, in corp.

3 In I , dist. xiv, art. 2, q. 1.

4 I p., q. 271, memb. ad prim.

5 Lib. XII , De Deo trino et uno, c. v, n. 8 et §eq.

disent la même chose; et ce dernier le prouve de manière â conclure avec l'autorité de saint Thomas que le contraire est une erreur. Avant eux tous , le Maître des sentences Ta enseigné, et beaucoup de saints dont le nom fait autorité l'ont affirmé.

« Nous ne devons pas douter, dit saint Augustin, que l'Esprit-Saint lui-même ait été donné quand Jésus-Christ souffla sur ses disciples ; car c'est de lui que le Sauveur a dit peu après : * Allez, baptisez toutes les nations au nom * du Père, du Fils et du Saint-Esprit. * C'est donc le même qui fut aussi envoyé du ciel le jour de la Pentecôte ; or, comment ne serait pas Dieu celui qui donne l'Esprit-Saint? et quel grand Dieu est celui qui donne Dieu 1 ! » Pierre Lombard, considérant ces paroles, ajoute : t Vous le voyez, saint Augustin dit clairement que l'Esprit-Saint lui-même, c'est- à-dire Dieu en personne , et non pas seulement son effet, est donné aux hommes par le Père et le Fils, et que le même Esprit-Saint, qui est Dieu et la troisième personne de la sainte Trinité, se donne à nous, se répand en nous et entre dans nos âmes *. * Saint Ambroise enseigne la même doctrine : * Bien que, dit-il, beaucoup de choses s'appellent esprits , car il est dit de Dieu qu'il a fait ses anges des esprits , cependant l'esprit de Dieu est unique, car cet esprit unique fut celui que reçurent les apôtres et les prophètes, comme dit saint Paul, ce vase d'élection. Nous buvons un esprit comme une chose qui ne se peut diviser , mais qui se répand et entre dans les âmes , pour apaiser l'ardeur de la soif des choses du monde; et cet esprit n'est pas de la substance des choses corporelles, ni de la substance des créatures invisibles. Et ainsi il ne peut être que Dieu, puisqu'il n'est aucune des créatures visibles et invisibles 3 . » Saint Ambroise ajoute ensuite : « Toute

« Lib. De Trinit. y cap. xxvi.

* Inl,disp. 14.

8 Llb. De Spiril. Seotclo, c. iy.

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