‹ La prix de la graceChapitre 13 sur 221 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

des pauvres auxquels il donne à manger à la porte, leur servant en même temps l'aliment spirituel de quelques bonnes pensées. Son attrait pour la pénitence attendrit. Il ne prend point de nourriture sans l'assaisonner de quelque amertume ; les sanglantes flagellations en public et en particulier l'usage du cilice , les jeûnes, tout ce qui afflige le corps lui est cher. Une se plaît que crucifié avec Jésus-Christ. Ses supérieurs sont obligés de modérer son ardeur à marcher dans cette voie royale où on est toujours assuré de rencontrer les saints.

Ses études terminées , Eusébe Nieremberg fut ordonné prêtre et dit sa première messe au collège d'Alcala. Il voulut que la simplicité fit toute la beauté de cette cérémonie ; et il a célébra , nous dit son biographe, comme s'il eût vu Jésus-Christ ». Rappelé aussitôt à Madrid pour y enseigner la grammaire , il fut nommé en même temps préfet spirituel et confesseur des cent trente religieux qui habitaient le collège. Alors ses mortifications devinrent prodigieuses. Il réduisît son sommeil à deux ou trois heures, ne le prenant pendant de longues années que sur une planche ou sur un petit banc. Il ne mangeait plus qu'une fois le jour, ajoutant le soir une légère réfection avec des herbes cuites, et les veilles des fêtes de la Sainte Vierge et des saints de sa dévotion, il jeûnait au pain et à l'eau. Les instruments de pénitence dont il se servait étaient effroyables. Les pointes de fer de ses disciplines lui pénétraient jusqu'aux os. A sa mort, on lui trouva les côtes percées

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