DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE PREMIER
mérite votre bonté infinie ? Qui aimera le prochain comme le mérite le sang du divin Rédempteur qui a été répandu pour lui ? Je vous aime , ô mon Dieu , par-dessus toute chose. O Seigneur ! que ne puis-je foire davantage ! Prenez mon cœur et aimez-vous avec lui ; prenez ma volonté et remplissez-la de votre amour; prenez mon entendement et donnez-lui la lumière pour qu'il vous connaisse ; prenez ma mémoire pour qu'elle n'oublie jamais votre Esprit-Saint ; prenez toutes mes puissances et submergezles dans vos grandeurs ; prenez toute mon âme et remplissez-la de votre Esprit. Rendez-vous maître, Seigneur, de tous mes membres et de tous mes sens pour que je m'emploie tout entier à votre service et à votre amour , puisque vous voyez que je ne puis faire davantage et que tout ce que je puis est très-peu de chose.
Celui qui désire savoir s'il est en état de grâce, et s'il a en lui-même ce souverain Esprit et ce don divin, n'a qu'à voir s'il possède l'amour de Dieu et du prochain, avec la pureté de vie et l'innocence que demande le Saint-Esprit. Ce sont les meilleurs signes auxquels on peut découvrir si Ton possède cet immense bien, « Désirons-nous savoir d'une manière probable, dit Denys Rihel, si par la grâce nous possédons l'Esprit-Saint, examinons notre intérieur; voyons si nous accomplissons les préceptes divins, si nous évitons tout péché mortel, si nous aimons de cœur jusqu'à nos ennemis, si nous marchons avec crainte en la présence de Dieu, si nous brûlons de charité et de zèle pour l'honneur divin, si nous avons un désir ardent du salut des autres, méprisant toutes les choses charnelles et terrestres 1 . » Toutes ces marques sont de nature à tranquilliser l'âme pieuse; car, bien qu'il soit impossible de savoir avec évidence si quelqu'un est en état de grâce, on peut le conjecturer avec quelque fondement, quand on trouve réunies de pareilles vertus.
1 Comment, in cap. i Joan., cap. iv.