DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE DEUXIÈME
pos ces paroles de saint Jean : « Afin que notre société soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ ' » ; et il remarque que saint Paul , dans sa lettre aux Philippiens , parle de la société de l'Esprit-Saint; aussi bien que quand il dit en un autre endroit : «*Quel commerce peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres 2 ? » Et saint Pierre, parlant de la grâce, nous enseigne que par elle nous participons à la nature divine , c'est-à-dire à la société divine, dit Origène 3 . Et ce Docteur ajoute ensuite : * S'il nous a été donné d'être en la société du Père, du Fils et de l'Esprit- Saint, l'obligation nous est donc imposée de faire attention à ne pas renier cette sainte et divine compagnie par aucun péché ; car si nous faisons des œuvres de ténèbres, il est certain que nous renions la société de la lumière. * A cause de cela, saint Augustin, expliquant comment Jésus- Christ nous a enseigné à dire : « Nôtre Père qui êtes aux cieux » , lorsque Dieu est réellement en tout lieu, fait remarquer que les cieux dont il s'agit ici sont les justes qui habitent la terre et les anges qui demeurent dans le ciel, parce que Dieu est en eux au moyen de sa grâce par une présence très-particulière. Il n'y a pas de cieux ni de cour où la très-sainte Trinité réside avee plus de complaisance que dans une créature en état de grâce.
Cette grandeur de l'âme sainte qui possède la grâce , comment l'expliquerai-je ? Aucune parole ne peut l'exprimer, aucune pensée la concevoir; et tout ce qu'on en dira jamais de plus grand ne sera toujours que pauvreté et misère. Dieu en compagnie de l'homme ! Dieu dans l'intérieur d'une âme ! Et non-seulement Dieu, mais Dieu avec toute la divinité ! Non- seulement la nature divine participée, mais les trois personnes divines en substance ; nonseulement le Saint-Esprit, non-seulement le Père, non-